‹ Le costume historique (volume 4)Chapitre 98 sur 130 · FIGURES ÉQUESTRES · texte numérisé non relu

FIGURES ÉQUESTRES

4 5 (9 N° 1. No 4.

Comte-prince allemand. Jeune seigneur flamand. No 2. N° 5.

Timbalier. Seigneur flamand.

No 3. N° 6.

Seigneur flamand. Jeune dame flamande,

Le trait général de ces différents costumes est limitation des modes du temps de Charles IX sans même qu'on y puisse relever un détail original ou particulier. Seigneurs d'Allemagne ou des Pays-Bas, ils n’eussent pas été dépaysés à la cour de France. Pourpoint serré, montant jusqu’à la fraise godronnée, avec des rayures en long ou en large formées par des appliques de lacet; manteau court, à larges revers de fourrure ou de satin; bonnet de velours à touffe de plumes ; chausses à demi ballonnées, c’étaient autant de pièces nécessaires dans l’habillement de la noblesse d’alors. On les retrouve un peu plus tard en Angleterre, à la cour d’Élisabeth. 6

L’attitude voulue de ces figures équestres est la raideur espagnole, dont le duc d’Albe, représentant le sombre fanatisme de Philippe IT dans les Pays-Bas, offrait un exemple qui dépassait encore l’austérité des protestants.

Le harnais du cheval est celui dont on faisait usage dans les cérémonies ou les promenades ;

on y prodiguait l'or et l’argent, ainsi que les houpettes de soie et les lanières flottantes destinées à chasser les mouches. Au frein se rattachent les rênes et le bridon, qui, selon la coutume ancienne, est quelquefois décoré d’un lambrequin. La selle à troussequin est couverte d’une housse luxueusement historiée, qui tombe droit jusqu’au-dessous du ventre de la monture, Ce qu’on avait abandonné en France, c'était la garniture de la queue, adoptée jadis dans l'équipement de combat quand le cheval n'avait pas de barde de croupière : elle était composée d’un manchon de cuir, revêtu de velours ou de soie, et fermé au moyen de torsades ou d’un rang de boutons.

La manière dont la jeune dame (n° 6) se tient en selle montre qu’elle a les pieds posés parallèlement sur la planchette. « L'usage de mettre la jambe dans l’arçon, dont Catherine de Médicis, selon Brantôme, aurait été la première à donner l’exemple ne se propageait que lentement ; les femmes trouvèrent, bien longtemps encore, plus commode de se servir de la planchette, excepté quand elles montaient en croupe, en s’accrochant à la selle derrière leur époux ou un domestique.

Le n°2, que Bruyn qualifie d’enealor dans sa légende latine, est à proprement parler un timbalier. L’instrument dont il joue est le tambour sarrasinois, double d'ordinaire, et qu’on appela nacaire dans l’origine, d’après son nom arabe de nakerah. Les croisés le rapportèrent en Europe, où l'emploi s’en conserva presque exclusivement en Allemagne. Ce fut à la fin du dix-septième siècle que Louis XIV l’introduisit dans certains corps de cavalerie française, tels que les hussards et les gendarmes. « Dans les marches et les revues, dit M. Kastner, le timbalier se tenait à la tête de l’escadron, trois ou quatre pas devant le commandant. Mais, durant le combat, il était porté sur l’une des ailes, dans les intervalles des escadrons, pour recevoir les ordres. Les timbales se plaçaient en avant de la selle du cheval que montait le timbalier; elles étaient garnies d’une sorte de tapis (tablier) de la plus grande richesse, avec des franges d’or, et brodé aux armes du prince ou du colonel à qui elles appartenaient, »

Voir, pour le texte : Abraham de Bruyn, Diversarum gentium armatura equestris; Cologne, 1575, in-fol. — Kastner, Manuel général de musique militaire ; Paris, 1848, in-4° pl.

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1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 N° 1. Dame veuve en deuil, — N° 2, Henri III. — -N° 8. Demoiselle, — N° 4, Demoiselle ou dame veuve en deuil. — N° 5. Bourgeoise en deuil. — N° 6. Avocat. — N° 7, Dame. — N° 8. Bourgeoise en corps de cotte, — N° 9. Bourgeoïise, — N° 10. Demoiselle en peignoir.

Le corsage en entonnoir, en cornet, à pointe allongée, dont la compression « faisait chevaucher les costes les unes par dessus les autres, » selon l’expression d’Ambroise Paré, qui les avait vues sur sa table de dissection, touche à son terme vers la fin du règne de Henri III et le début de celui de Henri IV. Si le dix-huitième siècle n’avait pas produit le panier à coudes, tenant son nom de la commodité que procurait son dessus pour appuyer les coudes, appareil fort approchant de la vertugade en tambour portée avec la taille fine, on n’aurait point à signaler une extravagance égale à celle que nous avons sous les yeux. A cette nouveauté on joignait alors des bras ballonnés, dont la manche, à sa partie supérieure, était, pour le moins, aussi volumineuse que le corsage même. Ces manches gonflées, sans perdre de leur ampleur, se faisaient de plusieurs sortes, ainsi qu’on en peut juger par celles des n° 7 et 9. Les premières sont une réminiscence du goût italien, si fort en faveur dans la première partie du siècle ; c’est d’abord le découpage de l'étoffe en bandes longitudinales, procurant des ajourés par lesquels apparaît le vêtement de. dessous, ou quelque étoffe en tenant lieu, tranchant vivement sur la couleur du vêtement supérieur; puis, c’est la division en étages, faite ici par un ruban d’or, offrant une succession de gigots dont le plus gros est à l'épaule, et qui vont en diminuant jusqu'aux approches du poignet. Cette manche était indépendante du corsagé de robe; on l’y attachait avec des boutons d’or. Il en est de même pour la manche en un seul gigot du n° 9, qui s’agrafait sous l’épaulette. L’antique surcotte, la robe de dessus, n'avait plus de manches; elle se terminait aux épaules en une épaulette, et la jupe n'avait plus

d'ouverture sur le devant; ou bien encore, le caprice allait jusqu’à n’en faire plus qu’une jupe fermée, commençant autour du bas de la taille ; le haut de cette jupe était disposé en un large revers, rayonnant, raidi, étalant sur les fausses hanches des tuyaux en tout semblables à ceux de la fraise godronnée ; on voit cette singulière jupe aux n° 8 et 7, et l’on y peut remarquer qu’on la choisissait de tons clairs, tranchant crûment sur ceux du corsage et de la cotte. Les dames portaient, sous la cage du vertugadin en tambour, le haut-de-chausses ajusté selon l’usage masculin (voir n° 2); on lui donnait le nom de caleçon, maïs il ne différait pas de celui des hommes; il était attaché.à un pourpoint mis par-dessus le corps piqué, ou corset à armature ; les bas de soie, de Naples ou d’Espagne, étaient attachés au caleçon avec des aiguillettes ou retenus sous la jarretière comme on le faisait pour le haut-de-chausses ; leur couleur était intense ; on les portait rouges, violets, bleus, verts, noirs : les souliers, s ouven blancs, n'étaient plus l’escarpin français, mais la chaussure à l'italienne, m#ules de Venise, et pianelles de plus où moins de hauteur.

Les gants, que l’on portait la nuit comme le jour, étaient frangés, chiquelés, coupés, toujours parfumés. La haute collerette en éventail, soutenue contre la nuque par un appareil en fil d’archal, se substituait à la fraise ; on la bordait de dentelles d’or, ou on l’ornait de légers filets sans la border. (Voir n° 8.)

Les dames portaient souvent à cette époque, au corsage de leur robe, le buse apparent ; on le rencontre à notre n° 7. Ce buse, adapté au-devant du corsage, était une lame de buis, d'ivoire, de nacre, d'acier, de laiton, d’argent. On décorait cet objet en vue; il était gravé, damasquiné, ciselé, sculpté même, et quelquefois en fort relief, La collection Jubinal en offre des exemples variés ; les uns sont en marqueterie, d’autres sont chargés d’ornements et de figurines sculptés dans le bois. Celui-ci, de bois incrusté d’ornements et d’arabesques d’ivoire, est une gaine qui renferme un poignard, et ce n’est pas le seul de ce genre; un autre, qui est en fer, est aussi le fourreau d’un poignard dont la lame au talon est décorée en forme de cœur. Les uns sont de fabrication allemande, les autres de main italienne, comme l’est, par exemple, un buse plat, en fer finement gravé d’ornements et de figurines où se lit cependant une inscription française : — Ai de madame cette grâce — D’estre sur son sein longuement, — D'où j'ouis soupirer un amant — Qui voudrait bien tenir ma place.

Le buse qu’on faisait ainsi deviser en vers fut longtemps du goût des dames, même quand il ne se voyait plus; l’inscription gravée sur un buse de baleine ayant appartenu à Anne d'Autriche, qui fait partie de la même collection, se termine comme celle que nous venons de citer commence « … ma place ordinairement... est sur le cœur de ma maîtresse.

Celles de nos dames qui sont de qualité devaient être masquées de velours noir; on n’employait plus le fouret de nez ou cache-nez, plaisamment le cofün à roupies (voir notre pl. Z{alie, ayant pour signe la Tête de bélier). On portait le masque le jour, pour se préserver du hâle; la nuit, on s’en servait aussi à cause des préparations dont on se couvrait le visage pour entretenir la fraîcheur du teint,

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IT était défendu aux bourgeoises de se masquer. La bourgeoise n° 9 qui est d’un grand altifage, à la demi-ceint d'argent d’où pendait, d’un côté la bourse, de l’autre le miroir, montés également en argent; son collier à triple rang est aussi de cette matière. IL semble que ce fût un privilège caractéristique qui existait en France, comme en certaines villes d'Allemagne, ainsi que nous le disons dans la notice de notre planche ayant pour signe la Boucle d'oreille. Notre autre bourgeoise, n° 8, porte le corps de sa collerette en éventail par-dessus son corsage, et il semble que ce fût là une disposition assez usitée. C’est dans ce genre, mais en pèlerine transparente, que la demoiselle, n° 10, porte le corps de sa petite colrette en rabat.

N° 2, — Henri III. Costume noir de pied en cape, égayé seulement par le linon de la fraise et des manchettes, et le port, à l'ordinaire, des insignes de l’ordre du Saint-Esprit, Ce vêtement n’est pas de deuil.

Henri IT avait porté le blanc et le noir gansé d’or; c'était une influence italienne. Les

luthériens, dès son époque, affectant de s’habiller de couleurs sombres, et les catholiques ne

voulant pas leur laisser le monopole de l’austérité, beaucoup d’entre ces derniers adoptèrent les couleurs sévères. Philippe IT, le sombre Espagnol, est un des prototypes du genre, Mais Henri IIT, le frivole souverain, le roi qui rapportait le panseron à sa patrie, avait assurément des motifs d’un autre ordre que ceux des catholiques austères, pour se vêtir de noir, comme il le fit. Henri III avait pu voir en passant à Venise, à son retour de Pologne, dans quelle proportion, et avec quel goût, on savait y employer le noir. Rien n’était plus propre à faire ressortir la pâleur du visage, qui était de mode en France à cette époque ; « on ne l’y vouloit point maladive, dit un Italien contemporain, mais on la considéroit comme un agrément. » Furd (et on sait combien ce roi se fardait) voulait dire alors du blanc de céruse, explique M. Quicherat. Voilà, au fond, pourquoi on voit si fréquemment Henri III tout de noir habillé. Il faut le reconnaître : de la part du fantasque et fastueux monarque, à une époque où tout était à la bigarrure dans le costume masculin et féminin, ce fut une de ses élégances accoutumées du meilleur goût. Le costume représenté est postérieur à l’année 1576, puisque Henri III porte les insignes de l’ordre militaire du Saint-Esprit, fondé par lui à cette date ; il les porte à l'ordinaire, comme le faisaient tous les chevaliers, « sur leurs capes et manteaux une grande croix de velours orangé, bordée d’un passement d'argent, et le petit ordre pendu au cou avec un ruban bleu. »

Les n°® 1, 4 et 5, représentent des costumes de deuil, Ici le noir est de tradition, et il n’y a rien à en dire; mais nos n° 1 et 4, qui sont des costumes de veuves ont un manteau, ou plutôt un voile tout à fait particulier, C’est tout un appareil; dans notre planche ayant pour signe la Chemise, on voit Élisabeth d'Angleterre affublée d’un vêtement de ce genre, et, avec M. Quicherat, qui en parle comme d’une extravagance du temps de la Ligue, nous lui avons donné le nom de manteau; nous pensons, en présence de nos exemples, que le nom de voile Jui convient mieux: Le voile était prescrit aux veuves, condamnées à cacher leuts cheveux

pendant deux ans ; durant ce temps elles ne sortaient que voilées’; leur voile était en cornette, très court sur les épaules, tandis que les deux bouts de devant descendaient jusque vers les pieds, comme les pans d’une écharpe ; outre une robe montante, une jupe ou large camisole par dessus, la veuve avait une barbe ou collerette droite et fermée, qui lui montait # jusqu’à la bouche. Telle était encore la règle en 1561, l'ordonnance de cette année autori- 4 sant les veuves à porter toutes les sortes de tissus de laine et de soie, pourvu qu'ils fussent 1 sans enrichissement. Nous ne- pouvons penser que, malgré les libertés grandes que les dames veuves prenaient au sujet du costume que des ordonnances, déjà anciennes, avaient voulu leur imposer, notamment en supprimant la barbe et en montrant à découvert leur visage et une partie de leur chevelure, sur laquelle on combinait une réduction de l’antique chaperon obligatoire avec l’escoffion à la mode, nous ne pouvons penser qu’elles aient été jusqu’à supprimer le voile ; mais il nous paraît qu’au lieu de s’en cacher le visage, elles ont demandé à l’auréole du léger réseau de soie un moyen d’en faire valoir les agréments; manteau ou voile, ce fut là un singulier appareil fort proche, au surplus du manteau des femmes nobles du Brabant, tel que Vecellio l’a donné. Le fil d’archal qui le soutenait s'élevait droit de la pointe du corsage, en s’écartant de manière à dégager la poitrine; il passait devant les épaules, prenant là parfois une forme évasée, puis les deux rayons $e rejoignaient en arrière en une courbe infléchie à son milieu, de façon que ce sommet en forme de conque semblait un grand capuce ouvert posé sur les épaules, quoiqu'il les débordât. Cet énorme capuce était froncé dans le dos en quelques plis qui tombaient droit à partir de cet arrêt ; sur le devant les plis dirigés de chaque côté vers l'arrière couvraient les bras en grande partie, ce qui donnait, à ce voile

l'aspect d’un manteau rejeté des deux parts, et retombant en arrière dans toute son ampleur. Ce vêtement transparent et embarrassant, qui ne pouvait être qu’à l'usage des dames riches, se faisait, selon toute probabilité, en un réseau de dentelle de soie, de ces réseaux noirs eb unis dont Venise était la principale pourvoyeuse et qu’on appelait lentoilage simple. L'avocat, n° 6, tient en main le sac étiqueté dans lequel les notaires, procureurs, etc. renfermèrent si longtemps les dossiers de leurs clients. — Les magistrats de tout ordre n'étaient plus alors astreints à porter la robe en dehors de l'exercice de leurs fonctions.

Figures tirées du recueil de Gaignières, Cabinet des eslampes. Bibl. Nat. de Paris. (Voir pour le texte, principalement M. Quicherat, Histoire du costume en France, ef M. Paul Lucroix, le XVII siècle, Institutions, usages et costumes.

FRANCE. — XVI SIÈCLE

COSTUMES DE LA NOBLESSE, DES GENS DE ROBE, DE LA LIVRÉE ROYALE ET DES CLASSES POPULAIRES. ÉPOQUE DE HENRI III.

l 2 3 l 5 6 7 8 9 10 11 12 No 1. souquenille ou sarrau en toile avec pélerine; bas de

grosse laine; souliers. Vaste sac de cuir porté en bandoulière ; fiole d’osier suspendue à la ceinture,

Paysan des environs de Saumur.

Chapeau de feutre à bords rabattus ; sayon descendant jusqu'à mi-cuisse; justaucorps bleu; ba/andrau ou N° 4. balandras, manteau de campagne; gamaches, four-

; Ë j 2 » Bergère angevine.

reaux de jambe que l’on faisait en toile, en cuir ou

en feutre. Le blanc était la couleur de la derniére Bonnet de toile à fond élevé ; chemise à larges man-

classe du peuple. ches et à col tuyauté ; corsage bleu avec bretelles ; No 2 | robe de drap (la jupe portait le nom de robe) tou-

jours de couleur unie ; tablier ; souliers de cuir fauve. Crieur de vin (1586).

Chapeau de feutre orné d’un galon rouge; jupel ou

casaque à longues basques, serrée à la taille par une Riche paysanne. ceinture de cuir où pend l’escarcelle; chausses étroites et plissées autour des jambes ; bas maintenus audessous du genou par des jarretières ; souliers.

Ces crieurs parcouraient Paris dans la matinée, annonçant le vin de la taverne à laquelle ils étaient attachés ; tenant un hanap de bois à la main, ils versaient à boire aux passants.

Bonnet à templettes en forme d’escéfion: les coiffures des villes étaient imitées dans les villages où elles se perpétuèrent; chemise décolletée, à haute collerette ; surcotte pers (bleu intense) ; cotte blanche; tablier noir.

N° 3 Sérvante allant au marché; Paris, 1586.

Bonnet recouvert d’un chaperon de drap descendant, par derrière, jusqu’à la ceinture ; chemise à haute colle- Chapeau en forme de pain de sucre, col rabattu; large rette ; corsage rouge lacé par devant et garni de ve-

Porteur de noir à noircir les souliers.

lours noir; tablier; sur les côtés de la robe, des chatnes auxquelles sont suspendus un trousseau de clefs, une bourse et un couteau dans sa gaîne.

No.

Chambrière de Saumur.

Bonnet angevin (voir n° 5); chemise froncée vers le col ; corps avec bretelles ; manches bouffantes à retroussis sur le poignet ; surcotte ouverte découvrant le cotillon.

NEC Docteur en médecine (1586) ; costume de cérémonie.

Bonnet à quatre braguettes ; fraise godronnée ; robe longue ; chape rouge bordée de fourrure ; manteau fourré avec ouvertures pour le passage des bras; pèlerine d'hermine.

N20, Valet de pied vêtu de la livrée royale.

Petit chapeau de castor avec pompons aux couleurs du Roi : bleu, incarnat et blanc; col uni et rabattu; pourpoint jaune à longues manches ; mandille, casaque à ailes ouvertes qui, avant de passer sur le dos des laquaiïs, était connue comme surtout militaire; cet habit dérivait de la chamarre, veste très ample, formée de bandes d’étoffes (soie ou velours) réunies par des galons ; son nom a fourni au français moderne le verbe chamarrer; — chausses se rapprochant par la forme de la culotte courte; bas d'attache avec jarretières en satin ; souliers noués au moyen de rubans incarnat et munis de talons rouges.

NoL0

Damoiselle.

Les cheveux poudrés à l'iris sont disposés en raquette et

ornés de plusieurs broches et d’une étoile d’or; masque de velours; pendants en pierreries; collier de perles ; col de dentelle mainténu par des fils d’archal; corsage décolleté en rond avec manches ballonnées à l'italienne et additionnées de rebras de même étoffe que la robe; surcotte dont le corps est entouré de bourrelets que la vertugade fait épanouir en tambour ; cette surcotte est fermée sur le devant et relevée pour laisser voir la cotte; gants; petits miroirs suspendus à des chaînes d’or (voir la planche l’'Almanach, France, XVI° siècle).

Neil:

Laquais de grande maison, coureur armé de son bâton,

Bonnet de velours rouge orné de plumes ; col uni, rabattu à l'italienne ; pourpoint sans busc auquel s’attache la trousse bouffante; chausses; cape drapée autour du buste; souliers ornés de rosettes bleues.

Page du Roi.

Petite fraise; pourpoint jaune à longues manches; mandille à manches ouvertes et pendantes, en ailerons, serrée à la taille par une ceinture; grègues bouffantes conservées par les pages pendant une grande partie du dix-septième siècle ; plus tard cette pièce du costume ne figura plus que dans l’uniforme des Cent-Suisses, dans l’habit d’apparat du roi et de ses pairs à la cérémonie du sacre, et enfin dans les costumes de théâtre; chausses ; bas attachés avec des aiguillettes et serrés au-dessous du genou par des jarretières en satin incarnat dont les bouts pendent sur les côtés ; souliers à talons rouges.

Figures tirées du Recueil de Gaignières, Cabinet des estampes, Bibl, Nat. de Paris.

Voir, pour le texte, principalement Quicherat, Histoire du Costume en France et les Mémoires du peuple français, par M. Augustin Challamel; Hachette, 1870.

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