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lith
Nordmann
pagne jusqu’à la cheville; les pieds sont chaussés de bas blancs et de paboudj de maroquin. Le pardessus est un djubbé à manches collant tout le long du bras jusqu'aux poignets où elles s’évasent et pendent en sabots échancrés en formes d’écussons. Ce dyubbé, qui peut s’agrafer par-dessus l’entari, mais que d’ordinaire on laisse flotter, est de même étoffe que l'entari, de l’un de ces tissus aussi solides que splendides qui ne se fabriquent nulle part comme en Turquie. Cesont des ouvrages absolument artistiques où l’on ne se préoccupe ni de régularité, ni d'économie, mais de l'effet pittoresque, tout en obtenant une œuvre durable. Leur couleur de lune et de soleil est formée de fils d’or, d'argent et de soie aux teintes vives et variées que, pour les nuancer encore plus, on mêle, au besoin, de coton, de chanvre et de lin, La tisseuse choisit ses matériaux fil par fil, les combinant dans chaque fleurette, dans chaque branche de feuillage, avec un goîtt inné des plus remarquables, Malgré tant de soins donnés par un artisan consciencieux qui ne sait produire que de belles et de bonnes choses, le prix de ce luxueux vêtement est relativement modique; ce costume tout entier, en y com-
prenant les moindres accessoires, depuis la chemise de beurundjuk jusqu'aux boucles d'oreille de filigrane, vaut 2617 piastres : 523 francs 40 cent. La qualité de ces brillants tissus est telle qu'une femme en a pour sa vie entière; les débris mêmes en seront encore bons,
N° 9, — Commerçant chrétien d’'Aïdin,
Ce marchand est un bakkal, un épicier, fournisseur de
l'huile d'olive, du vinaigre de vin, du caviar, du sucre et du café quotidien, etc., etc. Son jez est ceint du mouchoir, le mandil, dont l'enroulement irrégulier annonce une négligence d'homme occupé, que décèle encore son djamadan mal clos, retenu sur la poitrine par un seul bouton. Le salta à manches étroites, sans aucun ornement ; le chalwar de nuance discrète, tombant également sur le haut des chaussettes blanches ; les souliers noirs, témoigneraient de la simplicité des goûts de ce commerçant, n’était la fastueuse ceinture de soie et d’or frangée de tant de pompons, dont l’étalage bien oriental indique l’ostentation et la prospérité du négociant,
Le dessin des personnages est emprunté aux photographies des Costumes populaires de la Turquie, ouvrage publié en 1873 à Constantinople par P. Sebah (texte par Hamdy-bey et M. de Launay), sous le patronage de la Commission
* Impériale de l'Exposition de Vienne; les détails du costume ainsi que leur coloration sont pris d'après les modèles en nature exposés à Paris par l'Union centrale des beaux-arts appliqués à l'industrie, Musée du costume, 1874,
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