‹ Le costume historique (volume 4)Chapitre 83 sur 130 · ARTILLERIE · texte numérisé non relu

ARTILLERIE

Louis XI avait mis l'artillerie française sur un pied respectable ; sous le règne suivant on la voit figurer avantageusement en Italie ; François I l’améliore aussi, et enfin le matériel de l'artillerie, déjà formidable, est encore augmenté et perfectionné sous Henri IT, principalement pendant l’administration de Jean d’Estrées.

En 1553, le parc qui suivait l’armée royale se composait de cent pièces de canon avec tout leur attirail. A cette époque, les arsenaux ne fondaient plus que des pièces de sept calibres. En voici l’énumération d’après Blaise de Vigenère, le traducteur du Sfrategicus d'Onosander (1605) :

1° Le canon renforcé du calibre de 38 livres de balles. Il était servi par 2 canonniers ordinaires, 8 extraordinaires, 80 pionniers et traîné par 23 chevaux.

2° La grande coulevrine, du calibre de 15 1. 8/4 : 2 canonniers ordinaires, 2 extraordinaires, 24 pionniers, 17 chevaux.

8° La bâtarde, du calibre de 7 1.8/4 : 1 canonnier ordinaire, 3 extraordinaires, 12 pionniers,

13 chevaux.

4° La moyenne, du calibre de 8 1. 1/2 : 1 canonnier ordinaire, 2 extraordinaires, 6 pionniers,

9 chevaux.

5° Le faucon, du calibre d’une livre 1/2 : 1 canonnier ordinaire, 4 pionniers, 5 chevaux.

6° Le fauconneau, du calibre de 8/4 de livre. Même nombre de canonniers ; ces derniers trafnaient la pièce.

7° La hacquebute à croc; elle tirait des balles de plomb de 10 à la livre; elle était portée et exécutée par un canonnier extraordinaire.

Toutes ces pièces étaient en bronze.

Le personnel ou l’estat de l'artillerie se composait du grand maître et capitaine-général, du contrôleur-général et de ses commis, du trésorier et receveur-général, du garde-général eb de ses commis, du lieutenant-général du grand maître, de 24 commissaires ordinaires, de 200 canonniers ordinaires et poudriers appointés, de 800 salpétriers, de capitaines de charroi, commissaires et canonniers extraordinaires, ouvriers, charretiers et pionniers en nombre indéterminé.

Ces pionniers n'étaient entretenus qu’en temps de guerre, ainsi que les commissaires, canonniers eb ouvriers extraordinaires. Outre leur solde, ils recevaient un habillement aux dépens du roi ; ils étaient organisés en compagnies, comme l’infanterie.

La garde des pièces était confiée aux Suisses.

Pendant les guerres de religion, l'artillerie tomba dans un abandon complet dont elle ne sortit que sous l'administration de Sully.

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