‹ Le costume historiqueChapitre 81 sur 130 · DIX-NEUVIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

DIX-NEUVIÈME SIÈCLE

Cet intérieur marche avec l’ensemble du harem donné en coupe planche H C, lequel, datant du commencement du siècle, est orné, dans les quelques pièces principales dont on discerne les détails, avec le goût le plus déplorable dont on ait usé en Turquie, à cette époque bâtarde où les architectes européens faisaient une sorte de compromis entre les décorations à l’orientale et le genre dit « rococo ».

L'intervention des architectes modernes a depuis lors été beaucoup plus heureuse, et le style des palais construits pendant ces trente dernières années procède maintenant de celui de l’Alhambra, des monuments du Caire et en même temps de la bonne école persane, ce qui lui compose une physionomie particulièrement riche et de belles proportions.

Cette salle, d’un caractère composite, a été empruntée par nous, dans son ensemble, à un salamlik construit et décoré sur les dessins de M. J. Drevet. Le salamlik, vestibule du palais du souverain, n’est en réalité fréquenté que par les hommes ; mais, nous n’avons pas besoin de faire remarquer que dans cette pièce, où nous faisons figurer des femmes, il ne s’agit plus d’un vesbibule plus ou moins public, mais d’une pièce retirée comme toutes celles du harem, pour laquelle, d’ailleurs, le style de la décoration moderne ne diffère point.

Notre ami, Paul Bénard, architecte, ayant visité l'Égypte, a fait de l’élégant intérieur de M. J. Drevet une espèce de restauration tendant à lui donner une physionomie un peu plus archaïque, en même temps qu’un caractère propre à l'habitation des femmes. Le pavillon du fond, aux arcades vitrées ayant la forme du plein cintre et surmontées d’une partie en œil-de-

bœuf, a été modifié d’abord dans la forme de ces arcades dont le sommet se termine icien ogive, et que l’on a meublées, jusqu’au-dessous des chapiteaux des colonnettes de supports, de ces fonds de broderies en fin plâtre ajouré dont les Orientaux usent avec un goût et une adresse si remarquables. Les vitres des fenêtres onb été remplacées par des espèces d'écrans en treillis glissant dans les rainures eb que l’on élève selon le besoin ou le caprice ; c’est une menuiserie du genre de celle des moucharabiés, mais qui, dans les salles donnant sur les jardins du harem, n’a pas besoin de la fixité de clôture des fenêtres donnant sur la rue. Enfin, cette pièce est garnie de tapis épais étendus partout et remplaçant, au milieu, le bassin avec la fontaine jaillissante qui occupe le salamlik original.

Les colorations ont de même le caractère d’une restauration, et c’est également sur les données de M. Paul Bénard que Stéphane Baron en a fait l’aquarelle.

Document foncier photographique.

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