Chapitre IV. 2 il
marin que gastronome, avait reconnu à l'agar-agar, qu'on appelle aussi agal-agal, des qualités telles, qu'à son retour des Indes Orientales, il en introduisit l'usage et en faisait venir pour figurer dans ses ragoûts.
La Société industrielle à Rouen, pour les cotonnades, Lyon, pour les soieries, et Puteaux, pour les étoffes de laine, ainsi que le Conservatoire des Arts-et-Métiers, poursuivent des essais qui donneront, il y a lieu de l'espérer, de bons résultats (i). Mais l'important surtout, dans l'opération de Tapprétage, c'est la bonne disposition de la machine. Ces engins sont aussi variés que les produits qu'exigent la mode. L'un d'eux, appelé machine à biller, est très curieux : il soumet le coton à un véritable pilonnage, et lui donne le toucher, l'aspect et le brillant de la soie.
Il existe, dit-on, dans le Yucatan, un petit insecte de la famille des cochenilles, appelé par les Anglais heen
(1) Année scientifique, Figuier, 1874, p. i62. Et voir, dans le Catalogue des produits des colonies françaises, Exposition de 4878, le résultat 3onunaire de l'emploi du thao, p. 188. M. Henri Martin, chimiste de radministration des Douanes, a examiné l'action des acides chlorés sur cette substance. Chauffée avec de Teau légèrement acidifiée, la gélose foui'nit une dissolution qui n'est phis capable de se prendre en gelée par le refroidissement. Cette dissolution possède un pouvoir rotatoire gauche , qui devient dextrogyne et d'une quantité égale , si , après avoir augmenté la- quantité . d'acide précédemment employé , on prolonge suffisamment Tâction de la chaleur. De ces faits, il résulte que, malgré leur origine différente , la gélose présente avec la gomme une certaine analogie (Compte rendu de l'Acaiémie des Sciences, 19 avril 1880. — Voir aussi Mé moires de M. Pombaru, même année*, p. 1081).
W2 ^ Le Colnn.
ou nan qui produit une substance adipeuse, qu'on peut convertir en une espèce de gutta-percha , et utiliser pour rendre imperméable les tissus et le papier.
§ VI
Historique de la teinture. — Plantes tinctoriales. — Bleu de l'Inde. — Aniline. — Influence de l'eau. — Divers degrés de teinture. — Fraudes.
Nous arrivons à une transformation bien importante de notre textile, à la teinture, soit du coton filé, soit du tissu lui-môme. En cherchant l'origine de cet art véritable, on trouve encore les Chinois, etTon cite le nom de l'empereur Hoang-ti, sous le nom duquel auraient commencé les premiers essais. La Genèse, Tlîxode, le Livre de Job, le Pentateuque, font fréquemment mention d'étoffes teintes en pourpre, en écarlate, en hyacinthe, en bleu. Homère parle aussi d'étoffes de couleur fabriquées à Sidon; Apulée (MeL, lib. XI), cite les vêtements des anciens Égyptiens : mnUicolor bysso tenui pertexta nunc albo candore lucida, uanc croceo flore lutea, nème roseo rubora flammida.
Très simple au début, n'a>ant à sa disposition qu'un nombre très restreint de matières tinctoriales, cette industrie est devenue fort compliquée, et elle exige des connaissances en chimie assez étendues.
Les substances minérales et végétales employées en
Chaijitre IV. ^243
teinture sont très nombreuses , qu'elles servent comme mordants ou comme sub^ances colorantes. La chimie invente chaque jour de nouvelles compositions dans lesquelles on cherche à combiner le bon marché avec la qualité de la matière tinctoriale.
Le règne animal fournit peu à la teinture; on ne cite guère que la cochonille, qui donne la plus belle des matières colorantes rouges; on la récolte sur le cactus nopal. Les Mexicains, avant la conquête, l'employaient pour teindre leurs belles étoffes de coton et d'aloès. Le kermès ou cochenille de chêne, la seiche, abondante sur les côtes de France, et qui fournit la sépia, couleur brune fort usitée, sont, avec un mollusque du genre murex et un autre du genre buccin, et quelques oscillatoires, à peu près les seuls animaux mis à contribution. Je ne parle que pour mémoire du sang, de la bile et des urines noires.
Le murex de Syrie donnait autrefois cette belle couleur pourpre, si recherchée des anciens.
Alba neque Assyrio fucatur lana veneno ,
dit Vir gile , en parlant de la simplicité des habitants de la campagne, et Lucain, dans sa Pharsale (livre X), en parle également.
Tyi'io quorum pars niaxima fuco,
Cocta diu , virus non uno duxit alieno , ,
Par-dessus, brillaienl les plus riches tapis, la plupart satinés des teintes les plus variées de la pourpre de Tyr. * .
241 h' Colon.
CelteespèceparaîtperdueO). A cette époque, il existait en France une teinturerie impériale de pourpre à Narbonne et à Telomartius, actuellement Toulon, et l'intendant qui les dirigeait portait le nom de procuralor baphii.
Si Ton ouvre la vaste Encyclopédie de Pline le naturaliste, on lit ce qui suit au sujet de la teinture en Egypte : « En Egypte, on teint les étoffes par un pro- « cédé fort singulier. Blanches d'abord, on les foule, « puis on les enduit, non de couleurs, mais de raor- « dants qui, ainsi appliqués, n'apparaissent pas sur les <' étoffes; alors on plonge celles-ci dans une chaudière « de teinture bouillante, et on les retire un instant « après entièrement teintes. Ce qu'il y a de merveil- « leux, c'est que n'y ayant qu'une seule couleur dans « la chaudière, l'étoffe qui en sort est de différentes « couleurs, suivant la nature des mordants, et ces cou- (i leurs ne peuvent plus être enlevées par le lavage. c( Ainsi la chaudière qui, sans aucun doute, aurait fait c( une seule couleur de plusieurs si on y eut plongé des « étoffes déjà teintes, en fait plusieurs d'une seule. Il y « a en môme temps coction et teinture, et les tissus qui « ont subi cette coction deviennent plus solides que s'ils c( n'y avaie^U pas été soumis C^). »
(1) Consulter Lettre sur la pourpi'e phénicienne, à M. A. Bertrand (Revue archéologique, 1864, IX^ vol., p. 256; et Lacaze - DuUiiers , Mémoire sur la pourpre (Ménioire sur la Société des sciences de Lille, 18i\)).
(2) Livre XXX V, chapitre xui. — Le texte est très peu explicite, et
ChapiUe IV 245
Les mordants joueut un très grand rôle dans la teinture; l'alun, entre autres, est un élément essentiel. Avant le XV® siècle, on ne savait guère s'en servir. Jean de Castro, qui vivait vers le milieu de ce siècle, voulant découvrir le motif q;ui faisait que les plus belles étoffes de soie et de velours, fabriquées en Italie, étaient envoyées à Constantinople pour y subir l'opération de la teinture, se rendit dans cette ville et découvrit que l'alun était le mordant qu'employaient les teinturiers pour fixer les couleurs. Rentre en Italie, il fit connaître ce procédé, et môme découvrit la pierre d'alun près de Givita-Vecchia.
Le règne végétal offre un grand nombre de plantes dans lesquelles on trouve des principes colorants. Pour ne parler que des principales, nous citerons : Rubiaperegrina, mangosia , tincloria; Oldenlandia umbellata; Morinda citrifolia; Lithospermum erythroxylon; Rhamnesia sinensis; Plerocarpus flavus; Dervilh versicolor; Rhus coriaria; Sophora japonica; Wighlia tinctoria; Polygonum ÙnCtoriiim; Hibiscus rosa sinensis; Juglnis regia; Castanea vosca; Lawsonia inermis; Mimosa fera; Indigofera tincloria, anil; Rhamnus ulilis; Chlorophorus, . . ; Roccella. . . ; les galles.
Dans l'Inde, la teinture en bleu s'obtient par V Indigofera tincloria 0), le jaune par le RoUlera tincloria et
n'est pas suffisamment clair pour faire comprendre la série des opérations qu'on faisait subir aux toiles. (Voir liv. IX, cii. lxu, p. 38.) (1) La couleur la plus estimée, dit Pline le naturaliste (livre XXXV),
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les fleurs du Bute(ji superla, le rouge avec les racines de celte même plante combinées avec celles de diverses espèces de Moringa, le Brésillet, le Cœsalpinia sappan^ le Carihamnm tincloriusj le Lecanora fuciformis, le Rubia rordifolia; le violet se tire du même lichen, Lecanora fuciformis ; VOldenlandia (hedyotis) umbellaia est aussi employé à la teinture des mouchoirs de Madras. C'est le chayaver des Indiens.
La vivacité et la fixité des couleurs obtenues dans ce pays avaient appelé l'attention d'un des anciens gouverneurs de la colonie. Sur la demande du comte Desbassayns de Richemont, on envoya dans l'Inde, en 1827, un agent industriel avec mission d'étudier les procédés de teinture des indigènes, et d'en faire profiter nos manufactures. M. Gonfreville, ancien élève de l'École de Teinture des Gbbelins, fut chargé de cette mission, et muni d'instructions pour chercher tous les moyens de naturaliser, à Pondichéry, la teinture et la fabrication des mouchoirs de Madras, pour suivre, dans tous leurs détails, les procédés de teinture en bleu et' des apprêts des toiles de Guinée, et pour envoyer en France des échantillons de la matière colorante du rouge de Tlnde et des autres substances qui servent à faire dans ce pays les couleurs primitives.
est Vindimm indigo ? C'est l'Inde qui nous la fournit. C'est , dit-on , (Je la vase adhérente à l'écume des joncs. Broyé, il est noir; délayé, il donne une magnifique couleur de bleu mêlée de pourpre. On tire maintenant de rindigo de l'Asie, de l'Afrique et de l'Améiique.
Cliapitve IV. 247
Le Comité consultatif des Arts et Manufactures près du Ministre de Tintérieur, fit, sur la mission de ce savant teinturier- chimiste, un rapport 0) duquel il résultait que M. Gonfreville avait rempli sa mission de la manière la plus satisfaisante, en naturalisant à Pondichéry les procédés de fabrication et de teinture des madras de l'Inde, en améliorant la teinture des toiles de Guinée, et en faisant connaître beaucoup de matières colorantes employées dans le pays qu'il avait été chargé d'étudier.
Par ce rapport, nous apprenons que, pour fixer la couleur bleue des toiles de Guinée, les teinturiers indiens font bouillir des graines du Cassia tora, L. et les mêlent à de la soude. C'est à ce mordant, disent-ils, que sont dues la vivacité et la solidité. Mais les couleurs d'aniline et les autres matières colorantes artificielles qui commencent à pénétrer partout, ne larderont pas à remplacer les matières colorantes fournies par le règne végétal. Ainsi, dans la teinture en rouge d'Andrinople, la garance ^st remplacée par l'alizarine artificielle, dérivée du goudron de houille (2).
Dans sa déposition en présence de la Commission du Tarif général des Douanes, M. Tezenas dé Montcel, ma-
il) Annales maritimes, partie non-officielle , 2,462* pai'Ue, 1831. — Voir aussi le Technologiste, 1864, t. VII, p. 64; et Bancroff, sur les couleurs solides, 1, p. 172.
(2) Traité des dérivés de la houille , applicables à la production des matières colorantes, par MM. Ch. Girard et G. de Laire, 1 vol. in-S*», Paiis 1873.
248 Le Colon.
nafacturier de Saint-Etienne, s'exprime ainsi : a. Aulrec( fois, à vingt-cinq pas, on reconnaissait un tissu dans H lequel serait entré du coton, parce que les nuances « n'étaient jamais aussi belles ni aussi brillantes que ^< celles de la soie. Aujourd'hui, c'est presque le con- »i traire, grâce à la découverte de l'aniline, aux pro- « cédés de gazage et do glaçage qui ont enlevé, le duvet c( du coton, et qui lui ont donné la souplesse, le brillant <.( et l'éclat de la soie. »
Il n'est pas inutile de remarquer que les matières colorantes azotées, dérivées de l'aniline, ont une affinité très grande pour les fibres animales, tandis que les fibres végétales, telles que le coton, exigent l'emploi de mordants : on imprime les couleurs d'aniline sur le coton en y mêlant de Falbumine et en vaporisant le tissu« Le coton est alors, comme on dit, animalisé, et prend alors fort bien la matière colorante. Le noir d'ani- Une ne peut être appliqué directement que sur les tissus de coton. On cite à ce sujet une carte de France exécutée sur calicot avec une finesse de détails et une intensité de noir inconnus jusqu'ici.
L'Exposition de 1878 a fait connaître tout ce qu'on peut attendre des nouveaux procédés de teinture par les sous-dérivés de la houille, dont la fixité parait pour la plupart à l'épreuve de l'air, du soleil, de la poussière. 11 est à désirer qu'on trouve, pour désigner ces nouvelles couleurs, d'autres mots que ceux que la science emploie maintenant, par trop scientifiques pour l'usage ordinaire, tels que : pour le bleu, triphenylrosaniline; pour le
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rouge, telrabromofluorescine ; pour le jaune, oxynaphtyJazophenylsulfite de sodium; pour le violet, chlorhydrate de tetramelhylrosaniline ; pour une autre teinte de jaune, binitronaphtol. Ces diverses nuances finiront par recevoir un nom plus commode et plus facile à prononcer (i).
Les teinturiers anglais ont réussi à imiter la nouvelle ^ teinture en bleu ndir, récemment découverte en Allemagne pour les velours, et l'infériorité de ces tissus ne provenant que de la supériorité des nuances bleu noir des Allemands, ces deux pays se trouvent en rivalité pour celte étoffe. Espérons que nous ne resterons pas longtemps tributaires de l'un et de l'autre.
L'eau a une influence particulière sur la teinture des colons et la fixité des couleurs. Il suffit denier la petite rivière de Bièvre. C'est la Doller, cours d'eau peu imporlant en Alsace, qui a contribué pour une partie à l'extension des fabriques de toiles peintes dans cette province et à la richesse du pays qu'çUe arrose.
Avant l'invention de l'acide phénique et des autres carbures d'hydrogène, que découvrit, il y a 25 ans, le chimiste Laurent en distillant la houille, on demandait à PAmérique et à l'Asie les produits végétaux nécessaires à la teinture du coton. Le contraire a lieu maintenant, et l'Europe envoie des leinluriers dans l'Inde et
(1) Voir un article de M. Radan, dans la Revue des Deux-Mondes, t. IV, p. 892. — 1874.
dbyGoOgk
iôO Le Colon.
dans rextrème Orient pour j j)ropager les méthodes nouvelles.
Plusieurs traités spéciaux ont été écrits sur Ja teinture et l'art du teinturier. Nous ne pouvons qu'y renvoyer ceux de nos lecteurs qui voudraient approfondir cette question ). Nous donnerons seulement quelques indications générales en cequiconcerne spécialement le coton.
On fait, en France, de la teinture une étude spéciale. Quelques-uns de nos départements^ entre autres celui de la Seine-Inférieure, possèdent des teintureries établies sur une grande échelle. Rouen et De ville se sont distingués depuis longtemps par la solidité des nuances qui sortent de leurs fabriques, par l'éclat et la dégradation des couleurs; Montpellier a marché en tête pour la teintur-e en rouge des mouchoirs dits « de Madras; » Riancourt, près de Sèvres, s'adonne aux cou-
(i) M. Max S'm^ev a fait imraître, en 1875, une sorte de Manuel pratique de la Teinture^ dans lequel il étudie les niatièi'es tinctoriales, les algues chimiques , les acides , les dérivés de la houille , la falsification, l'altération des produits usités en teintui-e, enfin la teinture pi*oprement dite. C'est un résumé de tout ce qui peut mettre le fabricant en mesure de suivre les progrès de cette industrie et d'en faii'e profit.
On consultera encore avec fruit la Chimie organique de Gii^àrdin et les Documents pour servir à l'histoire critique et expérimentale de la teinture, par M. Bolleiy, de Zurich; Matériaux pour la coloration des étoffes, par M. Dolfus-Ausset, Paris 1865; Perrottet, Art de Vindigotier, 1842, Traité des matières colorantes, par M. Schûtzemberger , 2 vol. in-8°, Paris 1867, les Bulletins de la Société industrielle de Mulhouse, passim, Y Histoire des drogues d'origine végétale, par A.-F. Fluckiger et Hambuiy, traduit de l'anglais par de Lanessan, et le Traité pratique de la détermination des drogues simples, par Planchon.
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leurs claires : chaque localité a pour ainsi dire sa spécialité.
On distingue dans ces établissements trois procédés de teinture : le premier, comprenant les couleurs grand teint ou bon teint; le second, les couleurs petit teint; le troisième, enfin, les^ couleurs faux teint. Ces différentes dénominations indiquentle plus ou moins de-fixité de la couleur sur le tissu, suivant qu'on s'est servi de matières tinctoriales plus ou moins énergitiues, ou que l'opération a été plus ou moins bien soignée 0).
Tous les cotons ne prennent pas également bien la couleur qu'on veut leur donner. Le Géorgie longue soie, les Fernambouc et Louisiane s'imprègnent mieux des matières colorantes dans lesquelles on les plonge, que les cotons d'Egypte, d'Italie et de Surate, danâ l'Inde. Le fabricant sait choisir celui qui convient le mieux au but qu'il veut atteindre.
On teint le coton avant d'être filé , c'est-à-dire après avoir sUbi un simple cardage; on le teint lorsqu'il est
(1) Les couleurs gi-and teint ou bon teint sont essayées par les acides sulfurique et clJorhydrique , affaiblis ; elles doivent résister à leur action. ' Les couleurs petit teint , ne résistent pas à Faction de l'acide sulfuiique , qui les altère ; elles ne sont pas altérées par r autre acide.
Un lavage à l'eau pure, peut faire dfsparaître ou affaiblir au moins les coifleurs faux teint.
La garance , l'indigo , le quercitrou , la cochenille , le cachou , la noix de galle, etCi donnent des couleurs grand teint.
Le cajnpéche et les autres à principes colorants rouges , le curcuma , le rocou, le cartliame, etc., donnent des couleurs petit teint.
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filé et en écheveaux, on le leint enfin à l'étal de tissu. Dans ce dernier cas, il faut distinguer la teinture unie et la teinture peinte; cette dernière opération exige des ^ procédés tout différents des au^lres, nous en parlerons plus loin , sous le titre : impression des tissus.
La fraude se glisse, comme partout, dans Part du teinturier; ainsi, par exemple, on mêle des cotons de valeurs différentes. Comme ces cotons ne prennent pas également bien la teinture, il en résulte que la couleur générale, bien que satisfaisante au début, s'altère au bout d'un certain temps. Les matières tinctoriales ayant des valeurs bien différentes, on fait des combinaisons pour réduire, autant que possible, le prix de ces ingrédients, sans que l'œil puisse s'apercevoir de cette su- | porcherie, qui ne se révèle qu'à l'emploi du 4issu. Mais un fabricant qui tient à la réputation de son nom, n'usera de ces petits moyens, que lorsqu'il est sûr qu'ils ne peuvent nuire à la vente de ses produits (^).
La différence de prix, entre les teintures grand teint, les teintures bon teint et les teintures petit teint, est considérable. Le Dictionnaire des Arts et Manufactures en tienne un exemple pour la couleur qu'on appelle rouge d'Andrinople. Le premier revient à H fr.; le second à 5 fr., et le troisième de 1 fr. 50 à 2 fr. le kilogramme. Il y a même des rouges faux qu'on peut obtenir à fr. 75 le kilog. On peut juger, dit l'auteur de cet article, d'après
(1) Cf. Traité des moyens de reconnaître les falsifications des drogues simples et composées, par Bussy et Boutron-Cliaiiard. Paris, 1829.