TYPE DE L’ANCIENNE HABITATION FRISONNE
Le Frison, fort propre, sans pousser la recherche jusqu'aux soins méticuleux qui ont rendu légendaires certaines fermes de la Noord-Holland avec leurs étables sablées et carrelées de faïence, apprécie, comme tout Néerlandais, l’intérieur confortable, sans toutefois s’isoler, comme on le voit dans certaines parties de la Hollaude, où toutes les maisons sont entourées d’un large fossé d’eau. Sa maison n’est pas inabordable, et son origine orientale se décèle par les tonalités étranges qu’il applique à son mobilier, amalgame bizarre de tons violents, papillotage extravagant, qui cependant rappelle dans son ensemble les peintures persanes pour les cachemires de l'Inde.
La maison à laquelle est emprunté l’intérieur représenté, et dont le type se répète fidélement dans les cinquante exemplaires pareils de Hindeloopen et de Molkwerum, se compose de deux étages et d’un grenier. Elle a son pignon sur la rue; il est à arètes lisses, sans les degrés ni les redans si fréquents en Hollande. Une frise en briques blanches et noires alternées, formant une sorte de damier, sépare le rez-de-chaussée du premier étage, et se répète entre le premier étage et le grenier. Cette seconde frise sert de base au triangle formé par le pignon ; triangle équilatéral. La façade ainsi divisée est percée de six ouvertures, trois an rez-de-chaussée, deux fenêtres, dont une principale, et une porte. Le premier étage ne compte que deux petites fenêtres cintrées comme celles du rez-de-chaussée, étroites et longues, n'ayant qu'un seul carrean en largeur, reléguées aux deux extrémités de la façade, et séparées par un massif sans ornement ni décoration. Le grenier est éclairé par une grande lucarne, de forme circulaire, au milien du pignon, au dessus de l'intervalle plein du premier étage.
Le mobilier, dont les colorations possèdent, ainsi qu’on le voit, un parfum oriental très accentné, ne conserve nullement nn caractère intéressant dans ses formes générales. S'il y à là un style, c’est du Louis XIV alourdi. Parmi les rinceaux et les guirlandes, des cartouches réservés servent à loger des amours bouffis, des personnages bibliques, ete., tout cela
est d’un goût absolument bâtard, sans antre intérêt, et s'applique à toutes les pièces volantes du mobilier, depnis le concon jusqu’à la chaufferctte, et depuis le bahut au sommet en pnpitre, qui semble nn prie-Dieu devant l'image voilée dans son cadre qui le domine, jusqu'anx tables pliantes, peintes à leur envers comme par dessus, qne la ménagère vent toujours facilement transportables et ne tenant pas de place pour n'être pas gênée dans ses fréquents lavages. Le berceau de Feufant sur son trône reçoit nne décoration analogne, eb de même l’escabeau de trois échelons indispensable pour parvenir au lit encastré. Il n’est pas jusqu’à la chaise de paille dont le bois ne se trouve recouvert d’un vert tapageur.
C'est une singulière contradiction qne ce mobilier de coloris criard se rencontrant avec le bois sévère de l’alcôve contenant deux lits dont on voit la disposition an fond de la pièce, couches dont le châlit est suspendu dans chaque alvéole fermée pendant le jour par les deux battants aux ajourés bouchés par de petits rideaux, cloison ininterrompue au milien de laquelle trône la bassinoïre de cuivre, et dont la base est plaquée de la faïence dont les murs sont révêtus, tout au moins d'un papier qui limite, et dont la frise et la corniche sont chargées d’assiettes, de plats et de coupes de Delft, quand ces objets ue sont pas japonais ou chinois.
Quel qu'ait été le caractère du mobilier volant du seizième siècle, par exemple, que rappellent seuls ieï le babnt, hissé sur de petits tréteaux, et la muraille de bois où les alcôves semblent les tiroirs d’une gigantesque commode, on ne saurait supposer que cette chambre où l’on fait la cuisine, où l'on mange et où l'on dort, et où l’activité de la propreté traditionnelle de la femme s'exerce sans cesse, ait jamais été occupée par des meubles plus importants et plus à demeure. La nndité des murs, les meubles transportables, c'est le caractère général de la chambre orientale, sans compter le revétement de faïence si souvent appliqné. De l'ensemble de ce mobilier nous ne relèverons qne ceci. Le lit encastré est d’un usage très répandu dans la Noord-Holland, particulièrement parmi les populations maritimes, où il est même souvent à plusienrs étages ; seulement celni des antiques maisons frisonnes, comme on le voit ici, est exactement le même qui existe encore en certaines localités de la Bretagne ; et, par une autre singularité à remarquer, le bahut, le senl meuble conservé dans Ka pureté de son art, le bahut des ancêtres, anquel tont en le surhanssant, en le posant sur des tréteaux à son usage, on n'a point youlu enlever son caractère de coffre transportable, est absolument le même qne l’arche dn celtique armoricain, cet autre asiatique.
Nons n'avons rien à dire de l’âtre et dn manteau de la cheminée. On sait que le chauffage s’y fait avec les seenen, les terres sulfurées, boue séchée à l'air, dont les morceaux tranchés en carrés longs de six pouces sur quatre sonk proprement ce qu'on nomme #wrbe.
Cette chambre frisonne de Hindeloopen, exposée comme éype, est celle que la Section Néerlandaïse avait fait construire à l'Exposition internationale de 1878, à Paris.
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