‹ Le cotonChapitre 1 sur 245 · P0R^^ X.MARMIER · texte numérisé non relu

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Le noinbre des espèces végétales qui couvrent la surface de la terre, depuis les zones glaciales jusqu^à rÉquateur, depuis les sommets les plus élevés des montagnes jusque sur les rivages de la mer, ne peut être fixé d'une manière certaine. L'auteur du Prodrome, de CandoUe, l'estimait à quatre-vingt mille, et depuis, ce chiffre a presque doublé.

Ces nombreuses espèces n'ont pas toutes une importance égale ; le nombre même de celles que l^économie domestique, les sciences et les arts ont su s'approprier, est relativement restreint.

AVANT-PROPOS

Mais qui pourrait contester Futilité du blé, de Torge et de Tavoine, du chanvre et du lin, de la pomme de terre, de la vigne et du houblon, du poirier et du pommier, de l'olivier, du sapin et du chêne, dans les zones tempérées; du caféier et de la canne à sucre, du riz et du maïs, du dattier et du cocotier, du cacaoyer et du cotonnier, dans les zones intertropicales ^ Ces espèces seront constamment cultivées, et leur disparition, si elle était possible, serait la cause d'une grande perturbation dans le monde entier.

Parmi les quelques espèces que nous venons de citer, le cotonnier' occupe sans contredit une des premières places.

Pour s'en convaincre, il suffit de jeter un rapide coup d'œil sur le nombre et Timportance des transactions dont le coton est Tobjet, et qui Ta fait, à si juste titre, surnommer le Roi Coton par nos voisins d'outre-mer. Il serait difficile d'énumérer brièvement les services que rend le précieux duvet de la malyacée, dont nous essayons de tracer l'histoire, combien de milliers de bras occupés à la culture, à la récolte, au nettoyage et à la transformation de ce produit végétal, dans Tun et l'autre monde! Combien

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de capitaux engagés, d'usines en activité pour le filage et le tissage, combien de navires armés pour le transport de la matière première et du produit confectionné!

' Les services secondaires que le coton rend journellement dans les arts, les sciences et la médecine, ne sont pas moins appréciables; il suffit de nommer le coton-poudre, le collodion, etc.

Cet emploi si varié et si fréquent du coton et de ses transformations peut justifier, ce nous semble, Tétude de Thistoire de ce végétal. Avons-nous à signaler un nouvel emploi de sa bourre soyeuse? Nous nous hâtons de répondre que non; notre but, en écrivant cette monographie, n'a pas été de faire connaître Tarbuste sous un nouveau point de vue , mais de réunir en un faisceau les nombreux titres qu'il a, depuis longtemps, acquis à notre reconnaissance.

On verra dans l'histoire géographique du cotonnier que c'est une des plantes qu'on trouve répandue avec le plus de profusion dans les deux hémisphères, parce qu'elle est, au premier chef, utile et même nécessaire à l'homme vivant en société.

AVANT-PROPOS

Cultivé en première ligne pour la précieuse bourre dont il enveloppe ses graines, il fournit un combustible de bonne qualité, une huile d'une certaine valeur commerciale, un médicament adoucissant et un peu astringent, un engrais très recherché et même une matière explosible.

L'histoire du cotonnier, telle que nous Tavons " conçue, ne comprendra pas simplement Thistoirev de révolution d'un de ces arbustes, depuis sa germination jusqu'à sa mort, ce sera l'histoire du genre entier, remontant jusqu'à la Genèse. C'est dans le livre de Moïse que nous trouverons les premières lignes de sa longue biographie, si je puis m'exprimer ainsi.

Cette histoire nous a paru susceptible d'être divisée comme suit :

1** Histoire ancienne et moderne du cotonnier, histoire littéraire, botanique, chimique et médicale;

2^ Histoire géographique et agronomique;

3^ Récolte, emballage, battage et filage du coton;

k"" Ourdissage et tissage, blanchiment et teinture, impression;

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5° Principaux tissus, chiffons, graines, falsifications, animaux nuisibles;

6** Histoire commerciale du coton;

7** Plantes succédanées du coton.

En terminant cette esquisse rapide du but que nous nous proposons, nous sentons le besoin de réclamer Tindulgence du lecteur, qui trouvera sans doute dans quelques parties une analyse trop succincte de Tétude qu'il voudrait faire d'une spécialité d'emploi du coton, mais il est facile de comprendre que nous ne pouvions donner à celles qui en étaient susceptibles Tétendue que comportait la matière, et l'ampleur qu'exigerait un traité spécial de la filature, du tissage, de la teinture du coton, par exemple. Nous avons, pour obvier à cette difficulté, pris le soin d'indiquer les sources^ où l'on pourra faire des recherches plus approfondies.

Nous donnerons enfin la nomenclature de la plupart des végétaux textiles qui, de près ou de loin, peuvent remplacer l'arbuste dont nous essayons de retracer l'histoire.

. « Un livre, dit Humboldt, où Ton essaie de « réunir tout ce qui, à une époque donnée, a « été découvert...... peut, si je ne me trompe.

AVANT-PROPOS

« quels que soient les progrès futurs de la science ,

« offrir encore quelque intérêt, s^il a réussi à

« retracer avec vivacité une partie au moins de

« ce que l'esprit de Thomme aperçoit de général,

« de constant, d'étemel parmi les apparentes

« fluctuations des phénomènes de Tunivers 0). »

(1) Cosmos, ux.

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