‹ Le costume historique vol. 6 1888Chapitre 95 sur 140 · ARAGON · texte numérisé non relu

ARAGON

L’Aragon, relativement plus populeux que la Castille, est une contrée essentiellement continentale, dont les habitants, privés des ressources de l’industrie et du commerce, ont dû rester, en grande majorité, pâtres, agriculteurs ou soldats, et n’exereer leur action que sur leurs voisins de la péninsule, contrairement aux Catalans qui représentent un élément mobile et changeant. Cette contrée est en même temps l’une des provinces espagnoles où l’on retrouve le plus de souvenirs de la domination musuhnane.

Les Aragonais ont une grande force de volonté, et, par leur vaillance, font honneur à leurs ancêtres, les Celtibères. Les hommes sont toujours prêts à se battre. Encore à la fin du siècle dernier, il était de coutume, entre villages ou confréries, d'en venir aux mains pour le seul . plaisir de lutter et de montrer sa bravoure; ce combat, qui ne se terminait point sans mort d'homme, était ce qu'on appelait la rondalla. Dans les petites choses, les Aragonais apportent le même entêtement que dans les grandes ; ainsi que le dit le proverbe, « ils enfoncent des elous avec leur tête ». Voir la notice de la planche M couronné.

N°5 3 et 4. d’un mouchoir de soie que recouvre parfois un large

sombrero (n° 14). Veste de drap sur un gilet de laine. Large faja ou ceinture maintenant une culotte de velours de coton, Espardilles.

Segadores où moissonneurs.

N° 3.— La moissonneuse, avec son mouchoir de tête en coton, a un petit corsage décolleté en justillo ou

velours de coton. Collier de verroteries ; sous la robe, une jupe de drap grossier garnie d’une bande rouge, Albarcas (chaussure) de peau de bœuf,

N° 4. — Chez les Aragonais, la tête est entourée

No 5.

Curé de village.

Sur la soutane, un vaste manteau à collet, Les prêtres

se coiffent ordinairement de l'immense chapeau tra- No 13 et 14.

ditionnel de Don Basile, 5 ds Costumes de mariés.

No 12. La dame à une mantille de soie bordée de velonrs, L'habit de cérémonie chez les hommes est, quelle que Petite fille du village d'Alteca. | soit la saison, le manteau noir à large collet. MURCIE.

Voici le jugement sévère porté sur les habitants de Murcie par leurs voisins et même par quelques-uns des natifs de cette contrée : « Lies gens de la chande province de Murcie, en contact avec nne nature hostile, sont ceux qui savent le moins réagir contre le sol, l'air et le climat ; ils s'abandonnent avec un fatalisme tout oriental et prennent les choses comme elles se présentent, sans essayer d’y rien changer par leur initiative. Se plaisant beaucoup à la nonchalance, pratiquant la sieste en temps et hors de temps, on les voit toujours absorbés comme s’ils poursuivaient un rêve intérieur. Rarement sais, ils ne dansent pas, eux, les voisins des Andalous sauteurs et des Manchegos, chanteurs de seguedillus, »

Aux travaux agricoles, qui out été de tout temps l'occupation principale des habitants, la province de Murcie, comme celle de Valence, joint aussi des travaux industriels d’une certaine importance. Les spartes ou espartos, que prodnisent en abondance les pentes ensoleillées d’Albacete et de Murcie, servent à la fabrication de sandales, de nattes, de paniers, cte, — Les veines métallifères des montagnes s'y comptent par centaines. — Albacete, sur le plateau mureien, est à l'Espagne, ce que Châtellerault est à la France et Scheffield à l’Angleterre ; les navajus, les euchillos, les puñales, s'y fabriquent par milliers.

NoMGnet 7. ments brodés qui annoncent le voisinage de l’Andalousie; il revêt également, comme les Valenciens, là

ich É à te.

pie PE Aus à AlDscle mante de laine rayée ; celles fabriquées à Murcie ont

N° 6. — Chez le paysan, la tête est enveloppée d'un quelque réputation.

foulard de couleur posé en turban, sur lequel doit

reposer l'iuévitable sombrero, chapeau qui règne, N°7, — Dans la coiffure de cette paysanne, deux

avec quelques modifications, dans presque toutes les nattes rondes couvrent les tempes, comme chez les

provinces de l'Espagne, Large juja ou ceinture, rete- Trasteverines, et s’enroulent en chignon ayant la

nant une culotte de même étoffe que la veste; ces forme d’un huit; un petit peigne crânement posé

larges ceintures bien étoffées sont d’un grand secours sur le côté, et parfois un œillet rouge et un dahlia,

aux tireurs de navaja. Alpargatas maintenus au complètent cet arrangement. Chez les femmes du

moyen de rubans croisés sur des bas bleu foucé. peuple, la jupe courte laisse voir des bas de soie bien Le paysan, avec ces vêtements, porte hahituelle- tirés que quelques élégantes portent couleur de chair

ment une veste oruée de passementeries et d’agré- et brodés de dessins en zigzags.

PROVINCES J'ASCONGADAS,

On donne le nom de provincias vascongadas où simplement celui de provineias aux trois provinces d’Alava, de Guipnzcoa et de Viscaya, qni occupent la plus grande partie de la contrée montagneuse du nord-ouest de la péninsule; elles forment le pays basqne et navarrais que l’on doit considérer comme étant complètement à part dans l’ensemble de PEspagne.

Les Basqnes, qui se donnent à eux-mêmes le nom d” « Euskaldumae » on d’« Enskariens », sont la race mystérieuse par excellence; « ils restent senls au milieu de la foule des antres « hommes; on ne leur connaît point de frères », dit M. Élisée Reclus. Ce peuple a gardé son vieil idiome, ses mœurs, et certains droits ou prérogatives politiques dont il jouit dépuis des siècles.

Sans qu'il y ait de type basque proprement dit, la plupart des hommes, dans les provinces espagnoles comme dans la Navarre française, ont des traits nettement dessinés et une taille bien proportionnée ; presque toutes les femmes se distinguent par leur beauté et lenr élégance naturelle, au point que, dans certains districts, la laideur constitue un véritable phénomène. On doit ajouter que, chez les Basques, la beauté de la forme s'allie à une grande dignité de maintien,

L'euskara, qui est la langne de ce penple, semble tout à fait unique par la structure de ses mots et le mécanisme de ses phrases ; les Espagnols l’appellent saseuence, met qui désigne une langue obseuve et confnse que personne ne peut comprendre.

ROBE 1 LE TEE d'un mouchoir de coton, que denx longues nattes pen- P dantes. Ces paysannes modestement vêtues se disaysannes et paysans. : ; :

tinguent par nue attitude fière provenant de l'ha- Le costume des hommes se compose du béret que l'on bitude qu'elles ont de placer leurs fardeaux sur la porte légèrement incliné du côté de l'oreille, d’une tête. Elles ont généralement le cou et les épaules veste rarement mise et qui s’enroule autour du bras remarquables parla pureté des lignes, beauté bien rare ou se jette sur l'épaule; d'un gilet sur lequel est chez les femmes adonnées an dur travail de la terre. - rabattu le large col de la chemise, et d’une large Deux de ces figures, les n°° 8 et 9, montrent une ceinture retenant un pantalon garni, dans sa lon- paysanne et un paysan de la vallée de Loyola, endroit gueur, de pièces de velours symétriquement dis- particulièrement célèbre par la beauté de ses habiposées. tants, hommes et femmes. On dit qu'il serait diffi- Les femmes ont des robes de drap grossier et ne cile d'y trouver une jeune fille qui ne fût pas un mo-

montreut de leurs cheveux, coquettement couverts dèle parfait,

Aquarelles de MA. (rarcia et Bastinos.

Voir, pour le lexle : Voyage en Espagne, par le baron Davillier,. — Géographie universelle, J La) ]l D 7 D par A. Eltisée Reclus.

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