‹ Le costume historique (volume 4)Chapitre 89 sur 130 · ARMES OFFENSIVES ET: DÉFENSIVES · texte numérisé non relu

ARMES OFFENSIVES ET: DÉFENSIVES

Les deux cavaliers qui figurent dans cette planche sont l’un de la première l’autre de la seconde moitié du X VI® siècle ; le premier est espagnol, le second allemand. Le n° 1 est l’empereur

Charles-Quint, à son entrée à Tunis en 1535. Le n° 2 est l'électeur Christian II de Narshen, né en 1583, mort en 1611. L’armure de Charles-Quint et de son cheval bardé est l’habit de guerre tel qu’il fut complété à la fin du XV° siècle ; la tête est couverte de l’armet qui fut le casque le plus élégant; le timbre est surmonté de la crête et l’arête postérieure est disposée pour recevoir le panache ; la vue et le nasal sont divisés en deux pièces d’une mobilité indépendante. — On ne porte plus de bouclier. Le torse est complétement couvert par la pansière et la dossière de la cuirasse, garnie du faucre ou arrêt ferme sur lequel on couchait le bois de la lance. — Les épaulières avec passe-gardes ou garde-collel, faisant retour pour protéger l’'aisselle; les canons des brassards, reliés par la cubitière, et complétés par le gantelet aux doigts séparés et articulés, permettant l’usage des armes à feu, forment l’ensemble de la partie supé- | rieure de l’homme d’armes. La braconnière descendant de la cuirasse vers les cuisses, et proté- } geant le ventre et les hanches, se trouve cachée sous le haut-de-chausses; l’armure ne reparaît | qu'aux cwissots du cavalier, ne couvrant que le dessus des cuisses et aboutissant sous la ge- | nouillère. Les grèves défendant la jambe l’enveloppent en entier; les molletières descendant | d’une pièce jusqu’à la semelle, et le devant étant relié aux pédieux ou solerets articulés, dont | la pointe est en forme de bec de canard. L’éperon est posé sur la talonnière des grèves. A l’étrier de droite, en dehors, se trouve un appui-lance. Charles-Quint porte ici une pertuisane | fort riche, dont la hampe est ornée en facettes de diamant. Cette arme d’hast au fer large ,

aigu, aux petits ailerons, est bien de l’époque, nous ignorons si sa vrésence aux mains du ca-. valier se rattache à quelque souvenir historique; ce qui concorderait avec l’armure à faucre ce serait la lance, de neuf à dix pieds, au bois fort, telle qu’on la voit dans les tapisseries du pa- | lais de Madrid, représentant. justement la conquête de Tunis. La longue épée aux quillons

tordus (la barre traversière) est de cette fabrication espagnole si renommée (elle est de Jean Martinez le vieux), sa garniture est en fer ; la lame a six couches d’acier. Le poids total de cette armure est de 86 kilog. 940 grammes. La selle est couverte de velours cramoisi, les

étriers en sont également garnis.

Le cheval porte l’armure complète : la ffière, la barde de cou et de poitrail, la barde de croupière et les fansçois, protégeant les flancs de la monture. Les oreillons en forme de corne de bélier portent un petit écu où est gravée l’aigle impériale; le poitrail a des bossages en tête de lion; sur la croupese trouvent gravés plusieurs passages bibliques et des écussons aux armes 4 d’Espagne; la {erminale, pour le passage de la queue, est une tête de bélier. Le mors est d’un 4 travail arabe, ciselé avec une délicatesse est une perfection rares. Ce cheval est ferré. |

L’armure de Christian IT est de même caractère. L’armet est de forme identique, également empanaché ; la mentonnière est liée au gorgerin à recouvrement; la visière est d’une seule pièce 4 et se relève sur le timbre au moyen d’une unique cheville; toutes les autres parties, chargées de damasquinures, ne diffèrent point du premier type. Les solerets sont terminés largement, en pieds d'ours, et l’éperon est à molettes, enfin c’est une jupe au lieu d’un haut-de-chausses que porte le cavalier allemand. La grande différence est dans le cheval, armé à la légère, au lieu du grand et fort cheval qu’exigeait la lourde barde, absolument abandonnée, ainsi que la longue lance dont on ne fit guère usage que jusqu’au milieu du sièele. Le cheval fin et vif ne . porte plus qu’une légère têtière empanachée se prolongeant au-dessous des naseaux, et une garniture de queue, serrant les crins à leur naissance, empêchant le cheval de les salir. C’était un objet de luxe et l’on parait ce manchon de cuir maintenu avec des attaches métalliques, en le disposant en torsades de soie, enrichies d’or et même de pierreries.

L’armure de Charles-Quint est à l’'Armeria de Madrid; celle de Christian IT, à Dresde. Les fragments qui complètent cette planche sont :

Haut d’une hallebarde sans aïlerons, avec un pistolet à roue. Cette arme est de 1530 à 1560, et se trouve à Munich. Le pistolet à roue est d'invention

Garniture d'épée avec contre-garde. La branche du quillon, recourbée en volute d’un côté, est réunie de #

allemande, l’autre au pommeau de la fusée. — Elle est égale- N° 4. ment en fer doré et de même provenance. Poignée d’une épée d'armes provenant de Dresde. — Les branches ne rejoignent pas le fuseau, afin que les N° 6 et 7. mains armées puissent facilement saisir l’arme de combat, ce qui la distingue des épées de ville. Elle Garnitures de dague et de poignard, richement déest en fer doré. corées, du musée de Dresde.

(D'après les documents photographiques publiés par M. Laurent et les collections des musées d'Allemagne.)

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Fmp. Firmin Didot et Cie

.Paris

EUROPE — XVI SIÈCLE

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