FIGURES HISTORIQUES
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Noel:
François, duc d'Anjou, de Berri et d'Alençon, né en 1554, mort en 1584,
No 2.
Jacqueline de Longwy, femme de Louis II de Bourbon, duc de Montpensier, morte en 1561,
Jeanne d’Albret, reine de Navarre, née en 1528, morte en 1572,
No 4,
Élisabeth d'Autriche, femme de Charles IX, née en 1554, morte en 1592,
# 4 6) 9 10 No#5 Henri Ier d'Orléans, duc de Longueville, N°6:
Charles IX roi de France ; de 1560 à 1574, NIET:
Conseiller au Parlement de Paris, No 8,
Michel de l’'Hospital, chancelier de France, né en 1505, mort en 1573, N°9.
Chancelier.
Grentilhomme du temps de Charles IX,
Les n° 1, 2, 8, 4, 5 et 6, montrent particulièrement des toilettes de cour. Ce n’est point à Charles IX, monté sur le trône à l’âge de douze ans, dédaigneux de la toilette pendant sa vie, resté longtemps pour son entourage un adolescent capricieux, que fut dû le luxe du costume de son époque; c’est à Catherine de Médicis et à ses idées de grandeur qu'en remonte principalement la cause. Cette Italienne, bien qu’elle ait gardé le deuil toute sa vie, n’en persista pas moins dans la volonté d’avoir toujours autour d’elle une cour brillante ; sous son influence, le luxe de la parure devint de plus en plus de rigueur dans les résidences
royales,
Après les dix-huit mois du règne de François II, qui ne furent à peu près qu'un temps de deuil, le luxe réapparut avec l'énergie d’un courant général, réagissant contre la sévérité dont uné partie des catholiques, émules des luthériens, avaient eux-mêmes donné l'exemple sous Henri IT. Le sérieux était taxé d’insouciance. La toilette somptueuse, plus ruineuse que jamais, reprenait son empire avec l’ardeur singulière que les historiens ont souvent observée chez les peuples démoralisés par l'incertitude du lendemain.
Le fait de cet entraînement général, serait rendu évident par le seul caractère des édits somptuaires de l’époque. Ils ne furent jamais plus sévères, mais, en même temps, jamais moins écoutés ; on eut beau, pour essayer d'enrayer le mouvement, afficher, crier, trompetter les ordonnances, rétablir les prohibitions, augmenter le chiffre des amendes, édicter même des peines corporelles, car on faisait fouetter par la main du bourreau le tailleur récidiviste, coupable de mettre aux habits des ornements défendus ; on eut beau aller jusqu’à refuser aux marchands d’étoffes le recours en justice à raison des fournitures faites à crédit : l'exemple de la cour se propageait quand même. On sait que les édits somptuaires laissaient d'habitude toute liberté aux princes et à quiconque suivait la cour; les choses défendues ne l’étaient que pour les personnes du commun. Dans un pays où le moindre hobereau voulait paraître de haute noblesse, où tout le monde, aspirant à parvenir à la cour, voulait au moins se donner l'air d’én être, les édits somptuaires devaient se montrer impuissants à refréner le luxe général.
Aux somptueuses étoffes, on vit alors se joindre le luxe des façons, si compliquées que . la main-d'œuvre surpassait la matière du double et du triple. Le génie des inventeurs eut beau jeu pour se donner carrière dans la fabrication des objets d'ornement. La passementerie, naturalisée française, trouva des effets nouveaux. L'or et l'argent furent tressés en guipures et en dentelles, tissés en crépés d'une légèreté sans pareille, récamés sur le brocart en broderies du goût le plus riche. En même temps, la joaillerie se renouvelait d’un émail transparent, ayant plus d'éclat que n’en avait eu celui du moyen-âge.
Jusque vers 1570, il ne se fit pas de changements notables dans la forme de l’habillement. Pour les hommes comme pour lés femmes, il reste serré sur Îe buste, depuis le menton jusqu’à la taille, et devient de plus en plus juste sur les bras. Puis, on vit le haut des manches se garnir d’épaulettes découpées, soutenues par des baleines ou par du fil d’archal. Un fait saillant et historiquement acquis dès ce moment, c’est la disparition définitive de l'escarcelle dans le costume des hommes. Les poches pratiquées dans le haut-dechausses, et d’abord prohibées comme suspectes parce qu'on y pouvait cacher des armes, les poches du haut-de-chausses devaient triompher dès qu’on cessait de tenir la main à l'exécution des lois. Après l’ordonnance de 1563, qui défendit expressément de poser des poches aux chausses, pour ne pas reprendre l’escarcelle où, d’ancienne habitude, les gants, l’argent, le mouchoir, les papiers avaient leur place, on avait mis à contribution le haut de la braguette ; puis on avait fait des pochettes aux manches du pourpoint.
N°6. Charles IX, roi de France.
Toque ornée d’une touffe de petites plumes (la toque
n’était guère de mise qu'à la cour). Fraise tuyautée d'un seul rang, manchette de même. Pourpoint à collet monté, serré en corselet, avec une ombre de basques et des manches aisées sans être volumineuses : haut-de-chausses modérément bouffant, coupé en bourse, c'est-à-dire allant en s'élargissant jusqu’à son arrêt, descendant peu bas sur la cuisse ; braguette, Le pourpoint est passementé d'or, de même que le haut-de-chausses qui, semblable aux manches, est divisé en bandes longitudinales laissant apparaître entre elles le satin du dessous. Le ceinturon ne supporte que l'épée, le poignard ayant été abandonné dès l’époque de Henri II. Le cordon d'ordre est celui de Saint-Michel. Cape noire, passementée d’or; bas et escarpins blancs. Ces souliers, très couverts et à crevés sur l’empeigne, gardaient la forme du pied. Les vêtements sont de velours et de satin ; les bas de tricot de soie,
N° 1. François, duc d'Alençon.
Chez les Valois, les frères donnaient le ton aux hommes, la sœur (Marguerite) aux femmes, » dit M. Quicherat, Le duc d'Alençon, frère de François IT, de Charles IX et de Henri IIT, fut un de ces princes servant de modèles à la coquetterie masculine. C’est lui qui, sous Henri III, fut le propagateur de l'habillement tout vert. Son costume est de même caractère que celui de Charles IX,
N° 10. Gentilhomme du temps de Charles IX,
Le costume de ce gentilhomme est fort différent du type de l’époque de Henri If, que, sous tant de rapports, rappellent les figures de Charles IX et du duc d'Alençon. Ici, le col est rabattu, le haut de chausses est bouffant, ballonné, prolongé. Les bas sont attachés avec: des aiguillettes, sans compter les jarretières nouées au-dessous du genou. Les souliers sont à pont, sans rose pour cacher le nœud d'attache ; le pourpoint paraît sans buse, sa manche à épaulette est décorée en petite chiquetade. L’épée est courte. Le chapeau légèrement conique, à bords étroits, est assez haut de forme, et sa plume qui monte en le dominant, ajoute à son élévation; par dessus le pourpoint on voit, passée en bandoulière, une fine écharpe dont le nœud se trouve à l'épaule; entin la cape à col renversé couvrant un bras, en-
roulée sur l’autre, est déjà, quoique plus écourte, le manteau souple, sans doublure d’apprêt, devenu d'un usage général sous Henri IV.
N° 5. Henri IeY d'Orléans, duc de Longueville.
Ce costume est du temps de Henri III, vers la fin du règne. Longueville porte une barbe soignée et entière ; ses cheveux assez longs, rejetés en arrière, semblent annoncer moins d’afféterie que l’arrangement de la chevelure avec les arcelets, comme le pratiquait le roi; mais ce seigneur conserve à l’oreille la grosse perle que Henri IIT attachaït à la sienne. Son collet rabattu, orné de dentelles, est brodé d’or.
N°s 9, 8 et 4. Jacqueline de Longwy, Jeanne d'Albret Élisabeth d'Autriche.
Le costume de ces trois dames, d'époques si sensiblement différentes lorsqu'il s’agit de modes, montre qu'au fond les choses conservèrent assez longtemps un même aspect. La robe décolletée en carré resta. la coupe de la robe de cérémonie, La duchesse d'Étampes, née en 1508, le portait, et c’est aussi celle dont on voit parée ici Élisabeth d'Autriche, née en 1554, Tout cetensemble se trouve indiqué dans nos planches Europe X VIS siècle, ayant pour signes : la Hache, la Perle, etc. Les exemples partiels qui figurent ici complètent, avec leur luxe croissant, sous une forme sensiblement la même, ce que montrent les autres. Le bandeau de joaillerie dont est coïffée la fastueuse Élisabeth d'Autriche est de même sorte que son carcan ; le haut de son corsage, d’où pend une riche pendeloque se combinant avec le collier de grosses perles, est également bordé de cette joaillerie. Aux manches ballonnées et divisées en zones de crevés, chaque division de ces crevés est marquée par une perle grosse ; enfin, le corps du fichu de la fraise en dentelle, divisé en petits carreaux régulièrement tracés sur la mousseline, est orné à tous les points de croisement par une pierre enchassée. La main montre à l'index une riche bague, le petit doigt de la main gauche en porte une autre,
N°° 8 et 9, Wichel de l'Hospital, chancelier de Vrance. — (Chancelier,
Le chancelier de France, chef de la justice et de tous les conseils du roi, était dépositaire des-sceaux de France. Dans les petites audiences des cours souveraines et dans les séances à huis-clos, le chancelier portait une robe violeite ; c'est celle que le magistrat
a ici sous son manteau. Lorsque le roi se rendait au parlement pour tenir un lit de justice, le chancelier portait la robe en épitoge de velours rouge doublée de satin cramoisi, et aux cérémonies publiques, le mortier comblé d’or, orné de perles et de pierres précieuses.
Le personnage représenté sous le n° 9, est qualifié de chancelier par Gaïignières à qui cette gravure est empruntée. Il n’est pas sans intérêt de rappeler à propos de la couleur de son vêtement, que le bleu fut interdit aux magistrats par un arrêt du parlement de Toulouse, en date de 1578. (Horace de Viel- Castel, Histoire du Costume).
N° 7. Conseiller au parlement de Paris.
sence du roi, étaient vêtus d’écarlate avec des parements noirs. Ils avaient le bonnet carré. Le manteau d’écarlate foulé, avec ses parements noirs, était aussi de règle aux prononciations d’arrêts solennels quatre fois l’année: » à la surveille de Noël, le mardi devant Pâques, la surveille de la Pentecôte, et le septième de septembre. » Le premier président portait, avec le manteau d’écarlate, le mortier orné de deux galons d’or, à la distinction des autres présidents qui n’avaient qu'un galon d’or au haut du leur. Les conseillers, avocats, procureurs généraux avaient, avec la robe d'écarlate, le chaperon rouge fourré d’hermine. Le greffier en chef portait la robe rouge avec son épitoge. Le greffier criminel, celui des présenta-
tions, les quatre notaires et secrétaires de la cour avaient aussi la robe rouge. Enfin le premier huissier la portait de même avec le bonnet d’or,
Ces conseillers, lorsqu'ils marchaient en cérémonie ou s'assemblaient pour les affaires publiques en la pré-
Ces divers magistrats de la seconde partie du seizième siècle portent tous trois leur barbe. Le seizième siècle à son début en avait vu reparaître la mode en Italie, Le Pape Jules II passe pour avoir été un de ses protecteurs. François I°', blessé à la tête par un tison, porta la barbe pour dissimuler cette mutilation. La cour imita cet exemple qui remonte vers 1521. En 1533, une ordonnance, condamnant les galériens à perdre leur barbe, sembla attacher une espèce d’ignominie à sa suppression. Malgré cela, la mode nouvelle éprouva de grandes contradictions, particulièrement dans la magistrature qui cependant, ‘après l'avoir adoptée, fut un des derniers corps constitués qui l’abandonnèrent; on avait vu le Parlement de Toulouse répondre à un gentilhomme portant longue barbe qui lui demandait justice, « qu’il n'aurait audience que lorsque sa barbe serait rasée. » Les magistrats qui siégeaient dans la capitale à cette même époque objectaient, pour ne pas porter la barbe longue, que cette mode nouvelle, suivie par les gens de la cour, leur donnerait l'air affecté de courtisans, «et que on s’imaginait qu'un magistrat qui affectait cet air, et qu'on-voyait souvent à la cour, était vendu ou prêt à se vendre à la faveur... »
Documents provenant du Portefeuille de Gaignières. Cabinet des Estampes, Bibl. nat,
Voir pour le lexte : Histoire du costume en France, par M. Quicherat. — Vie militaire au moyen-âge, par M, Paul Lacroix. — L'Etat de France, 1702. — Histoire des modes françaises ; Paris, 17738.
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FRANCE. — XVI SIÈCLE
MODES COURANTES DU TEMPS DE CHARLES IX ET DE HENRI IIT. COSTUMES OFFICIELS DE L’ORDRE CIVIL.
1 2 3 .. 5 6 7 8 9 10 11 N° 1. — Président du parlement de Paris. N°0 7, — Dame du. temps de Charles IX. N° 2. — Gentilhomme portant la cape à capuchon, N° 8. — Bourgeois de cette même époque, règne de Charles IX. portant la cape à collet droit. N° 8, — Manteau de grand deuil. N° 9. — Dame du même temps.
No 4, = Recteur de l’université de Paris. N° 10. — Bourgeois drapant la cape à collet rabattu.
To Ame ar Shr : C4 a Nos ee de Thou, sœur du célèbre ARIore SE femme de Philippe Hurault de Cheverny, chancelier
N° 6. — Maître Jean Guillemer, docteur, 1586. de France, époque de Henri IIT.
Nobles et bourgeois (règne de Charles IX).
2, 8 et 10.-— Bien que Charles IX eût la toilette en dédain, eb en dépit des édits somptuaires, le luxe, encouragé par la reine-mèêre, qui aimait l'étiquette autant que la pompe des modes italiennes, fut de rigueur dans les résidences royales. Nobles et bourgeois luttèrent à l’envi de richesse et de variété dans Phabillement. — Le manteau court, tracé sur les bords, resta de mode sous le nom de cape; maïs on vit la cape à capuchon (n° 2), la cape à collet rabattu (n° 10), qui se drapait autour du buste, la cape à collet droit (n° 8), sans manches, où avec manches ajustées au bord des fentes à passer les bras. Le pourpoint de velours uni ou de satin bigarré d’or, soutenu par un busc qui descendait fort bas, conserva sa forme bombée jusqu’au règne suivant ; il en fut ainsi de la collerette à tuyaux, et des chausses bouffantes avec bas de même couleur.
7,9 et 11. — Ces figures de femmes ont beaucoup de ressemblance avec celles que nous avons données dans la planche au signe de la Hache ; elles sont de la même époque, et se ressentent aussi des réformes introduites par Catherine de Médicis. Comme on le voit, on était toujours aux tailles fines eb aux plis factices, goût faux qui régnait sans conteste depuis l’avènement des Valois. Dans la haute bourgeoisie, on avait encore les manches en sac avec un large retroussis et le corsage taillé en carré (n° 9) du temps de François T°". Le n° 11 reproduit
une des modes du temps d'Henri IIT : jupe fermée retombant droite en forme de tambour et laissant voir par le bas un pan de la cotte chamarrée (on en porta jusqu’à trois différentes et visibles), la vertugade faisant bouffer la taille en gros tuyaux, le corsage ouvert du col à la ceinture, le collet montant maintenu par des fils d’archal et à plusieurs étages de dentelles, et les cheveux ex raquette, c’est-à-dire retroussés sur les tempes et avec un assez grand chignon, sur lequel on posait un léger bonnet.
Sp PROS EPA °C 0 Costumes officiels (règne d'Henri TIT).
1, 8, 4, 5 et 6. — La robe, plus ou moins longue, constitua dès le moyen âge le costume des officiers de l'administration, de la judicature, de l’enseignement et des finances, sans qu'il y eût toutefois rien de constant pour la couleur, Seul, le parlement de Paris fut toujours habillé de rouge, la couleur royale par excellence. Par-dessus la robe les présidents (n° 1) passaient un manteau écarlate, fendu par devant depuis le haut de chaque bras jusqu'aux pieds, et le premier président ajoutait un galon d’or à son bonnet rond (mortier), en velours noir.
4. Recteur de l'université de Paris. — Vies universitaires, alors soumis à la discipline de l’Église, n’employaient que les couleurs effacées, telles que le gris, le bleu, le vertet l’amarante, tous de nuance éteinte. Notre recteur est vêtu d’une robe à pèlerine, d’un bleu passé, fourrée de menu vair ; il porte l’aumônière à sa ceinture, le collet plat et le bonnet & quatre braguettes.
5. Prévôt des marchands de Paris. — Les magistrats populaires avaient des robes parties; mais les couleurs composantes en ont singulièrement varié. Ainsi, en 1378, la robe du prévôt des marchands de Paris était partie de blanc et de violet; en 1380, de blanc et de vert: en 1389, de vert eb de pourpre ; en 1437, de rouge et de bleu, qui étaient les couleurs de la ville et celles portées par Étienne Marcel. Sous Henri III, le bleu fit place à un gris isabelle, ce que l’Estoile nomme fanné.
6. Maître Jean Guillemer (1586). — C’est un docteur, sévèrement vêtu d’une sorte de soutane courte et froncée, boutonnée du haut en bas, avec bas et manteau de même couleur.
2, Personnage en habit de deuil. — Cet habit, qui ne varia point depuis Charles VII, était porté dans les funérailles solennelles : il consistait en un vaste manteau traînant, de drap noir, par-dessus lequel on affublait un chaperon, appelé embronché parce que la coiffe s’avançait de manière à cacher le visage.
Voir au sujet du chaperon embronché et de la longueur de la queue du manteau, selon la qualité des personnes la notice de la pl. Europe, ayant pour signe le Calice.
Figures tirées de la Collection de Gaïgnières, cabinet des Estampes, Bibliothèque nationale.
Voir, pour le texte : Lacroix, Costumes historiques de la France; Paris, 1852, 10 vol. in-8°.
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EUROPE. — XVI SIÈCLE