ALGÉRIE, TUNISIE ET ÉGYPTE
COSTUMES FÉMININS DES POPULATIONS BERBÈRES, ARABES, MAURESQUES, JUIVES, NÈGRES ET FELLAHINES. — LE ROUMI.
Le Champignon, L'Ours.
1 D AN 4 5 10 11 12 1e 14 6 7 8 9 15 16 17 18 NP F2,..9.4 8-67, 9,10, 12, 13, 14 et 18 Algérie.
Nes 8 et 11.
Tunisie.
Égypte.
No 16 et 17.
Roumains : le Æoumi.
Ethnographiquement, l'Algérie et la Tunisie ne peuvent se séparer, toutes deux renfermant les mêmes grandes catégories de populations : les Berbères, les Arabes, les Maures, éléments auxquels sont venus se joindre les Juifs et les noirs du centre de l'Afrique.
Les types féminins de ces populations aux costumes si variés, apparaissent ici tels qu’ils
peuvent être dans le désert, dans les montagnes, ou lorsqu'ils se mélent et se coudoient dans les rues étroites des villes barbaresques.
C’est d’abord la femme berbère, l’aborigène, que plusieurs de nos planches font connaître dans tous les détails de sa vie si active; on sait que cette utile auxiliaire du Kabyle, dont elle partage la rude existence, esb traitée sur le même pied que son mari eb jouit d’une égale considération.
En regard, la condition de la femme arabe nomade est mauvaise, surtout dans les populations serviles, et ne peut être comparée à celle de la Berbère, l’Arabe étant foncièrement polygame. C’est sur les femmes qu’il a achetées que retombe le fardeau de toutes les besognes ; aussi ces malheureuses vieillissent-elles rapidement à leur dur métier de servante.
Dans les classes riches, la femme à qui l’on fait parcourir les vastes espaces commodément installée dans un attatouch (palanquin placé sur le dos du chameau), supporte une existence qui se consume dans l’inactivité; sa situation morale n’est guère plus enviable que celle de la femme qui, vêtue de guenilles, marche pieds nus sur le sol brûlant de l’Afrique.
Dans les villes, la femme arabe des classes aisées est toujours plus ou moins voilée. À Alger, on lui voit les yeux et une étroite bande du front; à Constantine et à Bône, on ne voit plus qu'un œil ; à Bizerte, le mystère est absolu, ce sont alors de vraies statues qui marchent.
Il en est de même des Mauresques qui, sortant peu d’ailleurs, ne circulent jamais dans les rues sans beslik; leur sassari, espèce de haïk d’étoffe légère qui couvre entièrement le corps, empêche de bénéficier de la vue d’un costume d'intérieur, toujours empreint d’une certaine grâce et d’une grande richesse,
Quant aux Juives, on les voit avec des costumes variant selon les localités; la Juive de Constantine est différente de celle d’Alger ; dans une autre partie de l'Algérie, sa mise offrira de nouvelles variétés. Il n’y a qu’à Tunis que le costume de la femme israélite soit d’un aspect tout particulier et d’une originalité du plus mauvais goût.
On ne voit rien d’intéressant à relever dans le costume des noirs, hommes où femmes, soit comme ouvriers, soit comme domestiques; ils portent tous les vêtements en usage chez la population qui les emploie.
Dans les villes des États Barbaresques, si les vêtements féminins ont encore conservé leur forme primitive, ils ne sont plus faits de ces tissus de laine soyeuse aux tons si doux à l’œil, œuvres délicates des mains mauresques. Ce sont aujourd’hui des étoffes vulgaires généralement à carreaux bleus ; le bleu est la couleur favorite des femmes arabes civilisées.
A côté de ces différents éléments ethnographiques se trouve, dans l’une de ces deux planches (n° 15), une Fellahine portant une cuve sur la tête.
Les Fellahs représentent l’ancienne population agricole de l'Égypte mélangée des éléments qui firent successivement invasion dans le pays. Néanmoins, la longue continuité du séjour en Égypte a modifié les lignées issues de cet amalgame de types, de façon à imprimer aux générations modernes une ressemblance quelquefois frappante avec l’ancien type égyptien. Aïnsi, bien que les descendants de la célèbre race égyptienne soient plutôt les Coptes et les Nubiens qui se sont peu mêlés aux races envahissantes, il n’est pas absolument surprenant que les traits
des habitants de l'antique Mesraïm se soient mieux conservés chez les Fellahs ; car les Coptes, ainsi que les Nubiens ont varié dans leur mode d'existence et n’ont pas eu, de génération en génération, cette unité de travaux, cette immobilité d'intelligence et de sensations dont la puissance a pu déterminer chez leurs compatriotes la continuité des mêmes phénomènes physiques.