‹ Le costume historique vol. 6 1888Chapitre 135 sur 140 · FEMMES · texte numérisé non relu

FEMMES

riche serre-tête, et, eontrairement aux autres coiftes, c’est au foud que sout fixées les longues brides que l’on voit ici flotter dans tout leur développement.

Quel que soit le mode de coiffures spécial à chaque région, les femmes bretonnes, dans toute espêce d’acte religieux, ont l'habitude de détacher les brides deleurs bonuets : en Cornouaille, le jour des offices, c’est avant d'arriver au bourg qu’elles enlèvent les épingles qui maintieunent reployées les brides de fin lin ; dans les campagnes du pays de Tréguier et de Lanniou, les femmes laissent flotter sur leurs épaules les deux ailes de leurs coiffes blanches,

Ce bonnet est tout à la fois une coïffe et un serre-tête: étofte brodée d’or, d'argent et de soie ; fond en linon plissé; brides de couleur.

SABLAISES.

Les Sables-d'Olonne sont habités par une des populations les plus robustes de la France ; les hommes sont d'habiles pêcheurs de sardines, les femmes secondent lenrs maris et se livrent, de plus, à la culbure ; la plupart demeurent daus le faubourg de la Chaume, situé à l’ouest du port.

Leur costume a un caractère géuéral que varient surtout plusieurs genres de coiffures ; la plus élégante est celle dont on voit nu exemple dans la figure n° 16, la coiffe frisée on cabriole.

Daus leur travail, les Sablaises marchent presque toujours pieds nus. Par les grands froids,

elles sont chaussées de sabots et de patines, avec des bas sans pieds, appelés wiroles, eb vêtues de cette même mante que portent les femmes de Batz pour leurs relevailles (voir n° 12), c’està-dire du ventel descendant à mi-corps, recouvert de huit à dix livres de laine teïute en bleu où en noir et tordue en écheveaux nommés bouchons. Les veuves des marins portent cette

mante, même pendant l'été, comme vêtement de deuil.

No 16.

Poissonuiere sablaise; costume dn dimanche.

Cubriole de toile aux brides flottantes. Collier et bou. cles d'oreilles d'or. Camisole de laine aux mauches bouffantes, et recouverte d’un châle à franges croisé sur la poitrine, Jupe de molleton. Tablier rayé, dont l'une des poches contient un couteau suspendu à une chaîne d'argeut accrochée dans la ceinture. Bas de laine, Chaussures de cuir.

Ni Maraïichère des Sables,

Petite coîffe de toile, garnie d’une seule bride noire se nouant sur l’un des côtés et encadrant étroitement le visage. Casaque de laine légérement décolletée, aux manches ornées de parements de velours. Robe de même étoffe que la casaque, Tablier à corsage couvrant un châle de laine tissée croisé sur la poitrine. Bas de laine. Souliers de cuir garnis de rubaus de soie, Cœur et croix d’or suspendus à une ganse uoire.

POPULATION SALICOLE DE LA PRENQU'ILE DE GUÉRANDE ; DÉPARTEMENT DE LA LOIRE-INFÉRIEURE,

À l'extrémité ouest de la Loirc-Inféricure, s’étend une péninsule uniquement habitée par des paludiers, répartis dans une demi-douzaine de villages entourés de marais salants.

Le village de Saillé, à une liene de Guérande, e& le bourg de Batz, placé à une distance double, peuvent étre regardés comme les deux points les plus importants ct les plns curieux de la presqu'ile. Là se trouvent les types de ectte race péninsulaire qui tient au celtico-aquitain de la Loire par la haute taille, et au celtico-breton de l’Armoriqne par sa vitalité et son énergie,

À Saiïllé conune à Batz, la population est restée pure de tout alliage; car la contume des habitants de la région, de ne se marier qu'entre gens de la même commune, a été observée dans ces deux localités plus rigoureusement qu'ailleurs, à cause de Pindustrie toute spéciale des habitants, de la langue bretonne et du costume traditionnel fidèlement conservé. Mais il en est résuléé, à Batz et à Saillé, un nombre considérable de personnes portant nn même nom de famille ; aussi ne s'y reconnaît-on qu’en ayant recours aux surnoms qui sont d’un usage général.

« Ilienne » du bourg de Batz; costume de relevailles.

La pièce capitale du costume des « Iliennes » de Batz est le ventel, mante faite d'un tissu extrêmement grossier, garni en dehors, et surtont au bord supérieur, de longs poils de laine peignée et teinte en vert ou en noir, selon les circonstances, Depuis uu temps immémorial, on se transmet, dans les familles, ces singuliers vêtements dont la trame est inusable, et on les entretient toujours neufs en y repiquant, de temps à autre, une nouvelle toison,

Lorsqu'une femme de Batzse présente à l’église pour la cérémonie de ses relevailles, elle met des vêtements noirs et se couvre de son épais entel à laîne verte; puis, prenant au bras un panier rempli de petits morceaux de pain, elle se dirige vers le bourg, accompagnée de quelques proches parentes.

La messe pieusement entendue, la nouvelle accouchée parcourt l'église, offrant aux assistants le pain que le prêtre a béni, puis elle reprend la ronte de son village. Chemin faisant, elle offre encore aux personnes qu'elle rencontre quelques morceanx de pain bénit qu'on mange en se signant et en récitant à l'intention de la jeune mére un Pater et nn Ave,

Nes 14 et 15.

Costumes des mariés de Saillé.

N° 14. Les cheveux de la jeune marite sont divisés et tressés avec soin, cnroulés dans une bandelette et ramenés sur le front de manitre à former une cou-

ronne. Petite coiffe de batiste terminée en pointe et dont les deux aïles flottent sur le cou. Sur cette coiffe, est posée une couronne de fleurs d'oranger. Grande collerette de dentelle. Corsage violet aux manches rouges garnies de parements en drap d’or brodé de soie; sous ces manches apparaissent deux ou trois autres manches blanches étagées, Pièce haute et roide, composée de rubans dorés cousus ensemble et montés sur une espèce de plastron qui couvre toute la poitrine. J'upe de laine, Tablier de soie violette sur leqnel retomhe une écharpe de soie aux bouts frangés. Bas rouges à coins dits & Jourchettes. Souliers à rubans.

No 15. Grand chapeau à trois pics dont l’un est relevé sur le côté. Col de chemise rabattu. Premier gilet de basin blanc croisé sur la poitrine, à hauteur de cou, et cachant complètement la chemise ; il est très long et couvre le ventre. Second gilet un peu moins long, en flanelle blanche boutonnant droit et laissant

paraitre celui de dessous. Troisième gilet de drap bleu foncé moins long que les deux autres, un peu fendu sur les hanches et garni, antour des boutous ‘et des boutonnières, d'un liseré vert. Sur ces trois vêtements, se porte la chemisette, espèce de veste ronge tombant droit et moins longue qne les gilets. Cnlotte de toïle courte et bouffante serrée aux genoux

par une rosette flottante, Bas blancs et souliers de daim jaune,

Les jours de travail, le paludier porte un long sarrau de toile blanche, muni, sur la poitrine, d'une large poche ayant deux ouvertures verticales. Lorsqu'il est en deuil, il jette sur ses épaules un petit mauteau noir,

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