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La coiffe était alors un petit béguin ou calot posé par-dessus les cheveux ; elle était faite de soie blanche brodée d’or; on y adaptait, sur le devant, un tour de visage brodé d’or, de perles, ou de chaînettes d’or, qui est proprement la femplette. Sur cette coiffe on posait le voile d’étoffe ordinairement sombre, ou très riche, qui n’était plus qu’une bande tombant de chaque côté sur les épaules (voir n° 1) et qui conserve le nom de chaperon. Sous le chaperon était une sorte de sac d’étoffe brillante, ou de résille, que l’on chargeait d’ornements et qui enveloppait les cheveux, en figurant sur la nuque comme un catogan. D’autres, au lieu de se terminer en queue, formaient un petit bourrelet incliné sur l’occiput. Quelquefois ce sac est supprimé, et la coiffure tombe par derrière jusqu’à la naissance du cou, en formant de larges plis réguliers et verticaux. Habituellement les cheveux ne se voient pas au-dessous de la pente postérieure du chaperon ; du moins ce cas est rare. Il arrive aussi que la partie pendante du chaperon est reretroussée sur le sommet de la tête, de manière à n’en être pas gênée, mais surtout pour donner à la coiffure une physionomie coquette (voir pl. ayant pour signe le Pli cacheté, n°° 6 et 8).
Enfin le chaperon attaché latéralement sur la coiffe avec des épingles, parfois fort riches, noir, selon Quicherat, pour les dames de qualité qui le portaient à la ville, écarlate pour les bourgeoises, ne différait au fond que par le plus ou moins de richesse des étoffes et des joyaux. Il n’entrait pas d’abord dans les grands atours des dames de haut lignage, qui avaient des coiffures bien autrement riches pour les solennités comme celle, par exemple, n° 6, portée par la reine Catherine d'Aragon.
La femme de la fin du quinzième siècle, des premières années du seizième, se présente, en somme, chaussée des mules légères en velours ou en satin, appelées pantoufles ; elles étaient arrondies au bout. On mettait par-dessus le soulier de cuir noir, en forme de claque à haute semelle, Les chausses, c’est-à-dire les bas, devaient être, dit Olivier de la Marche, du plus fin drap. Le jarretier, la paire de jarretières, était de rubans brodés d’or. La chemise, à manches longues jusqu'aux poignets, était de fine toile de Hollande.
La cotte ou corset avec manches étroites, en large échancrure sur le devant, est ample à partir des hanches et balaye la terre de sa queue, dans la première période. Après 1488, la cotte ne descend pas plus bas que les talons. Le demi-ceint, ceinture de dessous qui accompagne la cotte, est posé sur la hanche gauche et noué à droite. Il supporte « les mystères que dame doit porter », c’est-à-dire l’épingher ou pelote ; le couteau dans sa gaîne, suspendu à un cordon, de soie ; la bourse, en forme d’escarcelle,
La gorgerelte, est le fichu montant jusqu’à la naissance du cou, posé par-dessous le devant du corsage ; elle est faite de doulx filet, soit de dentelle, soit d’un tissu transparent de fil ou de soie.
La collerette, qui tint lieu de la gorgerette, était une pièce ajustée, un court canezou d’étoffe plus épaisse qui couvrait les épaules et la poitrine.
La bague ou diamant était le joyau à pendre au cou. La robe par excellence, ou robe de dessus, avait un corsage plat et ajusté, taillé carrément et très ouvert à l’encolure, de manière à laisser voir la gorgerette. Cette robe avait des manches d’une ouverture extrêmement large, avec un pa-
rement retroussé de fourrure. La jupe, traînant à terre par devant comme par derrière, devait être relevée pour la marche ; on la maintenaïit retroussée par des #roussoirs en os ou en métal, qui étaient des agrafes suspendues à la ceinture vers les hanches, dans le genre de celles dont les modernes font usage. Ce ne fut que vers 1500 que, les robes étant ouvertes par devant, depuis la taille jusqu’en bas, on s’abstint de relever la traîne qui n’entravait plus la marche.
La ceinture, riche ouvrage d’or émaillé, qui s’attachait par-dessus la robe, avait un bout pendant sur le devant. C’est au nœud de cette ceinture que se trouvaient attachées les patendtres, ou chapelet de prière. En 1500 il y avait encore des chaperons façonnés en capelines comme du temps de Louis XI. Certains avaient pour unique façon quelques fronces pratiquées sur le pan qui couvrait le derrière de la tête.
En définitive, l'influence du goût des Milanaises et des Génoises n’apparaît encore dans la toilette des femmes que par quelques détails. L’imitation n’est point banale, et les modes restent fidèles aux caractères physiques de la Française, c’est-à-dire propres à faire valoir la finesse de la taille, la longueur du cou, l'allongement des flancs, d’un ensemble si différent des tailles épaisses et hautes de l'Italie. On peut les comparer dans le double rapprochement qui se rencontre dans la pl. Europe seizième siècle, ayant pour signe le Pli cacheté, où les dames de la plus haute noblesse française et anglaise de la première partie du seizième siècle, figurent en regard des élégantes italiennes de la seconde moitié du siècle.
Le luxe des bijoux avait reparu à l’avènement de Charles VIII; on voit les surcots des dames largement brodés par le bas de perles et de pierreries, avec deux ouvertures latérales,
“garnies d’orfrois, bridées par des attaches d’or et de pierreries (voir pl. ayant pour signe le Bougeoir). Les colliers sont lourds, souvent en épaisses torsades où en gros chaînons,
entachés encore du goût flamand, que ne devait pas tarder à remplacer le goût excellent des
joyaux italiens, particulièrement ceux de Venise, et surtout ceux de Florence qui, par ses bijoux eut une influence marquée sur les modes françaises.
Les costumes masculins se trouvèrent transformés beaucoup plus rapidement que les toilettes féminines. C’est presque avec brusquerie que l’on vit succéder aux habits étriqués, raides, maniérés, aux robes et surcots méthodiquement taïllés et de forme inflexible que l’allure personnelle ne pouvait modifier, des vêtements de genre italien, dont on appréciait la coupe, mais dont il semble que ce que l’on prisât surtout, c'était la façon aisée, parfois un peu théâtrale, du port de ces vêtements, dont l'usage devait enfanter ce que l’on appela le débraillé.
Les hommes portent tous, sans exception vers 1505, les cheveux longs et le chapeau à la mode (une espèce de mortier avec bords ou retroussis, décorés de l'enseigne ou bague, une médaille, ou un joyau cousu sur ce retroussis). Ce chapeau était porté à cru sur la chevelure. La calotte prit alors l’importance d’une coiffure à part, façonnée à la mode florentine et milanaise sous le nom de fogue. La robe cesse d’être d’un usage universel pour les hommes ; les
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jeunes gens lui préfèrent la jaquette ouverte sur la poitrine. La plupart trouvent beaucoup plus commode le simple pourpoint à manches, par-dessus lequel suffit un tout petit manteau.
La distinction du haut et du bas de chausses date de cette époque. Le haut-de-chausses, court caleçon à brayette, était souvent d’une autre étoffe que le bas, auquel ce nom est resté par abréviation.
Les souliers de ce temps étaient pattés, selon l'expression d’Octavien de Saint-Gelais ; leur semelle coupée en triangle présentait sa plus grande largeur au bout du pied. C’est après les expéditions en Italie de Charles VIII et de Louis XIT, que les hommes renoncèrent complètement aux épaulières saillantes, souvenirs des mahoîtres du temps de Charles VIT, pour adopter, au contraire, les habits dévallants du col à l’arrière-bras.
La mode des peliçons courts date du temps de Charles VIII. Leurs manches us à double fin, étaient fort commodes, puisqu'elles permettaient de couvrir ou de découvrir les bras à volonté, sans enlever le vêtement auquel appartenaient les manches. C'était là un legs du moyen âge, car les aïeux avaient à profusion de ces habits fourrés et de coupe diversifiée, qui servaient à les préserver selon l’état de l’atmosphère. Il y avait, malgré le nom, des peliçons doublés d’étoffe, La haute noblesse avait porté des peliçons courts forts riches armoyés. Pendant le quinzième siècle, le peliçon persiste comme vêtement d’apparât ; il prend une forme de houppelande et perd même son nom remplacé par celui de robe. C’est un habit de cérémonie qui n’est plus porté par les grands seigneurs qu’en des circonstances solennelles. A la fin du quinzième siècle, le manteau, seul conservé, remplace chez les dames nobles, la pelice et la houppelande. Les jeunes gens ne portent la houppelande longue que dans les erandes circonstances; enfin, les manteaux fourrés ne sont plus qu’un vêtement de cérémonie,
N° 2, — Jeanne de France, fille de Louis XI, première | Le n° 7 porte le manteau à large collet retombant et femme de Louis XII, duc d'Orléans alors qu’il lé- largement drapé; avec la toque empanachée. pousa en 1476. — Cette princesse, petite et contrefaite, dite la MHienheureuse, née en 1464, morte en 1504, est coïffée de l’escoffion à cornes, couvert du voile que l’on faisait de lin ou de mousseline, C’est un genre qui ne dépasse guère 1480, époque où les coiffures des femmes s’abaissent définitivement.
Le n° 10 est un messager, recevant ou remettant une missive scellée. Son vêtement est une espèce de tabar, ou dalmatique du héraut, cotte d'armes portant les peintures dont la bannière et le pennon seigneurial sont timbrés, selon les circonstances : pour les graves affaires, de l’héraldique héréditaire ; d'un caprice pas-
ss FIETD ; : SET : TRS N° 6.— Catherine d'Aragon, reine d'Angleterre, épouse sager, s’il n’est question que d’une simple passe d’ar-
de Henri VIII. — Cette princesse, fille de Ferdinand LS Le tournoi. Le court bâton tenu en main est
d'Aragon et d'Isabelle de Castille, était née en 1483, l'insigne du messager.
divorça en 1532, et mourut en 1536. Le n° 11 porte la longue torche dont on faisait usage Nos autres exemples n’ont point de caractère per- les jours de fête importante. Le vêtement est une pe-
sonnel, et c’est au point de vue typique qu’ils sont lisse courte doublée de fourrure, à large collet déval-
reproduits, Le goût italien est assez sensible dans lant. La figure est rasée ; la coupe des cheveux est
des figures comme les n° 4 et 8, caractéristique et était celle dela mode,
Ces documents proviennent :
AN0S 2 et 6, de peintures appartenant à M. Arondel, N°5 1, 3, 4 et 5, de tapisseries de la collection de M. Adrien Dubouché.
Nos 7, 8,9, 10 et 11, de la belle suite des tapisseries de fabrication flamande, traitant du triomphe de Béatrix, ou encore
du Roman de la Rose, appartenant à M. Richard Wallace.
Les uns et les autres ont figuré à l'exposition du Costume, faite aux Champs-Elysées par l Union centrale, en 1874.
Voir pour le texte : Quicherat, Histoire du costurhe en France. — Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné du mobilier
français.
Po EN Re Er eurent tartes
EUROPE. — MOYEN AGE