‹ Le costume historiqueChapitre 47 sur 130 · COSTUMES DIVERS. — FUMEURS · texte numérisé non relu

COSTUMES DIVERS. — FUMEURS

6 7 8 9 10 11 3 4 1 2 5 N° 1. — Mollar, chef de la religion à Ispahan, méditant sur le Coran.

On donne le nom de mollahs, en Perse, à ceux qui se consacrent exclusivement à l'étude de la jurisprudence, de la morale et de la théologie. Ils parviennent aux emplois de juge, d’administrateur, de ministre de la religion et de professeur. Il y a un grand nombre de bénéfices et de fondations établis en leur faveur. Les mollahs, qu’ils jouissent ou non de ces bénéfices, ne leur imposant que d'aller une fois par semaine lire et commenter le Coran dans les mosquées, donnent gratuitement leur avis en matière civile et religieuse, aussi bien aux gens en charge, aux juges, qu’aux simples particuliers. (Ferrari, Histoire du costume chez tous les peu-

ples.)

N° 2. — Mirab, homme chargé d'ouvrir à certaines heures les conduits qui arrosent les cultures maraîchères.

La Perse étant un des endroits les plus arides de la terre, l'irrigation y est chose importante pour les travaux de l’agriculture. L'homme à su s’y procurer des sources artificielles, creuser des puits, élever des digues; on dirige dans les canaux la fonte des neiges pour en distribuer l’eau dans les campagnes. Ces eaux, ainsi que celles des ruisseaux et des torrents, sont sous l'inspection du mérab emirab, surnommé Prince de l'eau, lequel est chargé d’en faire la distribution aux cultivateurs en proportion du droit payé. Malheureusement la destraction de ces canaux, dont un certain nombre avaient jusqu’à plusieurs lieues d’étendue, a été un des stratagèmes des guerres civiles , et le sol de la Perse en état de culture est aujourd’hui considérablement réduit. (Olivier, Voyage en Perse, 1807.)

— Partisan, soldat libre de la montagne, servant d’escorte au besoin.

Tchervadar, ou muletier.

Arménienne de Djulfa.

Persan fumant le narghileh, pipe à eau, de narghil (noix de coco). Arménien se servant d’une petite pipe en métal niellé.

. — Arabe fumant une pipe en terre rouge sans tuyau.

Homme d’Ispahan avec son chibouk.

N° 10. — Persan de distinction fumant le #ka/éan ; il en.soulève la partie supérieure ou fourneau pour chasser la famée que renferme la carafe, avant de passer la pipe à son voisin.

N° 11. — Homme du Ghilan fumant la cigarette dans un roseau.

(Documents communiqués par M. le colonel Duhousset.)

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PERSE

INTÉRIEUR PERSAN : LE TALAR OÙ SALON PRINCIPAL D’UNE MAISON DE PLAISANCE. — LA MAISON DE BOIS.

L’habitation persane qui figurait à l'exposition internationale de Paris en 1878, était un type de la maison de bois telle qu’on la voit en Turquie, en Égypte et dans l’Inde. C’est aux Aryens purs qu’on en doit attribuer le principe également adopté par les Mèdes, ainsi que le confirme Homère, (Voir le gaard norvégien, planche BS, Suède). Cette influence antique se fait sentir partout où apparaît une tradition indiquant une combinaison de bois assemblés, et son caractère foncier se retrouve dans un ordre d'architecture plus élevé, comme sur les monuments assyriens, égyptiens, indous, etc. ; qu’ils soient taillés dans le roc ou bâtis avec la pierre, leur appareil figuré rappelle toujours le principe de la construction de bois, selon Viollet-le-Duc.

Dans le domaine de l’art, les inspirations que les Persans ont su manifester à travers les siècles, se fondent toujours dans un ensemble harmonieusement lié; en général, le caprice obéit à des règles supérieures et la réunion des lois architectoniques de l'Orient se retrouve toujours dans leurs ouvrages les plus modernes.

Le pavillon représenté se composait d’un rez-de-chaussée et d’un premier étage avec terrasse en galerie. L’enderoun ou intérieur consistait en un vestibule au centre duquel se trouvait un bassin ; on accédait par un étroit escalier angulaire aux appartements du premier étage ; la pièce principale, le {alar, ou salon, avait à ses portes deux hautes marches qui en faisaient la chambre la plus élevée de toute l’habitation. Cette pièce, de construction régulière, était largement éclairée par deux grandes baïes en regard l’une de l’autre.

La riche décoration de ce salon découle de l’un des trois ordres d'architecture, dite ottomane à Constantinople : l’ordre cristallisé, le plus riche et le seul qui soit employé à l’intérieur des édifices civils. Le plafond est décoré de ces stalactites si connues qui lui donnent l’apparence d’une voûte; ces stalactites en plâtre sont ici plaquées de miroirs rectangulaires et en demi-

losanges, contreposés en angles plus ou moins ouverts; tous ces fragments de glaces étant étamés, réfléchissent ainsi la lumière, les colorations des tapis eb des vitraux, par des milliers de facettes. Les murailles, les niches en plein cintre, sont aussi revêtues de la même manière, c’est-à-dire par des miroirs, tantôt en fragments alternativement noirs pour former damier, tantôt taïllés en pointes de diamants.

Les deux grandes fenêtres de cette pièce se divisaient par des montants et des meneaux dont le bois était garni également de petits miroirs formant un jeu de mosaïques. Leur décor multicolore se compose de milliers de petites vitres, grandes chacune de quelques centimètres. En Orient, les vitraux ne sont pas peints ; ils consistent en mosaïques de verres teints dans la pâte. Les fleurs et ornements de tous genres qu’ils représentent sont simplement formés de fragments de couleur unie, rassemblés entre eux au moyen d’armatures en plâtre taillées en biseau et tenant lieu de plombs ; elles dessinent, par leurs contours nettement accusés, les détails les plus minutieux de la composition, La partie cintrée de cette baie est double ; chaque vantail s’ouvre verticalement à l’aide de deux poignées de bronze en glissant de bas en haut dans l’angle extérieur des montants et se trouve logé entre les deux vitres supérieures à la façon de nos fenêtres à guillotine ; on les arrête aux différents degrés de hauteur indiquées par les clavettes posées sur le côté des boiseries.

Le mobilier de ce salon ne consiste qu’en divans garnis de cachemire brodé, en tapis superposés par place, et en portières brodées d’appliques couvrant les portes de service.

Dans leur appartement les femmes sont habillées du pantalon, d’une camisole de mousse-

line ou de soie tenant lieu de chemise et de la veste brodée. Leurs pantoufles, toutes petites qu’elles sont, ont une semelle très dure, garnie au talon d’un fer à cheval ayant un demipouce d'épaisseur. Cette chaussure devient une arme véritable et même dangereuse entre les mains d’une femme prompte à la violence.

Notre scène représente la servante allumant le kaléan (pipe décrite dans la planche Asie au signe de la Mèche) avec un tuyau de bois ; lorsque le kaléan sera posé sur le trépied, la dame y ajustera le tuyau élastique à bout d’ambre qu’elle garde toujours pour elle.

Reproduction de l'intérieur du pavillon persan élevé au Trocadéro, en 1878, par des artisans nationaux venus exprès, et indispensables pour ce genre de construction, délicate entre toutes, dont les traditions sont de véritables secrets de métier.

Voir, pour le texte: Champollion-Figeac, Histoire de la Perse, 1860. — De Gobineau, Voyage en Perse (Tour du monde, 1860). —- Vaollet-le-Duc, Antiquités américaines (préface des Cités eb ruines américaines, par M. Désiré Charnay, 1863). — Architecture ottomane,

ouvrage publié par la commission impériale ottomane de l'exposition universelle de 1873, à Vienne.

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