PARURES, OBJETS USUELS, ETC
Laponie. — Au sujet des n°5 62 et 68, le Lapon chaussé des raquettes, et la pipe de métal à bout de june, voir
la notice, pl. BT.
Islande. — Ce qui la concerne ici se rapporte aux n°5 65, 67,69, 72, 79, 83, 86 et 87, à rapprocher du n° 48, pl. B R.
En Islande, les hommes avaient autrefois un costume national ; ils l'ont modifié peu à peu,
et maintenant leur jaquette de vadmäâl, leur long
gilet de drap, paraissent taillés sur Le même
modèle qne la veste et le gilet des paysans de l'Alsace. Nous ne montrons done l’Islandais, qu'avec les pièces de son costume intime, ou avec sou vêtement de pêche.
N° 72. — Famille de Hnappavellir. — L'homme porte No 74, — Costume de pêche, fait de peau de phoque
une épaisse chemise de molleton de laïne, une culotte de feutre soutenue par des bretelles se croisant sur la poitrine, des bas de laine montant pardessus les genoux de la culotte, des souliers de cuir dont les lanières s’enronlent au bas de la jambe, Le costume de la femme complète l'exemple n° 48, pl. BR; c'est une robe du même genre qne celle de la jeune fille, avec le même collet s’évasant en col vidé. On y voit les galons décorant le dos, couvrant la couture de la manche, et encore des galons de laine disposés en cinq rangées au bas de la jupe (le n° 72 bis indique le genre des broderies de ces galons): cette femme porte le gant épais en laine, sans autre division que celle du pouce, dont on orne le dessus de quelque broderie en couleur. Sa chevelure, de peu de longueur, flotte librement ; elle est coïffée d’un bonnet en feutre dont la pointe se replie sous le poids d'un gland long et fourni rappelant le pusbul
c’est-à-dire imperméable. — La blouse courte a un capuchon ; les pantalons, serrés à la cheville, sont soigneusement reliés à la chaussure. La coiffure est un bonnet de feutre du genre napolitain, ou un chapeau rond, tronqué bas, à bords peu larges.
N° 86. — Selle de femme en cuir, garni tout autour
d'une laine fraugée. — Le dessus, qui reste nu, est recouvert d'un coussin. L'arçon et le côté circulaire du siège sont en boïs sculpté; les rinceanux d'ornement s’y combinent avec des figures fantastiques d'hommes et d'animaux. La femme s’y tient les denx pieds posés sur la planchette suspendue. Toutes les Islandaïises montent à cheval; l'emploi en est commandé par l'état du pays et les longnes distances qui séparent généralement les localités. Le n° 69 montre la tournure que la haute coiffure en cimier donne à l’Islandaise équestre.
du fez oriental, (Exemple isolé, n° 65.) Les Islan- N° 67. — Tabatière en cuir à monture de cuivre, dont
daises s'entendent à poser coquettemeut cette coiffure originale, en la faisant incliner de côté,
la forme élégante rappelle certaines formes de pulvérins d’arquebusier,
N° 79. — Ornement de ceinture en bronze, d’un filigrane grossier, dont le décor régulier est bien réparti. N°5 83 et 87. — Boutons ajourés, à figures de gre-
lots, terminés par un pendant mobile, dans l’un desquels ou rencontre comme un rappel de la clé du Nil des anciens Égyptiens.
Ces exemples, s’ajoutant à ceux des fragments de broderie de la pl BR, permettent de reconnaître que le peuple grave et silencieux des Islandais, signalé comme étant celui qui est peut-être le plns dépourvu du sentiment de la musiqne, est du moins ponrvu de ce que l’on peut appeler l'œil rythmique, ainsi qu’en témoignent ses ornementations régulières, bien ordonnées. L’Islandais montre une aptitude particulière pour tons les ouvrages d'industrie ; obligé de pourvoir lni-même aux choses dont il a besoin, il fabrique avec de la corne fondue des boucles pour les brides et des cuillers. IL tisse les draps, tresse ses cordes avec la laine que, dans la même chambre, la femme carde, foule et teint. Il fabrique avec des os de baleine des aiguilles, des boutons, des manches d'instruments. Un morceau de lave Ini sert de marbeau, un bloc de pierre, d’enclume. A force de patience il seulpte fort bien et fait des œnvres d'orfèvrerie remarquables. Les meubles témoignent parfois d’un vrai talent; aussi, l'œuvre
finie, le paysan la signe volontiers.