‹ Le costume historique vol. 6 1888Chapitre 14 sur 140 · SUÈDE ET NORVÈGE · texte numérisé non relu

SUÈDE ET NORVÈGE

Figures d'ensemble, n°3 80, 81 et 95.

N° 80.— Scanie, district de Jerrestad.

Jeune femme portant la toilette des relevailles, — Selon une coutume chrétienne, la femme relevant de ses couches doit être de nouveau reçue dans l’église, ce qui donne lieu à une cérémonie pour laquelle elle revêt une grande toilette, rappelant la nuptiale, mais cepeudant d'un caractère spécial,

La bijouterie orfévrie est celle du jour des noces, mais la coiffure n’est point la couronne ; c’est une pièce d’étoffe blanche dont les denx bouts volumineux et raides tombent des deux côtés, en s’écartant; cette coiffure est d’un arrangement compliqué, de ceux qui nécessitent l’intervention de la paysanne coiffeuse, Avec cette enveloppe de la tête on porte une cape ou manteau, qui n’estautre qu'un jupon posé sur les épaules, la taille formant le col. (Voir au sujet de cette cape, le n° 81.) C'est dans cette toilette pour sa nouvelle réception, que la femme se tient dans la salle d'armes où l’on vient la chercher en cérémonie,

La salle d'armes est une pièce inhérente à tout temple suédois. Personne ne devant entrer armé dans l'église, on y déposait jadis les armes; aujourd'hui on y met les cannes, exclues à titre d'armes, et qui s'y trouveut en quantité au moment des offices.

C’est en effet une arme véritable que la canne garnie de sa dragonne que porte font paysan suédois. L'usage de l'escorte armée, conservée dans les processions, particulièrement dans celles du deuil, où les hommes et même les petits garçons doivent porter leur canne, est un dernier vestige de la protection dont le clergé eut souvent besoin à de certaines époques. C’est une tradition analogue que celle des chevaliers de la noce qui figurent au nombre de huit ou dix, en Dalécarlie, dans le cortège unptial, y précédant les demoïselles d'honneur, la mariée étant elle-même conduite par le rudiman ou soldat du quartier, Ces cannes défensives sont une survivance de ces temps du moyen âge où le rapt et le viol re passant pas, en Suède, pour un crime, une fiancée ne pouvait être conduite en sécurité à l'autel que sons une nombrense escorte de paranymphes,

N° 81.— Scanie, district de Torna hârad.

Femme dans le costume du grand deuil. — Le ju-

pon noir fait exprès, en prévision du deuil, est posé sur latête, cachant le visage de manière à n’en laisser guère: voir qu'un œil; il a la figure d'une longue cape. Forsell dit malicieusement que ce système a dn bon, surtout pour une veuve jeune pleurant un vieux mari, et ayant quelque difficulté à montrer ses larmes.

Quelquefoïs les femmes donnent à cette espèce de manteau la forme d’un jnpon sur lequel le corsage,

sans manches, est cousu, et elles le disposent de maniére que la partie visible du visage l’est par le trou d'emmanchure.

Lorsque la parenté est assez éloignée, les femmes, tout en portant le corsage et le tablier noir, ne mettent point de cape et se contentent d'une toile blanche bordée de dentelle de forme rectangulaire, dont la tête est couverte, qui est simplement agrafée sous le menton, en encadrant étroitement le visage des deux côtés et qui s'étale sur les épaules.

La cape verte, bleue ou noire, selon les circonstances, que l’on voit toujours aux femmes de Saillé, dans la Loire-Inférieure, offre, par la nature de ses divers emplois, une analogie frappante avec le jupon porté en cape par les femmes de la Scanie,

À Saillé, toute Bretonne devenue mére doit se présenter à l’église pour la cérémonie des relevailles, et cette femme, qui revêt alors la parure et les vêtements de ses noces, y doit ajouter l’er-ventel, le plus souvent bleu pour cette circonstance, enveloppan tout le haut du corps.

L’er-ventel noir sert aussi de cape de deuil comme la jupe noire de la Suédoise, Les Bretonnes le portent à la suite d'un convoi, et le dimanche à la grand’messe, pendant toute la durée du deuil d'un proche parent.

« L'usage de cet emblème de deuil, dit M. Léon Bureau (la Mélusine, 1878) est évidemment antérieur à toute tradition, mais le plus surprenant, c’est que Ja provenance des manteaux est elle-même inconnue. »

L’er-ventel n’enveloppe que la partie snpérieure du corps ; il est épais, d’un tissu extrêmement grossier, garni en dehors et surtout au bord supérieur de longs poils de laine peignée. Ce lourd manteau hyperboréen d’uns signification si précise, et d’un poids si gênant en Bretagne, nous paraît d'autant plus y avoir été apporté de l’ancienne Scandinavie, qu’il est encore une autre tradition propre à appuyer cette donnée : la coutume de faire servir en signe de deuil quelque pièce du costume ordinaire, simplement changée de place et disposée d’une façon particulière, dans le genre de ce que l'on voit ici du jupon de la Scanienne.

Dans la presqu'ile de Rluys, au débouché du Morbiban, les femmes de Kerner, ainsi que celles d'Arzon , ne portent en tonte saison que des robes et des corsages noire ; rien de plus facile pour elles que de se mettre en deuil. Les Arzonnaïses détachent simplement leur tablier noir et se l’attachent sur la tête comme un voile de religieuse qui ne laisse apparaître

autour du visage que le filet blanc d’une coiffe empesée (M. de Saint-Juirs, dans J'ai tué ma femme). À Torna-Härad, les hommes ne portent pas le noir pour le deuil, mais-la couleur bleue qui est aussi celle des bas et des jupes de la femme en deuil, qui n’a de noir que ses vêtements supérieurs, le tablier, le corsage et la cape. En Dalécarlie, il doit y avoir du jaune dans le deuil. Dans la Sudermanie, le manteau noir du deuil de la veuve est doublé de rouge.

N° 95. — Sudermanie, paroisse de Wingâker.

Costume d'hiver ; femme et son enfant après qnelques années de mariage. — Ia coiffure portée par la sjelfvan, la femme mariée (sjelfen pour l’homme) est un bonnet couvrant toute la tête, au-dessus duquel est posé un second bonnet rouge brodé d’une soie jaune vif, nommé charlakana-mossa. Ce dernier est tout à fait plat et, par. derrière, le fond reste visible; le dessus est recouvert par une espece de fichu qui l'enveloppe et se noue sur la nuque (voir les n°5 49, 50et63). En hiver, ces femmes portent la pelisse de peau de mouton, garnie de son poil tenu à l’extérieur, eb étroitement close sur la poitrine par une ceinture en drap rouge.

L'enfant est enveloppé d’une pelisse de même sorte, s'agrafant au col et à la hauteur de la taille ; elle est garnie de poches pour les mains. Le bonnet de laïne a la couleur rouge du Love norvégien, et quelque aspect du bonnet phrygien,

Coiffures.

Nos 49, 50, 68. — Divers aspects du double bonnet recouvert d’un fichu transparent. Sudermanie, paroisse d'Orteratha, district d'Oppnnda. Même genre à Wingäker.

N° 51. — Bonnet de lingerie; diocèse de Bergen.

N°0 52. — Profil du bonnet porté dans l’Aggerhus, à Hallingdall; mousseline, soie et dentelle.

N° 53, — Bonnet de femme, noir, brodé en couleurs. Suëde.

N° 55. — Coïffure de mariée, en mousseline montée sur fil d'archal ; dentelle, fleurs artificielles, ruban de soie. Suède.

N° 56. — Coiffure de Hallingdal, diocèse de l'Agerrbus.

No 57.— Bonnet du genre de ceux que l’on voit portés par les fiancées, dansla Scanie. Coïffe de toile, larges brides ornées de dentelles qu'on n’attache pas. Fond plat en laine, brodé de laine, entremêlé de perles, ayant la forme d'un disque d'une légère profoudeur ; le bord en retour est orné de petites plumes

d'oiseau ; au bas pendent deux rubans de soie à dessins. L'avaucée du fond du bonnet, disposée en coques, est d'un tissu d'argent.

No 58, Bonnet de mariée suédoise, du genre de ceux que l'on appelle la couronne de laiton; il est vu par derrière. La coïffe, recouverte de mousseline et de carton, est richement décorée en bandes horizontales de monnaies d’or, de perles d'argent, de verroteries de conleur; de chaque côté de la partie supérieure du bonnet, une plume de coq s'épanouit, des fleurs artificielles sont posées an-dessous, de chaque côté. Au bas de la coiffe, aux angles, pendent des touffes de rubans de soie brochée de dessins et de diverses couleurs tendres,

N° 59. — Bonnet de Sogun, diocèse de Bergen, partie nord.

N° 60. — Bonnet de feutre, dont la partie supérieure. est en disque plat. Cette curieuse coiffure est de Valden, dans le Romsdal,

N° 61, — Bonnet de femme ; le nœnd se trouve au-dessus du front, Nummédal, bailliage de Buskerud, diocèse de Drontheim.

N° 66. — Fond de bonnet en soie, décoré par des rnbans de soie, et par un flot de rubans tombant dans le dos, Suède,

N°70. — Bonnet de lingerie ; Hardanger, diocèse de Bergen.

No 71. — Bonnet vu par derrière, noir, brodé en couleurs, orné de rubans de soie brochée. Suëde,

N°73. — Bonnet en petit héguin, noir, hrodé en couleurs, Suède,

No 75, — Coïffure de mariage, Le fichn noué sur la tête est en laine ; la couronne n’est qu'un fond décoré de monnnaies d’or en rangées serrées, formant quatre cercles brillants. Stœærdalen, partie nord dn diocèse de Drontheim,

N° 76, — Léger bonnet de lingerie, orné d’un large ru-

ban de soie de couleur tendre, Cette coiffure est un des caprices familiers aux femmes de Warend, particulièrement élégantes, Province de Smaland,

N° 77, — Béguin en soie brodée. Suède.

N° 78,— Profil du bonnet à ailes porté à Vos, diocèse de Bergen.

N° 82.— Bonnet porté à Nordmore ; bailliage de Romsdal, diocèse de Drontheim.

N° 90.— Bonnet de Sogn; diocèse de Bergen,

N° 91. — Bonnet delingerie, même diocèse,

N° 93. — Coiffure de Flesberg, dans le Nummédal, bailliage de Buskernd,

N° 94, — Bonnet de noce à l'usage des hommes à Stærdalen, diocèse de Drontheim. Il accompagne le n° 75,

Le n° 64 offre le détail des agrafes de cuivre fixées au corsage ou à la ceinture lacée des Dalécarliennes. Le n° 54 qui reproduit la configuration de la maisou d'Ornas, célèbre par l'abri d’une nuit qu'y trouva Gustave Wasa, au milieu les plus grands périls, offre le type de l'extérieur du châlet. Ce mauoir rustique, conservé avec soin, est un spécimen que son ancienneté certaine rend, d'autant plus in-

téressant, (Voir la notice pl, B P.)

Flambeaux et candélabres.

N° 84, — Flamheau en cuivre. Hauteur, 0,30.

N° 85. — Trépied en fer peint à deux becs, surmonté d'un coq. Hauteur, 0,45.

N° 88.— Candélahre eu cuivre à trois hecs et un montant central pour ficher une grosse chandelle. Hauteur, 0M,40.

N° 89.— Candélabre très ancien à quatre hranches, portant cinq bougies; orné de pendants en facettes.

N° 92, — Trépied très ancien; fer peint arrondi en spirale ; deux hecs. Hauteur, 0,25.

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