‹ Le costume historiqueChapitre 11 sur 130 · JAVA · texte numérisé non relu

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Pipe à opium garnie de jonc tressé.

Longueur, 0,68.

Dans cette pipe de Java, le fourneau est intérieur et sa place n’est indiquée que par une étroite ouverture ; c’est le rudiment d’un genre de caractère tout rustique. (Voir la manière de fumer l’opium dans la planche l’Obus, Asie.)

No 10.

Étui à pipe en bois sculpté, incrusté de nacre, Hauteur, 0mM,55,

Le travail de cet étui est particulièrement fin; le décor est réparti avec plus de savoir que dans les productions annamites, et l’on y retrouve encore un souvenir très direct des anciennes sculptures de la Malaisie et la fantaisie quelque peu diabolique des célèbres monuments de Bornéo.

Modèles provenant de la collection de M. le baron de Watteville.

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LES RADJEPOUTES.

Le Radjepoutanah est situé dans la partie méridionale de l’'Hindoustan, appelée le Deccan ou Dekkan, entre la mer d'Arabie et le golfe du Bengale. Le Deccan se trouve compris dans l’une des divisions du gouvernement anglais, la présidence de Bombay. Le Radjepoutanah, partie des États du Nizam ou Soubah du Deccan, est séparé de l’empire des Marattes par la chaîne des Ghâtes. Les Radjahs ou Rajahs sont les princes qui gouvernent les diverses contrées de l’'Hindoustan. Les Cshattria, Oschiattria ou Chétrés et Radjepoutes constituent le groupe auquel appartient la tribu royale ; tous ses membres formant la caste militaire, devaient, dès les temps les plus reculés, fournir tous les gens de guerre, et lorsqu'on en prenait momentanément dans les autres castes, le commandement leur était toujours réservé. Les Radjepoutes (enfants des rois) se regardent comme les descendants directs des souverains indiens de la haute antiquité, les Kchatryas, auxquels on donnait le titre d'enfants du soleil et de la lune.

Au XVIT siècle, il y avait encore plus de cent Rajahs conservant leur indépendance, pouvant chacun mettre en campagne plus de vingt-cinq mille chevaux. Les Radjepoutes, guerriers de père en fils, étaient toujours prêts à paraître à cheval au premier appel. Aureng-Zeb, dont les troupes n’étaient pas toutes d’une qualité égale, dut, pour les affaiblir, les opposer fréquemment les uns aux autres.

Les documents que nous publions appartiennent à cette époque; ils sont tirés d’une suite de portraits, de main indienne ou parsi, des derniers chefs du royaume de Télingana, dont Golconde était la capitale. (Golconde, détruite par les Mogols, est située à quatre kilomètres d'Haiderabad qui la remplace aujourd’hui et est le séjour du Nizam.) Les Indous ayant conservé leurs lois et leurs coutumes plus qu'aucun autre peuple, il est à croire que le costume

: des Radjepoutes du XVII® siècle ne devait guère s'éloigner de celui de leurs ancêtres les plus lointains ; il est certain que, tel qu’il se voit ici, il était en usage lors de la conquête de Tamerlan.

N° 1. — Djihan-Khan porte un turban n'ayant rien de commun avec le turban musulman ; l’étoffe vient jusque sur le front, en pointe; un cercle en rubans d’or, entouré d’un rang de perles avec une émeraude, enserre la coiffure et la fixe. Au sommet du turban, un bijou d’or, figurant un soleil et orné d’un gros rubis, sert à attacher une aigrette de plumes souples, infléchies en arrière sous le poids de deux diamants. Un cordon de perles et pierres fines, partant de la monture de l’aigrette, descend de chaque côté du turban en forme de collier, posant sur le front, en avant de l’étoffe. Cette riche coiffure de fine soie est de forme typique ; l'oreille, sans ornement, n’en est pas couverte. Djihan-Khan porte toute sa barbe et ses moustaches, ainsi que ses deux contemporains. Le gilet ou veste à manches dont il est vêtu clôt entièrement la partie supérieure du corps ; il couvre la nuque, se croise et se double sur la poitrine; il est juste au poignet et serré par une ceinture ; c’est le gilet breton, et le rapprochement s'explique lorsqu'on songe aux brusques changements que subit la température de . Inde, quand la mousson, particulière à ces contrées, élève ses terribles tempêtes sur la mer des Indes et vient souffler sur toute la péninsule; sensibles surtout sur les côtes du Malabar et de Coromandel, les inconvénients de la mousson se font sentir jusque sur les plateaux de Mysore et de Haiderabad. Les riches s’enveloppent donc soigneusement, Le large pantalon

de soie, terminé étroitement, descend jusqu’à la cheville (parfois c’est même un pantalon de pied, couvrant entièrement celui-ci); la pantoufle de velours, en pointe allongée et relevée,

sans quartier, couvre presque entièrement le pied, le talon nu restant à découvert, ce qui facilite l'usage de les quitter et de les reprendre, comme on le fait fréquemment; on les garde en effet, rarement chez soi. Notre homme est revêtu d’une robe ample, assez longue pour être majestueuse sans entraver la marche que contribue aussi à la faciliter le volume du pantalon à” sa partie supérieure, assurant le développement oblique des plis de la jupe. Cette robe transparente est de cette espèce de mousseline pour laquelle les voyageurs ont montré tant d’admiration. On lit dans les Lettres édifiantes : « Tout le monde a ouï parler de pièces de « mousseline de dix aunes et plus qu’on peut renfermer dans une tabatière ordinaire et faire « passer à travers une bague. » Ferrari rapporte qu'un seigneur anglais reçut une pièce de cette mousseline qui, étendue sur l'herbe, ne s’apercevait plus, ne cachant nullement la verdure. Djihan-Khan a une ceinture orfévrée où brillent de grosses pierres ; elle est posée par dessus deux ceintures de cachemire dont les bouts tombent en avant ; il a une espèce d’écharpe en cachemire blanc uni, bordé d’or, dont les bouts flottent en arrière : c’est un insigne de commandement ; un collier de grosses perles et pierreries, à trois rangs, descend sur sa poitrine ; sauf au pouce, on lui voit des bagues à tous les doigts de la main, avec pierrerie au medium et au petit doigt ; deux bracelets au poignet, l’un de perles, l’autre d’or avec pierre, et un

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