HAUTS DIGNITAIRES DE L’EMPIRE MOGOI
1 8 N° 1, No:2.
Prince indien du dix-septième siècle.
Mourad-Bakche, shahzadeh, prince impérial ; fils de No 3.
PEAR-Djeban et frère d'Anneng-Zeb, Souverain de Delhi (nom inconnu).
Au temps d’Aureng-Zeb, Delhi, résidence de l’empereur, comptait deux millions d’habitants. C’est en 1525 que cette ville fut conquise par Baber, cinquième descendant de T'amerlan (V. pl. Inde, la Flèche) ; ce roi détrôna la dynastie pathane ou afghane et devint le fondateur de l'empire mogol.
La dynastie mogole régna sur le vaste empire de l’Inde (si l’on en excepte l’usurpation de Shère-Khan et des princes de sa famille) pendant près de deux cents ans. Le seizième siècle est l’époque la plus brillante de sa domination et celle où l'administration musulmane a eu le plus d'unité et de vigueur. La magnificence de la cour devint proverbiale et l’idée qu’on se faisait en Europe, au dix-septième siècle, du @rand-Mogol, comme on désignait alors le souverain de l’'Hindoustan, ne dut pas paraître exagérée. La période de décadence à commencé vers le dixhuitième siècle sous le règne de Shah-Allum, fils d'Aureng-Zeb, et la désorganisation qui suivit l'invasion de Nadir Shah de Perse, laissa vacant le trône de l’Hindoustan qui disparut pour faire place à la domination anglaise.
No 1. tenant une main sur son khouttar et appuyant l’autre sur un sabre recourbé, de forme indienne ordinaire Mourad-Bakche, « Mourad, magnifique, fier, audacieux , au fourreau recouvert de velours rouge. Le turban,
aimait la guerre et ses dangers. » Il est représenté avançant un peu sur le front, est maintenu par un
cercle d’or dont la masse se trouve relevée par un rang de perles et de scintillantes pierreries ; au-dessus, vient s'ajouter le bijou servant à attacher l’aigrette, attribut de souveraineté. On voit chatoyer les perles au cou et aux poignets de Mourad. Les grands, à l’occasion de quelques cérémonies, mettent encore le khelät, vêtement d'honneur, robe courte, diaphane, de fine mousseline plissée, portée par les princes radjpoutes de la planche au signe du Cœur. Ici, le souverain à une robe de soie ou peut-être une de ces cotonnades plus dispendieuses que la soie même, dont la fabrication, spéciale à Java, est décrite dans la notice des planches BV, le Singe et BK , Océanie. Cette robe, sans poche, croisée sur la poitrine, laisse passer un mouchoir qui n’est autre que le sudarium (le xagtdpottov des Grecs). — Les puyjamas (pantalons ) quelle qu’en soit l’étoffe, satin, drap ou foulard, tombent toujours en plis serrés jusqu’à la cheville. Les pieds nus du prince sont chaussés de pantoufles sans quartiers, les pointes relevées.
Prince indien dont l'attitude toute pacifique permet de supposer que lon se trouve devant un Omr4 (de omara, commander), chef, prince et même souverain à qui le Grand-Mogol transmettait une partie de son pouvoir en même temps qu’à deux ou trois autres personnages ; ils gouvernaient en son nom. La dignité de premier Omrâ correspondait à celle de Grand-Vizir en Turquie. Ce haut fonctionnaire porte un turban blanc ; ila le kurta, manteau qui constituait une espèce d’investiture chez les grands. La couleur douce de ce vêtement s’harmonise parfaitement avec la blancheur du turban et de la robe; les plis, rejetés avec élégance, démontrent combien la
mode indoue peut quelquefois raviver les souvenirs de la draperie antique. — Le Xhowttar est passé dans une magnifique ceinture de cachemire dont les bouts retombent en avant.
Lorsque l’empereur, assis sur son trône, rendait justice à son peuple, ilétait entouré de ses omrâs, de ses radjahs et des ambassadeurs. Après avoir entendu les causes, ce grand-juge appliquait les lois apportées dans l'Inde par Tamerlan et qui y furent constamment la base de la jurisprudence. — Autrefois personne ne se serait imaginé qu'un prince tartare, dont les conquêtes ont été regardées comme des dévastations et des massacres commandés par un brigand, eût composé un traité de politique et de tactique militaire, conçu un plan de législation plein de sagesse et l’eût réduit lui-même en une espèce de code pour servir à ses descendants.
Souverain de Delhi. Cet empereur, dont le nom nous
est inconnu, à en juger par son portrait, semble avoir été plutôt un orateur qu'un homme d'action ; il discourt évidemment, Son turban en tissu d’or est orné d’une aigrette retombant sous le poids de deux diamants. Il est paré d’un collier à double rang de perles constellées de rubis et d'émeraudes ; on lui voit des bracelets aux poignets eb même en haut du bras droit. La tunique, jaune, à fleurs brochées, est serrée à la taille par une riche ceinture de cachemire dans les plis de laquelle se trouve un poignard. Ce souverain s'appuie sur un Æounda, sabre droit dont le pommeau et la poignée sont enrichis d'émaux cloisonnés. Les babouches ont aussi leurs pointes relevées, comme dans le portrait n° 1,
D’après les peintures originales faisant partie de la bibliothèque de M. Ambroise Firmin-Didot.
Voir, pour le texte : Ferrario, Le Costume ancien et moderne ; — Dubois de Jancigny, l'Inde (Univers, Paris, Didot); — Penguilly l'Haridon, Catalogue des collections composant le Musée d'artillerie, Paris, 1862.
TT
a a FETE
hth
non
atal se
Ch
INDE