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MUSULMANS DE DAMAS, DE BELKA ET DES ENVIRONS

Fellah des environs de Belka.

Pièce de soie rayée, roulée autour du fez qu’elle cache en entier, ne laissant échapper que le long puskul (houppe de soie) qui retombe sur l'épaule. Entari de koutnou (solide étoffe de soie) serré à la taille par un kemer (ceinture) de cuir noir, piqué d’un double rang de dessins en fils d'argent ; une bourse à tabac en peau blanche est suspendue à cette ceinture. Machlah de tapisserie à fond blanc, bleu, rouge et noir, agrémenté de fioritures triangulaire, travaillées partie en tissu plein, partie en chiné. Tcharyk

en cuir mou, à courtes tiges et à semelles de feutre

blanc,

Druses, Bédouins, etc.

Fellahine des environs de Damas,

Fez ceint à sa base d’un mouchoir yemeni de couleur sombre et recouvert du tas tepelik, formant comme une enveloppe d'argent. Pendants d'oreilles d'argent filigrané. Colliers de boucles d'argent creuses, travaillées à jour et ornées de reliefs. Entari rayé et garni sur ses bords d’une dentelle d’oya façonnée en étoiles, Ceinture en tresses de soie et fils d'or, à franges courtes, retenant sur la jupe de l’entari l’eunluk, tablier de tapisserie noire agrémentée de cordelettes rouges et jaunes, disposées en deux bandes tressées qui pendent de chaque côté. Sur le tablier, un tchaprass, lourde agrafe d'argent en forme de plaque oblongue, ornée de cinq hauts reliefs également espacés d’où pendent, ainsi que du bord inférieur, des faisceaux de chaînettes terminées par

de minces croissants d’or qui s’entrechoquent (voir au sujet de la bijouterie orientale les planches AY et le Seau.) Paboudj de maroquin.

Pour sortir, cette femme s’enveloppe sous un bach eurtussu et un tcharchaf de soie. (Voir cette dernière pièce de costume portée par la figure n° 5.)

Dame de Damas ; costume d'intérieur.

Sur les cheveux, une pièce de mousseline claire maintenue par un anilik, élastique ruban d'or, sorte de couronne composée de chaînons carrés entilés sur une cordelette de soie et se fermant par devant au moyen d’un cliquet soudé sous la ferronnière qui la termine. Fistan, sorte de blouse longue, et chalwar de satin rayé. Le fistan est fermé au cou par une broche en filigrane d’or et retenu à la ceinture par une cordelière de soie à glands d’or et houppes de cordonnet ; le chalwar tombe en plis lourds au-dessus des pieds nus,

Pour faire quelques pas dans leurs appartements ou dans leurs jardins, les dames de Damas passent sur leurs pieds nus les brides de cuir brodées d’or du haut naleun, sorte de patin en bois précieux incrusté de nacre, d'ivoire et d'argent.

No 35.

Femme druse des environs de Damas; costume d'intérieur.

Les femmes druses, seules, dit M. Lortet dans La Syrie d'aujourd'hui (Tour du Monde, année 1880), ont conservé un ornement de coiffure qui remonte à la plus haute antiquité : c'est le éantour, corne creuse en argent chargée d’ornements ciselés ou repoussés, souvent d’une hauteur de plusieurs pieds, et portant sur la face antérieure des appliques en or incrustées de pierreries non taillées. Le tantour, fixé sur le sommet de la tête, s'appuie sur le pouchi, pièce d’étoffe nouée sous le menton, et se trouve maintenu par une espèce de gourmette en argent. Lorsque la femme druse revêt le costume de ville (voir la figure n° 11), le tantour a sa partie supérieure garnie d’un long voile, retombant eur le cou et les épaules. Plus la femme druse occupe un rang élevé, plus le tantour est haut.

Cette coiffure a son analogue dans le costume de quelques dames juives d'Alger (voir la planche la Gerbe, Afrique); son influence se retrouve aussi

dans les hennins si longtemps à la mode chez les dames françaises.

Le jour de son mariage, la femme druse met le tantour et ne le quitte plus, même la nuit ; aussi, pour reposer, se sert-elle d’un petit oreiller de bois en forme de chevet semblable à celui des Égyptiens et sur lequel dorment aussi, toujours pour ne pas déranger l'édifice compliqué d’une coiffure, un grand nombre de tribus africaines.

Dans la figure ci-jointe, de chaque côté du tantour reposant sur un pouchi de soie noire, est accrochée, par des anneaux d’argent, une mentonnière ornée de deux grandes rosaces de filigrane également d’argent, semées de boucles d’or travaillées à jour et gravées en relief, Du bas de ces rosaces pendent sur les épaules deux longs glands, formés de chaînettes d'argent terminées par des sequins.

Long entari hermétiquement fermé et djubbé trainant, tous deux de soie noire; une passementerie bordée de milliers d’œillets s'étend tout le long de ces deux vêtements et permet de les fermer au moyen d’agrafes.

À. hauteur de ceinture, le djubbé est maintenu à demi ouvert par un tchaprass d'argent,

Femme d’artisan de Belka ; costume de ville.

Ample machlak sur lequel est posé un {charchaf de

soie que de longues cordelettes terminées par des grelots d'argent, des glands et de grosses houppes, servent à attacher sous le menton. Autour du visage, ce tcharchaf est bordé d’une rangée de larges et épaisses piastres ottomanes en argent, mêlées à d'anciennes piastres espagnoles, ainsi qu'à des écus de six livres de France et à des thalers impériaux à l'effigie de Marie-Thérèse.

Le reste du costume est entièrement caché, à l’exception du fistan de cotonnade et de la pointe des paboudÿ.

POPULATIONS DU LIBAN : DRUSES, BÉDOUINS, etc.

Not:

Femme druse du Liban.

Voile épais et noir fixé à la partie supérieure du tan-

tour ; la femme druse ramène ce voile par devant et en tient, avec une de ses mains, les deux bords rapprochés aussi près l’un de l’autre que possible,

idot et CI Paris.

ln P. Firmin D

ne laissant à découvert que la place absolument nécessaire à un seul œil,

Costume complètement noir, à l'exception des tcharyk, chaussures, et des bas de coton blanc,

Entari fermé du haut en bas ; les manches en sont ajustées au poignet. Djubbé se boutonnant depuis le menton jusqu’à la ceinture à l’aide de petits boutons de soie ; son corsage et ses manches sont ajustés et fermés. Lourde agrafe d'argent fixée sur le haut de la jupe au moyen de deux plaques de même métal, maintenant cette jupe collée aux hanches, d’où elle tombe à terre en longs plis traînants.

Druse du Liban.

Les Druses sont un reste des sectateurs du calife fati-

mite Hakem Biamrallah; ce sont des schismatiques musulmans.

Fez de forme haute et droite, revêtu d’une bande de feutre blanc roulée en ad) ou couronne orientale. Au cou, pend une solide corde de soie rouge terminée par des houppes ; elle soutient, à hauteur de ceinture, le pala ou cimeterre au riche fourreau d'argent et de velours. Dessous l’aba, se trouve un entari de soie noire à longues manches, serré à la taille par une ceinture de feutre blanc dans laquelle est passé un petit couteau à manche cylindrique en ivoire. Tcharyk à épaisses semelles de feutre blanc, commode pour la marche en pays montagneux. Ce Druse tient à la main la balta, terrible hache à lame d’acier en forme de large croissant; le lourd manche de frêne dont cette arme est pourvue se trouve

retenu au poignet au moyen d’une corde de soie, ‘

garnie de glands et de houppes à son extrémité.

Musulman du Liban,

Fez de feutre à puskul de soie, caché sous les plis réguliers d’un saryk de mousseline blanche. Mintan de soie à mille raies collant sur la poitrine; les manches descendent sur les maïns en dépassant celles beaucoup plus larges du salta de drap foncé à petit collet droit et relevé. Chalwar de drap pareil à celui du salta, tombant en plis bouffants sur des bas de coton blanc. Chaussures en maroquin. — Le musulman du Mont Liban, quoique de mœurs douces et tranquilles, porte aussi des armes. Son arsenal consiste en un fusil qu’il ne prend que rarement,

en un couteau-poignard au manche de corne et au fourreau de bois recouvert de maroquin, et en une lanière de cuir noir où sont passées, par-dessus sa ceinture d’aba blanc, une cartouchière et une giberne de maroquin brodé d’or.

Musulmane du Liban,

Fez de forme droite, surmonté d’un £epelik d'argent ;

autour de cette pièce d'orfèvrerie s’épanouit un puskul de soie floconneuse. Quadruple chaîne à laquelle est rattaché, par quatre anneaux, un grand triangle d'argent ciselé. Le long des deux faces de ce triangle suspendu la pointe en bas, s’agitent et résonnent des sequins d’or; c’est un talisman. Ceinture à longues franges. Bracelets en filigrane d’argent avec boucles d’or. Pendants d'oreilles en argent. Deux chemises en soie blanche cuite, dite bewrundjuk, celle de dessous collant au corps, celle de dessus large, se voient par l’échancrure d’un entari de drap ajusté sur le buste; cette pièce du costume est ouverte par devant et fendue sur les côtés. Caleçon de drap. Chaussettes de coton. Paboudÿ.

Femme bedewi du Liban.

Dans ce costume de tournure biblique, deux mouchoirs

composent la coiffure : l’un s'étend comme un voile sur les bras et sur le dos, tandis que l’autre est roulé autour de la tête. Long djubbé à collet droit boutonné sous le menton. Kemer, ceinture de cuir ornée de clous d'argent, dans laquelle est passé le sebil, pipe dont la femme bedewi fait usage. Le salta est ici une large veste; ses manches, celles du djubbé et celles de la chemise, forment un triple étage de draperies. Bottes en maroquin,

Bedewi du Mont Liban.

Kéfié de soie, maintenu par une corde de poils de

chameau nommée akal, roulée autour de la tête en double couronne; cette corde est recouverte d’une étoffe noire lustrée qui tranche en lignes sombres sur les tons éclatants du kéfié bordé d’une frange de cordelettes en fils d’or terminées par des nœuds et

des houppes. Chemise de coton à larges manches. Djubbé de fin aba noir fermé par un kemer, ceinture en tissu d'argent. Cette ceinture est garnie du Lama, couteau à lame droite et à double tranchant, et d’une bourse à tabac en peau d'agneau. Machlah de laine rayé de larges bandes alternativement noires et blanches. Larges bottes de maroquin à tiges plissées.

Tchibouk à tuyau court taillé dans une jeune tige

de palmier, à Zulé (fourneau) façonné au couteau dans une bille de bois de caroubier.

Ce nomade plante sa tente noire et blanche au pied du Mont Liban. Ainsi que la généralité des membres des tribus errantes, il vit des produits de ses troupeaux et des denrées qu’il achète avec le prix des tentes, des tapis et des sacs qu’il fabrique. Son costume presque tout entier est l'ouvrage de ses mains.

Le dessin des personnages est emprunté aux photographies des Costumes populaires de la Turquie, ouvrage publie en 1 . ; 1873, à Constantinople, par P. Sébah (texte par Hamdy-Bey et M. de Launay) sous le patronage de la Commis- ; pe, L y 1 sion impériale de l'Exposition de Vienne. Les détails du costume, ainsi que la coloration, sont pris d'après les modèles en nature exposés par l'Union Centrale des Beaux-Arts appliqués à l'Industrie, Musée du Costume, 1874.

GC

TURQUIE

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