ARMES DIVERSES
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Le morion fut l’un des casques portés concurremment avec l’armet, le cabasset et la bourguignotte. L'armet,
le plus ancien, avait commencé vers 1550, à remplacer le bassinet. Le morion au timbre élevé, ovoïde, surmonté, en général, d’une crête prononcée, a des bords plus ou moins larges, abäissés sur les oreilles, se relevant en bateau 'devant et derrière, faisant cornes des deux bouts. Il laisse la vue entièrement libre et c’est assurément pour cette raison qu’il fut surtout le casque de l’arquebusier. Cette coiffure militaire fut très répandue et Brantôme parle d’une revue passée de son temps, où l’on comptait dix mille morions gravés et dorés ; il ajoute qu’ils furent encore plus communs depuis. Le prix.de la dorure d’un casque faite d’or en feuille ou d'or moulu, s’évaluait à Paris, vers 1570, à. trois ou quatre écus environ ; parfois les armes étaient dorées deux ou trois fois avec de l'or à lange (M. Édouard de Beaumont ; Collection d'œuvres d'art, Ed. Lièvre.) Le magnifique morion représenté ici est un casque de chef; l'élévation de la crête lui donne la plus belle tournure, Il est gravé à l’eau-forte, retouché au burin avec dorure, et porte les armoiries de Piccolomini, condottiere italien de la deuxième moitié du XV® siècle,
Les picquiers et arquebusiers du commencement du XVII* siècle portaient encore le morion, selon les représentations de de Ghyen, qui sont de l’époque.
Étui de chasse en peau, hauteur 0" 35,
N°: 4, 8 et 10.
Poudrière fine ou pulvérin. Poires à poudre (Masque, en français de l’époque, flasco, en languedocien, fach, en allemand, fiasco, c’est-à-dire flacon, en italien). — Ces étuis, que l’on portait suspendus, étaient faits en bois, en ivoire, en corne ou en métal; ils étaient souvent richement ornés, comme on le voit par ces exemples. Les deux poires à poudre sont de facture milanaise, décorées d’ivoires gravés; elles ont appartenu à Emmanuel Philibert de Savoie, la Tête de fer ou le Prince aux cent yeux. Les flasques de Milan étaient, selon Brantôme, les mieux façonnées et les plus recherchées de son temps,
Tranchoir d'acier et son fourreau. — Le manche et le fourreau de ce couteau sont en ivoire. Lé premier est formé par le groupe d’un homme aux prises avec un lion; une Pallas nue, armée de l'égide et de la lance apparaît parmi les entrelacs en méplat dont le fourreau est orné. Ce petit couteau, tout engaîné, mesure Om %.; quoiqu'il ne soit tranchant que par un côté, comme un couteau journalier destiné surtout à couper, sa pointe finement aiguisée le rend pénétrant comme un stylet, et peut-être peut-on l’assimiler aux armes défensives que les femmes de l'Allemagne et de l'Italie suspendaient à leur ceinture, ou à celles que les Castillanes portaient à leur jarretière,
N° 5et 7.
Poignées de rapière et de flamberge. — La première est espagnole, la seconde est française (celle-ci
du XVIIe siècle); ce sont deux épées de duel dont les lames longues et effilées ne pouvaient servir que pour l’estoc. La rapière, mentionnée dès l’année 1495 (O0. Penguilly I’Haridon, Cat. du musée d’artillerie) fut surtout en usage vers la deuxième moitié du XVI: siècle et la première partie du XVII. Les rapières de Tolède et de Saragosse portent pour garde une coquille hémisphérique ou panier, percée d’une infinité de petits trous destinés à arrêter la pointe de l'épée de l'adversaire. Dans les armes élégantes ces trous sont les repercés d'un ornement courant, ciselé. Les quillons sont longs et droits, placés à l'intérieur de la corbeille. Le pommeau est géréralement rond, légèrement aplati. La coquille de la rapière espagnole est de plus bordée d'une saillie assez forte, qui ne se trouve pas sur les coquilles plus profondes de la rapière italienne. La flamberge est de même principe, mais diffère de l'arme espagnole en ce que la poignée plus forte
n'a pas de branche et peut évoluer dans la main; elle est aussi plus favorable pour le changement de main qui se pratiquait dans l’ancienne escrime, Les quillons sont plus courts et sont dégagés de la garde qui est de dimension moindre et présente une surface plate, en treillis. Sauf les quillons, la flamberge est à peu de chose près le fleuret moderne.
Poignée incrustée d'argent d’une dague italienne. — Le
poignard était, au XVI siècle, commun à toutes les classes, comme arme de parade et d’accoutrement journalier ; on donnait le nom de dague à toutes sortes de poignards, etla vogue de ces armes de courte portée était si grande qu'on appelait par raillerie indague le gentilhomme qui sortait sans poignard, c'est-à-dire sans ajustement, sans grâce et sans contenance (Grand Dictionnaire de Trévoux).
(Les n°5 1, 8 et 10 proviennent de l'Armeria de Turin. — Le n° 9 appartient à M. Bertini, et figure dans le Musée
d'art industriel de Milan, publié par M. G. Rossi, — Les n°®S 5,6 et 7 qui font partie de la collection de
M. Léonce Mahoû, et les n°5 2, 8 et 4 appartenant à M. Spitzer sont tirés de l'Art ancien, publié à Paris par
M. Frank.)
N. B. Tous ces documents sont photographiques.
Ip Firmin Didoc et CL Paris
outzewiller lith.
EUROPE. — XVI SIÈCLE