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Chapitre l

beaux des Incas. Les habitants de ce royaume faisaient encore avec le coton des cuirasses impénétrables aux flèches, et la province de Puebla, particulièrement, fabriquait pour le Pérou une grande quantité de tissus W.

Les voyageurs qui visitèrent Cuba, au XV« siècle, trouvèrent le cotonnier cultivé partout dans cette île, où il est du reste indigène, ainsi qu'au Mexique et au Pérou.

Christophe Colomb en signale l'existence dans presque tous les points où il aborda; il vit des tissus faits avec la bourre de cette plante, jusqu'au Brésil. L'illustre voyageur ne dit pas s'ils étaient confectionnés sur les lieux mômes ; mais il est évident que les indigènes, soit du littoral, soit de l'intérieur, fabriquaient eux-mêmes leurs étoffes, ainsi que le faisaient et le font actuellement les naturels du centre et de la côte occidentale d'Afrique.

On cite, en effet, des toiles de coton faites dans le royaume de Bénin, et apportées à Londres vers la fin du XVI« siècle, comme spécimen du savoir-faire de ces peuples sauvages.

Le cotonnier pénètre en Italie au XV'^ siècle, les environs de Naples et de Castellamare sont plantés de cet arbuste, qui donne d'excellents résultats; il s'accommode fort bien aussi du terrain humide de la haute Italie , auprès de Milan et de Venise. On lit, à ce sujet, dans

(1) Le Mexique ancien et moderne , par Michel Chevalier.

une traduction française de Matthiole, en 1717 : « Pour (( le jourd'huy, l'herbe de cotton sie sème en Chypre, (( en Candie et en Sicile , et mesme en la Poûille , où « elle croist en grande abondance; et en font les gens « du pays grand fait de marchandise. t> •

En ce même siècle, les Turcs, en relations avec les Arabes, apprennent d'eux la manière de cultiver le cotonnier, et le transportent dans la grande Grèce, en Albanie et en Macédoine.

Tavernier voyageait en Asie dans la deuxième moitié du XVII® siècle. Il rapporte que l'on faisait, de son temps, dans le royaume de Siam, des tissus d'une finesse extrême, et raconta, à ce sujet, qu'un ambassadeur persan, qui revenait de la cour du Grand-Mogol, présenta au roi, son maître, un coco de la grosseur d'un œuf d'autruche, dont il tira un ruban long de soixante aunes, et d'une toile si fine , qu'on avait peine à juger ce que l'on tenait dans la main. Il ajoute qu'il apporta luimême une once de fil, dont la livre coûtait 600 mamoudis (0, et que la cour fut surprise de voir un fil si délié, qu'il échappait presque à la vue.

Les essais qu'on fit à différentes époques, d'acclimater le cotonnier en France, ne furent pas heureux. La chaleur du midi de ce pays serait assez forte pour permettre à ce végétal d'arriver à mûrir les graines et donner du coton, mais elle ne se prolonge pas assez longtemps en

(1) Un mamoudi valait alors 12 sous de France.

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