Chapitre IV
dre, on obtient cet aspect lustré qui plaît aux yeux.
La raoire, ou Taspect ondulé du tissu, s'obtient en l'aspergeant d'eau à son entrée entre les cylindres et en lui donnant un léger mouvement dans le sens de l'arbre des cylindres, au moyen d'un mécanisme particulier; la moire est d'autant plus accentuée que le cylindre tourne moins vite.
Afin d'obtenir l'aspect brillant et nacré qu'on recherche dans quelques tissus de coton, on trempe la toile dans la dissolution d'un sel de baryte, puis on la passe à travers un bain d'acide sulfurique faible ou d'un sulfite soluble, ou enfin d'un carbonate alcalin. Par ce traitement, le sel de baryte se décompose et laisse déposer sur la fibre un précipité blanc qui accroît la densité et améliore beaucoup l'apprêt du tissu. L'amidon, diverses gommes, diverses variétés de dextrine, quelques matières minérales, le kaolin, l'ocre, le lichen d'Islande, le caragheen, sont employés suivant la nature du tissu, pour l'apprêt à lui donner.
D'autres corps paraissent susceptibles de remplacer ceux ci-dessus indiqués; l'un d'eux particulièrement a appelé l'intention des industriels : c'est le Haï-Thao. Ce nom cochinchinois désigne un produit végétal qui n'était, jusqu'à ces derniers temps, connu que comme produit de l'Orient. On le retire de la partie gélatineuse de certaines algues, et principalement, en Cochinchine, du gelidium spiniforme. Son insolubilité dans l'eau aux températures ordinaires, et, par suite, sa résistance à l'humidité et aux influences atmosphériques, rendent
iAO Le Coton.
ce produit précieux pour Papprôl des tissus O). La section des laminariées des plantes marines fournit aussi cette matière. On a pu remarquer que, lorsqu'on laisse quelques heures hors de Peau, et par un temps humide, les grandes espèces désignées sous le nom de laminaires, Laminaria, digitata, bulbosa, les Fucus serratus, Chorda filum, etc., elles se couvrent d'une matière gélatineuse qui file entre les doigts, et qui se convertit, par la sécheresse, en petites efflorescences salines.
La matière gélatineuse, désignée par las chimistes sous le nom de gélose (agar-agar)y et que les Anglais appellent ising glass ve^elable, et qui n'est autre chose que le thao indiqué ci-dessus, a été exposée en 1878 par la Cochinchine, comme susceptible d'être utilisée parles fabricants de cotoft, d'indienne spécialement. En la mêlant dans la proportion de 12 ^o» elle donnerait au coton beaucoup plus de souplesse que Joutes les autres substances employées jusqu'à ce jour. Par l'emploi de la gélose ou du thao, on espère éviter les taches dites de trésolage, qui se rencontrent fréquemment dans la rouennerie et causent des pertes notables aux fabricants d'indienne. La Cochinchine a exposé également des tissus apprêtés avec ce produit, qui sert aussi d'aliîtient dans ce pays.
Notons, en passant, que le bailli de Suffren, aussi boa
(1) Les premiers essais de la gelëe du Japon ont été faits en 187i et 1875 par M. Gantillon, apprétçur de soieries à Lyon.