‹ Le cotonChapitre 111 sur 245 · VII · texte numérisé non relu

VII

Historique de l'impression chez divers peuples. — Bell. -— Oberkampf. — La Perrotine. — La Plombine ou Hémétine. -— M. Vrac. — Substances toxiques.

Lorsque l'homme fnt parvenu, par son industrie, à tisser des étoffes, il ne fut pas satisfait : il voulut repi^ésenter sur la surface blanche ou même de couleur ^ du coton, du fil ou de la laine, des dessins de fleurs, d'airimaux ou des figures plus ou moins fantastiques.

Lorsqu'on 1519, le jour de Pâques, Fernand Cortez eut la première entrevue avec un des lieutenants de Montézuma, il remarqua la présence d'indigènes qui, munis de couleurs et de bandes de cotons ou d'agave, se mirent en devoir de dessiner et peindre tout ce qui frappait leurs regards, navires, soldats, chevaux, ce qui émerveilla les Espagnols. Plusieurs fois ils usèrent de ce procédé pour faire connaître à leur souverain ce dont ils étaient les témoins 0).

(1) Alf. Maury, Histoire de l'Écriture.

254 Le Colon.

Quand Fernand pénétra dans Mexico , il trouva comme ameublement des tapis de coton et des toiles de la même substance , travaillées avec plus ou moins de soin et employées à divers usages. Il vit même des tableaux et hiéroglyphes tracés sur des écorces d'arbres, des peaux de bêtes et des toiles de coton, destinés à conserver le souvenir des lois, des dogmes, des révolutions de l'empire (i).

Au Pérou, à la même époque, les étoffes de coton et de laine étaient teintes en noir, eh bleu et en rouge, au moyen du rocou et d'autres plantes, que les Péruviens ramassaient dans les; moiUagp6§^ /

Tavernier, voyageaM aa& rtnd^^^ 1680, rapporte que les chites ou toiles de coton peintes, qu'on nomme calmandar; c'est-à-dire faites au pinceau, se fabriquaient principalement dans le royaume de Golconde, surtout aux environs de Masulipatam. Entre les chites^ imprimés, on faisait une grande différence, suivant le degré de finesse du tissu et la perfection du dessin. Cet usage de peindre les tissus dans ce pays est mentionné par Strabon, et le père de l'histoire, Hérodote , dans son livre I«% indique que cet art était connu des habitants de la mer Caspienne.

Les insulaires des archipels océaniens, celui de la Société particulièrement, reproduisent sur leurs lapas (étoffes en écorce d'arbre) des dessins de fougères et

(1) Raynal, t. III, p. 94.

Wl^'

Page 1