‹ Le costume historique vol. 6 1888Chapitre 65 sur 140 · FIGURES TYPIQUES ET HISTORIQUES · texte numérisé non relu

FIGURES TYPIQUES ET HISTORIQUES

N° 1 et 2.— Paysan et paysanne des envirous de Cracovie, en tenue de travail. D’après un tableau du quatorzième siècle conservé à la cathédrale de Cracovie.

N°3.— Gentilhomme de la seconde moitié du quinzième siècle, D'après une chronique tchèqne de Pulkawa.

N° 4. — Gentilhomme de la même époque. D'après un tableau de la cathédrale de Cracovie.

N°5 5 et G.-— Bourgeois et gentilhomme. Costumes portés entre 1333 et 1434, D'après un tableau de la cathédrale de Cracovie, |

N° 7.— Paysan du palatinat de Mazovie.

N° 8. — Le grand-maître de l'Ordre Tentonique.

N° 9, — Kasimir le Grand, roi de Pologne, mort en 1570, à l'âge de scixante ans, après en avoir régné trente-sept, IL fut le dernier roi de la dynastie des

Piasts. D'après la statue de son tombean à la cathédrale de Cracovie.

N°10. — Hedvige d’Anjon, reine de Pologne (1384), petite-fille de Kasimir le Grand, et fille de Louis d'Anjou, roi de Hongrie et de Pologne. Par suite de son mariage avec Vladislas Jagellon, grand-dne de Lithuanie (ou mieux Litvanie), ce dernier État fut

: uni à la Pologne. Hedvige mourut en 1399. D’après un sceau du temps.

No11.— Vladislas Jagellon, graud-due de Lithuanie ct roi de Pologne, mort en 1434. D'après son tombeau à la cathédrale de Cracovie,

No12.— Viadislas, dne d'Opolé (Oppeln, en Silésie polonaise), palatin de Hongrie, neveu du roi Lonis d'Anjou. Il était issu de la dynastie polonaise des Piasts, D’aprés un sceau de 1378. (Armure princière d'origine occidentale.)

Tout ce qni tonche au costume slave en général, et en particulier an cosbume polonais Jusqu'au premier quart dn quatorzième siécle est longnement détaillé dans la notice qni accompagne la planche ayant pour signe L couronné. Celle dont nous nons oceupons montre la continuité des mêmes traditions et ne donne lieu, pour le quatorzième et la premiére moitié du

quinzième siècle, à ancune remarque nouvelle,

Nons devons néanmoins rappeler que les costumes royanx et princiers, dont nons donnons ici la reproduction, sont des costumes d’apparat, et s’éloignent notablement de ceux de la vie qnotidienne, bien qn’on y reconnaisse dans la coupe les principales pièces dn vêtement national.

En ce qui concerne le costume de la noblesse, dont le type par se voit au n° 6, c’est toujours le joupane qni constitue l’habit national par excellence. Néanmoins il est essentiel d’avertir

le lecteur que de tout temps on rencontrait en Pologne, en plus on moïns grand nombre, les costumes les plus divers empruntés à l'étranger, tantôt sans aucun changement, tantôt en leur faisant subir des modifications. L’invasion des modes occidentales prend des proportions plus grandes au quinzième siècle, à la suite du développement des relations Internationales, par les mariages des rois de Pologne avec des priucesses étrangères, par les voyages et la fréquentation des nniversités de l'Occident par la jennesse polonaise.

Vers la fin de ce siècle apparaît un vétement de dessous, à manches fendues (voir le n° 4), emprunté à l'Orient asiatique et qui fit ensuite partie du costume national, sous le nom de konlouseh. Nons renvoyons ici pour les détails à la notice de la planche ayant pour signe le P couronné, de même qne pour les costumes populaires (n° 1, 2 et 7) de notre planche.

Le costume du grand maître de l’ordre Teutonique (n° 8) est absolument étranger à la Pologne, et ne figure ici qu’en raison du grand rôle que cet ordre joua dans l’histoire de ce pays. Fondé en 1128, à Jérnsalem, par les Allemands, cet ordre religieux, hospitalier et militaire à la fois, acquitsuccessivement tant de biens en Allemagne qu'un siècle après il en forma une proviuce, confiée à la direction d’un maître résident à Mergentheïm (Wurtemberg). Appelés vers cette époque par Conrad, dne de Mazovie, pour combattre les Porussiens idolâtres et les Lithnaniens, les chevaliers tentoniques s’établirent sur les bords de la Vistule, dans la Prusse occidentale actuelle, et en peu de temps ils étendirent leurs conquêtes vers l’est (Prusse orientale actuelle). L'ordre ne conserva pas longtemps sa foi religieuse et sa pnreté de mœurs. Toujours avide de conquêtes, il voulut s’arrondir au dépens de la Pologne et de la Lithuanie, et fut constamment en guerre avec ces deux pays. Après la célèbre défaite de Grünwald (1410), où la bannière de Pordre, ses trésors et des milliers de prisonniers tomberent entre les maïns des troupes commandées par le roi Vladislas Jagellon, et après d’autres défaites encore, il fut obligé de restituer successivement à la Pologne toutes les provinces conquises eb ne conserva, à la prise de Thorn (1466), que la Prusse orientale, sous la condition d'hommage de vassalité. Enfin Albert de Brandebourg, le dernier grand maître des chevaliers teutoniques, se fit luthérien, sécularisa les biens de l’ordre, se maria et devint duc héréditaire de la Prusse proprement dite, duché qui vint ensuite grossir les possessions de la maison régnaute de Brandebourg, et qui, avec d’autres provinces polonaises, appartient aujourd'hui au royaume de Prusse.

Le costume des chevaliers était, par-dessus l'armure, un manteau blanc avec nne croix noire, à laquelle ils étaient antorisés à joindre la croix d’or de Jérusalem. Le grand maitre, élevé an donzième siècle an rang de prince de l'empire germanique, ent le droit de porter l'aigle impériale à deux têtes.

Ces costumes sont tirés du recueil de A1. Mateyko : Costumes polouais (Ubiory Polsee) de 1200 à 1795; Cracovie, 1860 (2° édition, 1875) ; in-folio, sans texte.

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