VÊTEMENTS SACERDOTAUX DU CLERGÉ CATHOLIQUE ET ORTHODOXE EN SYRIE
Les chrétiens de la Syrie se divisent en deux communions et trois rites. Deux de ces rites sont catholiques, les Maronites et les Grecs unis, ou Melchites ; un est dissident , les Grecs
dits orthodoxes.
Les Maronites sont ceux de tous ces chrétiens dont le nombre est le plus considérable ; ils appartiennent au rite syriaque ; leur nom vient d’un saint solitaire appelé Maron, qui vivait vers l’an 400 de notre ère.
Malgré leur origine, les Maronites ne font usage de la langue syriaque que dans les offices de l’Église ; leur idiome est le karschouni, c’est-à-dire l’arabe écrit avec des lettres syriaques.
LÉglise maronite, bien que soumise au pape, reconnaît un chef suprême qui porte le titre de patriarche d’Antioche. Le clergé se divise en deux classes distinctes : le haut clergé, élevé à Rome, dans les classes de la propagande, instruit, distingué, peu nombreux et exclusivement composé de célibataires; le bas clergé, choisi parmi les fellahs, resté lui-même fellah, et, selon M. Edouard Lockroy, usant largement du droit qu'ont les prêtres maronites de se marier.
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Groupe n° 6, Patriarche d’Antioche et prêtres maronites.
Le haut dignitaire placé entre ses deux acolytes a les mêmes vêtements sacerdotaux que les évêques de Occident ; ce sont la mitre brodée et enrichie de pierreries , l’amict, la chasuble et l'aube. [1 porte le pallium, insigne du patriarcat, ainsi que la croix pectorale et l’anneau. Une main tient la crosse, dont la hauteur dépasse celles que l’on voit en Europe, et l’autre main , une petite croix d'argent que les patriarches d’Abyssinie sont aussi dans l’usage de toujours porter avec eux; voir le détail n° 2.
Les chaussures de ce prélat consistent en paboudj à pointes relevées.
Les deux prêtres maronites ressemblent, par leur costume, aux membres du corps des ulémas; ces vêtements, tout musulmans, sont le djubbé à larges manches ; l’entari, sur lequel s’étale la croix pectorale ; une bande de cachemire servant de ceinture ; et des koundoura, forts souliers de cuir noir. La coiffure se compose d’un bonnet de carton à côtes, entouré d’un yemeni noir; c’est le Æuwlah.
N° 1,3 et 7.
Evêques et diacres orthodoxes.
La coiffure des évêques grecs est la mitre, coiffure de forme analogue à la tiare impériale (n° 1), ou le bonnet carré accompagné d’un voile retombant derrière les épaules (n° 3). Les prêtres et les diacres ont un £alpak noir, bas de forme et un peu étroit dans sa partie inférieure (groupe n° 7).
Les vêtements sacerdotaux qui servent aujourd’hui dans l'Église grecque sont :
Le phenolium, correspondant à la chasuble. Ce vêtement, chez les évêques, est parsemé de croix et de triangles représentant la gloire de la croix et la pierre angulaire, c’est-à-dire le Christ. Sa forme a subi les mêmes modifications que la chasuble latine (voir n° 1).
Le sticharium ou l’aube. Sa blancheur, comme dans la liturgie romaine, est destinée à figurer la splendeur de Dieu et l'éclat de la dignité sacerdotale.
L’homophore, ou pallium, plus large et plus long que celui des Latins. C’est l’ornement particulier aux évêques grecs, tandis que, dans l’Église latine, le nombre d’évêques qui ont le droit de le porter est très limité ; ce sont ceux auxquels le pape l’a envoyé. Comme on le voit dans le n° 2, ainsi que chez les évêques représentés dans la planche G N, Byzantin, le pallium grec entoure le col et descend sur le dos et la poitrine.
La chape; peu usitée chez les orthodoxes , elle paraît cependant faire partie du costume processionnel des évêques (n° 3).
L’hypogonation, le sac quadrangulaire attaché à la ceinture et descendant à la hauteur du genou, attribut des évêques eb des patriarches (n° 1).
La crosse grecque est presque toujours en bois, avec des incrustations de nacre, d’écaille et d'ivoire ; elle diffère surtout de celle des évêques d'Occident par la double courbure qui termine sa partie supérieure. Cette double courbure est ordinairement formée de deux serpents qui donnent à cette partie de la crosse une certaine ressemblance avec le caducée antique, symbole de la paix et de l’union jointes à la prudence ; entre les deux serpents se trouve une boule surmontée d’une croix (n° 1 et 3).
La croix pectorale et l’annulaire font également partie des insignes réservés aux évêques orthodoxes.
Ces évêques sont représentés donnant la bénédiction grecque, telle qu’elle est décrite dans la planche G N, Byzantin.
Les diacres (groupe n° 7) portent une dalmatique brodée, et l’épitrachelium ou étole, entourant le col et l'épaule.
En dehors de l’aube, ces costumes sacerdotaux sont généralement de soie; on y emploie indifféremment toutes les couleurs, excepté le noir qui est inusité, même dans les enterrements.