‹ Le costume historiqueChapitre 82 sur 130 · D ST PS 27077 202072 ETATS AU TEST NNERNEETEENTES · texte numérisé non relu

D ST PS 27077 202072 ETATS AU TEST NNERNEETEENTES

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TURQUIE

COSTUMES FÉMININS, RELIGIEUX, BOURGEOIS ET POPULAIRES DE CONSTANTINOPLE.

N° 1. — Derviche Bektachi. — Les religieux de cet ordre portent, comme accessoires obligés, sur leur poitrine, une pierre nommée {slim tache, large étoile de jade, et à l’oreille droite un ornement en forme de croissant de même métal ; ils sont munis d’une sorte de cornet à bouquin recourbé dont l'ouverture est en gueule de poisson, rappelant le sabre à double pointe d'Omar ; une giberne de cuir, le djülbend , est attachée sur le devant de leur ceinture.

Leur habillement se compose d’un manteau à manches, le Z%irka;d’une veste, d’un pantalon très large, le potour, formant de grands plis sur la cuisse, collant sur les jambes où il est attaché avec des agrafes. La chaussure est rouge ou noire. Leur coiffure, fabriquée de leurs propres mains dans leurs couvents, est un symbole; on la nomme {4d) (couronne), dans le sens oriental de bonnet réservé aux princes.

L'ancienne organisation des Bektachi était à la fois religieuse et militaire, ayant plus d’un rapport avec les confréries actives du Temple, de l'Hôpital et de Malte. La création de leur ordre précéda de peu de temps celle de la milice des janissaires avec lesquels, tant qu’ils vécurent, les Bektachi demeurèrent étroitement liés. Le bonnet de feutre des janissaires portait un appendice représentant une manche de derviche, en mémoire de la bénédiction que le fondateur de l’ordre religieux, Æadyj Bektach, aurait répandu sur eux en leur remettant leur étendard.

N°2. — Hammal. — Portefaix affublé de l’attirail de sa profession, le semer, espèce de crochet sans montants fait d’un bloc de bois et muni de fortes bretelles, sur lequel il accumule les plus lourds fardeaux. La rusticité de cet ustensile, la nature de son emploi l'ont fait comparer à la bosse du chameau, avec lequel le hammal, sobre, patient et fort, a d’ailleurs plus d’un rapport. Rien de particulier ne le fait remarquer dans son costume; toutes les pièces en sont solides et présentent des garanties de durée. La veste est d’une étoffe indigène, feutrée; le chalwar de même, les bas sont de laine à côtes. La chaussure est double. La coiffure en feutre blanc, le kwlah, historié de broderies en soie de diverses couleurs, est entourée d’un

saryk hygiénique. Tout cela est presque inusable, chaud, et, sans être à bas prix, est à bon

marché.

N°3. — Aivas. -— Dans les maisons turques, la cuisine est séparée de l’habitation proprement dite; elle en est même assez éloignée, afin d'éviter que du sélamlik et du harem on soit incommodé par la moindre émanation culinaire. Cette disposition a fait prendre l’habitude d'apporter à la fois tous les plats d’un même service. Les serviteurs chargés de ce soin sont les aivas; ils circulent en portant sur leur tête un vaste plateau de cuivre contenant tout un assortiment complet de vases renfermant des mets qui doivent être conservés chauds et servis simultanément. Les insignes de leur charge sont le tablier, foutah, de coton rayé, et la serviette de coton blanc de Brousse qu’ils portent rejetée d’une épaule à l’autre. Ils sont chaussés de bas caractéristiques, tissés en laine de couleurs variées. Leur coiffure est un épais saryk de couleur. Ils sont vêtus d’un sal{a, d'un yelek et d’un chalwar, et chaussés du yèmèni, rouge ou noir.

N° 4. — Bourgeois de Constantinople. — Celui-ci ne porte pas le costume de l’européanisant, l'employé du gouvernement n’ayant conservé que le fez rouge. IL conserve le large dyubbé, le chalwar, le salla, le yelek, les solides yèmèni rouges ou jaunes, le Æulah et le saryk. C’est le cas de la majorité de la classe moyenne, à Constantinople, et de la presque totalité dans les provinces.

N° 5. — Sukka. — Ce porteur d’eau, muni du kyrba (grenouille) en cuir dans lequel se fait le transport de l’eau, est vêtu de l’arkalitch (sorte de veste également en cuir) qui préserve les autres vêtements de l'humidité. Le reste du costume est celui de la généralité des ouvriers de Constantinople.

N° 6. — Caikdpi. — Les caïkdji sont les conducteurs des barques rapides, élégantes et légères qui se louent à Constantinople comme nos voitures de place. Pour monter leurs bateaux de cyprès sculpté, doré, peint de gracieux bouquets de fleurs, les caikdj, tout en étant vêtus légèrement, le sont avec une certaine coquetterie. Leur chemise est de soie bouillie et tordue, dite burudjuk; leur yélek, de couleur voyante, est le plus souvent agrémenté de riches broderies d’or. Le large caleçon est en coton blanc. Ils portent le /ez et chaussent les yèmènti. Les bras et les jambes sont nus.

N° 7. — Juive de Constantinople. — Cette femme porte la coiffure de rigueur chez les

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juives de Constantinople, Le bonnet, peint à grandes fleurs, serre le front et cache complètement la chevelure, remplacée par une bordure en oya blanc. (L’oya qu’on nomme aussi bibi, esb une sorte de dentelle, de passementerie légère, exclusivement fabriquée en Turquie.) L’entlari en soie, bordé d’une passementerie en fils d’or, est serré à la taille par une ceinture en châle; le Ayrka, de couleur claire, doublé et bordé d’astrakan blanc, de cygne ou de chat, laisse dépasser, depuis le poignet, les manches ouvertes de l’entari qui pendent jusqu’à l’extrémité des doigts; des {rlik dans des galoches pour chaussure de ville, dans la maison, des paboudÿ, quelques bijoux de poids complètent ce costume.

N° 8. — Dame turque de Constantinople en costume de ville. — Lorsque les dames turques sortent, l’usage veut que toutes les richesses qu’elles étalent avec complaisance dans leur maison disparaissent complètement sous une enveloppe qui les cache de la tête aux pieds, et ne laisse voir que leurs yeux. Le pardessus en drap, en mérinos, en cachemire, selon la saison, qu’elles mettent pour sortir et qui se nomme le feradjé, est une vaste robe à manches très amples, qui retombe en arrière comme une dalmatique; le voile de mougseline blanche est le yachmak. (On dit qu'il devient chaque jour de plus en plus transparent.)

N° 9. — Dame turque de Constantinople en costume d’intérieur. — La hanum (dame) turque porte l’enfari à longue traîne, un ample chalwar qui recouvre et fait presque disparaître les paboudy de velours. On se sert, au besoin, de la ceinture en cachemire, pour retenir les pointes de la traîne, relevée afin de faciliter la marche. La coiffure est une sorte de tortil, incliné sur le haut du front. Des boucles d'oreilles et quelques bagues sont les seuls bijoux qui accompagnent ce costume, pour lequel on se sert de somptueux brocarts de Damas, d'Alep, ou des fabriques impériales de Constantinople. Les chaussures sont brodées d’or et de perles fines; enfin aux broderies d’or et de soie il faut ajouter les garnitures d’oya, qui, tenant à la fois de la dentelle, de la broderie et de la passementerie, ajoutent beaucoup de charme aux costumes orientaux et les rendent encore plus riches,

La hanum dessine l'arc de ses sourcils et se peint les cils, avec le Æhol; elle se sert de la teinture de enné pour estomper ses paupières, elle emploie le blanc de bismuth et le carmin pour son visage; enfin c’est avec le Xermès liquide qu’elle rougit ses lèvres.

N° 10. — Mariée arménienne, — Son costume traditionnel consiste en une longue robe traînante, d’un épais tissu d’or et de soie, dont les manches sont ouvertes, évasées eb tombantes à partir de la saignée ; une blanche couronne de fleurs; un voile de gaze; et cet autre singulier voile, le flpetché fait de fils d’or, qui couvre le visage, les mains, et descend jusqu'aux pieds.

Le telpetché paraît devoir être rattaché au souvenir de ces divinités antiques cachées au fond du sanctuaire qui, sauf pour quelques rares initiés, étaient dérobées à tous les yeux. Ce serait une réminiscence des cérémonies publiques auxquelles donnait lieu le culte de la maternité universelle, Sous son voile mystérieux, la mariée remplit le rôle de la déesse. Elle reçoit le salut solennel de ses parents, amis et connaissances dans un défilé cérémonieux qui

dure quelquefois plusieurs jours, en se tenant à la place d'honneur du salon, debout, immobile, dans une pose hiératique, droite et raide, les mains croisées, les bras collés le long du corps ; de sa personne ou de son costume, rien ne se dérange, rien ne remue.

(Le dessin des personnages est emprunté aux photographies des Costumes populaires de la Turquie, ouvrage publié en 1873 à Constantinople par P. Sebah (texte par Hamdy-Bey et M. de Launay), sous le patronage de la Commission impériale de V Exposition de Vienne, et les détails du costume, ainsi que la coloration, sont pris d'après les modèles en nature exposés par l'Union centrale des Beaux-Arts appliqués à l'Industrie, Musée du Costume, 1874.)

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