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AFRIQUE
TYPE DE LA COUR PRINCIPALE D'UNE HABITATION MAURERSQUE. LES GALERIES DU REZ-DE-CHAUSSÉE ET DU PREMIER ÉTAGE.
La cour intérieure de l'habitation, comportant une galerie couverte, au rez-de-chaussée, et une autre galerie également couverte, au premier étage, est un des types les plus antiques et que l’on retrouve dans tous les pays chauds, en Asie et particulièrement dans l’Inde, à Constantinople comme en Égypte, et du littoral méditerranéen de l'Afrique jusqu’en Espagne.
La cour de la maison mauresque ici représentée, avec ses arceaux en fer à cheval, appartient à l'architecture arabe. Les habitations de ce genre, jamais trop luxueuses au dedans, sont du plus triste aspect à l'extérieur, et affectent la pauvreté, presque la laideur, comme pour mieux faire valoir les délices de l’intérieur ; ces maisons sont comme le symbole de la vie musulmane.
Cette cour forme un carré parfait, dont chaque côté à trois arceaux se répétant à la galerie supérieure. [air circule partout librement, et l'ombre est assurée à toutes les heures du jour, tantôt par la position du soleil, tantôt par les tentures que l’on accroche aux tirants en bois horizontalement scellés entre chaque arcade: ces dispositions sont celles du patio rudimentaire représenté dans la planche double le Broc, Espagne. La galerie de ce rez-de-chaussée ne comporte pas de voussures en maçonnerie, ce sont des poutrelles qui en garnissent le plafond; le sol est entièrement pavé d’un carrelage de terre cuite à six pans ; le bas des murs a un revétement de faïences vernies (zelaïdj) qui contribue à entretenir une certaine fraîcheur dans la cour; dans le pourtour, on voit des fenêtres garnies de forts treillages en fer ; extérieurement,
les arcades sont encadrées par une frise et des montants enrichis de faïences de plusieurs couleurs.
La galerie du premier étage, dont un fragment forme le côté droit de cette planche, a des arcades semblables à celles du rez-de-chaussée et est également lambrissée de faïences vernies.
Cette sorte de promenoir, qui donne accès aux appartements principaux où se porte principalement la vie de la maison, est entouré d’une balustrade d'appui en menuiserie, ornée d’une partie transversale aux ajourés finement découpés. Au fond de la galerie, une porte de bois massive, à un seul vantail décoré de petits panneaux enchevêtrés, épouse la partie cintrée et les pilastres de marbre du chambranle qui lencadre. Au-dessus, la voûte est ornée de motifs de décoration peints entre les nervures des arêtes ; à son centre, un porte-lanterne en bronze est suspendu par des chaînettes. Les carreaux du dallage sont en faïence émaillée et font, par les contrepositions du dessin colorié, un tapis sans fin.
Au second étage de ces habitations se trouve généralement la terrasse servant de promenoir la nuit et où, souvent même, par les grandes chaleurs, on passe la nuit tout entière; parfois, dans le jour, on y tend un velum qui ombrage complétement la cour.
; Document photographique provenant de l'Algérie.
Voir, pour le texte : Shaw, Voyage dans plusieurs provinces de la Barbarie et du Levant, 1743. — Piesse, Itinéraire de Algérie, 1862.