‹ Le cotonChapitre 112 sur 245 · Chapitre IV · texte numérisé non relu

Chapitre IV

d'autres plantes; ils tracent grosslèremenl, au moyen de couleurs végétales et d'un grossier pinceau, souvent même de leurs doigts, des images de poissons , d'oiseaux, de reptiles. Nous avons vu Tune de ces pièces d'étoffes avec le dessin informe d'un bateau à vapeur à roues (payawai)^ chose nouvelle alors pour eux. Ils tracent encore des cercles, des bandes, des dessins de fantaisie, le nom de leur district, et encadrent de lignes plus ou moins régulières le drapeau qui les conduit au combat ou à une fête 0).

Les Grecs, avant la prise de Constantinople, imprimaientdes images à l'aide de plaaches gravées en relief, et ce moyen, quoique primitif, s'améliorant de proche en proche, les dessins, forcément peu variés, avaient acquis assez de netteté.

La Compagnie des Indes fit connaître en Europe les procédés usités de temps immémorial dans ce pays, pour peindre les tissus. Au moyen de tubes appropriés, les Indiens appliquaient sur la toile des réserves à la cire, c'est-à-dire qu'ils couvraient de cire certaines parties du tissu, représentant des dessins, lesquelles ne prenaient pas la couleur de l'indigo, quand la pièce était plongée dans la cuve.

Ce système était bien imparfait; cependant, l'Angleterre, la Suisse, la Hollande, ensuite la France puisèrent

(1) Essai sur VHUtoire naturelle de V archipel den Marquises, par Ed. Jardin.

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dans rétude de ces procédés de précieux renseigner

ments.

. Si Van se reporte à 175 ans en arrière, on voil que

les tissus imprimés constituaient un grand luxe, et, dans

sa Revue hebdomadaire^ Daniel de Foë, Tauteur de

Robimony s'élève « contre le luxe insolent des dames de

la Cour, qui faisaient usage de si riches étoffes. »

On dit que ce fut un Écossais, du nom de Beli, qui le premier (1770) imprima à la planché plate. Cette impression, exécutée à la main, ne pouvait se faire sur une grande échelle. Les Aûglais réussirent à imprimer d'une manière continue; en 4785, on imprimait à Manchester, au rouleau gravé en creux, et un industriel, M. Warttenson , fit la première machine à deux couleurs.

Oberkampf est le créateur en France de l'induslrie des toiles peintes. Cet art était connu des anciens; en Egypte et en Asie, on peignait la toile : Pline en fait mention; mais ce travail, exécuté au pinceau, était nécessairement fort long et, par suite, dispendieux. Ce fut en Alsace, à Mulhouse, que la première fabrique d'indiennes fut fondée en 1746, par une société composée de Jean- Jacques Smalzer, qui en eut la première idée, de Samuel Kœchlin, qui fournit les fonds nécessaires, et de Jean-. Henry Dolfus, peintre, qui fournit son talent. Oberkampf, qui avait étudié chez son père, à Arau, en Suisse, l'art de la teinture, et travaillé, dit-on, dans les ateliers de Smalzer, Kœchlin et Dolfus , vint en France à la fin du siècle dernier avec de très faibles ressources; il fonda la manufacture de Jouy et la filature de coton d'Essone, se

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