LA GRANDE ET LA PETITE GARDE DU CORPS DU ROI
Crénequiniers. — Cavaliers se servant de l’arbalète. Charles VIT avait dans sa grand’garde un corps de crénequiniers (voir la planche la Guérite, Moyen-Age) qui fut licencié, avec a
plus grande partie de cette garde, après l'expulsion des Anglais. Reconstitué par Charles VIII au moment de l’expédition d'Italie, ce corps fut de nouveau supprimé par Louis XII, puis rétabli par François I°" au commencement de son règne.
Les deux cents crénequiniers à cheval de ce prince se distinguèrent particulièrement à la bataille de Marignan (1515) ; depuis il n’en est plus question dans les historiens. L'usage de
O D l’arbalète ayant été abandonné par les troupes françaises, à l'exception de quelques fantassins ; 1
gascons, on jugea sans doute inutile de conserver un corps qui se servait spécialement de cette arme surannée.
Gentilshommes à bec de corbin. — On nommait ainsi les gentilshommes de la grand’garde chargés de veiller sur la personne du roi, concurremment avec les vingt-quatre archers écossais du corps. Si le roi sortait à pied, ils marchaïient auprès de lui, armés d’une sorte de courte hallebarde au fer transversal en forme de bec de faucon ou de corbin; ce qui leur fit donner le nom de gentilshommes au bec de corbin. Le roi étant à cheval, ils le suivaient de même, en équipage d'hommes d’armes.
Lorsque Louis XT institua cette compagnie, en 1474, il la composa de cent gentilshommes ayant chacun un homme d’armes et deux archers. Quelques années après, ce prince réunit les hommes d’armes aux gentilshommes, ce qui donna un effectif de deux cents hommes à la compagnie, et il prit les archers pour en faire la petite garde de son corps (voir les archers de la grande et petite garde du corps).
Sous François I‘, le corps des deux cents gentilshommes était organisé d’une manière très brillante. On n’y recevait que des hommes expérimentés ayant servi dans les bandes comme porteurs d'enseignes ou guidons. Quand ces deux compagnies se trouvaient en armes, chaque gentilhomme était suivi de sept ou huit coustiliers, pages ou surnuméraires, de sorte qu’elles formaient un ensemble de quatorze ou quinze cents chevaux combattants.
Archers de la grand'garde du corps. — Les vingt-cinq archers écossais du corps portaient des lances; leurs sayons étaient de drap blanc orné d’orfèvrerie ; ils avaient des chausses blanches et des toques chargées de plumails blancs. Leur capitaine, Stuart d’Aubigny, marchait à leur tête, accoustré d’un sayon de drap blanc orné devant et derrière d’une salamandre surmontée d’une grosse couronne d'argent doré.
Archers de la petite garde du corps. — François I*, n’étant encore que duc d'Angoulême, avait une garde personnelle de trente archers français. Trois mois après son avènement, il réunit à cette troupe trente autres archers tirés des deux compagnies françaises des archers de la garde, dont l'institution remontait au règne de Louis XT; ces soixante archers formèrent la troisième compagnie de ce corps.
Les archers français portaient le hoqueton blanc, comme les archers écossais; mais le reste de leur costume était rouge et bleu.
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