Chapitre V
d'Aôie, sur le Tigre, qu'on a fabriqué, paratt-il, le premier tissu léger- que nous connaissons sous le nom de mousseline. Si Ton a varié les degrés de finesse du calicot et de la percale, on a plus fait encore pour cette étoffe légère, et la différence de prix est quelquefois considérable. Les dames savent apprécier ce qu'on appelle la mousseline des Indes, dont le tissu rappelle presque celui de la soie, par la régularité et le soyeux, qui plaisent tant aux yeux.
A cette espèce de tissu se rattache le linon, dont la chaîne est composée de fils plus gros que la trame.
Le commerce offre, outre les mousselines unies, des mousselines brochées et brodées. Dans les premières, les dessins sont représentés par des fils plus gros, passés dans le tissu; dans les secondes, c'est un fil continu, qui, fixé à la toile, dessine les contours des fleurs et des arabesques.
Pour pouvoir obtenir, dans une nuance uniformément blanche, des tons différents, on est obligé de superposer des tissus découpés avec des ciseaux , en plus ou moins grand nombre, suivant qu'on désire obtenir des reliefs plus ou moins puissants.
On est arrivé maintenant à un degré de perfection étonnant. L'Exposition de 1878 a présenté des stores, des rideaux, sur lesquels étaient reproduits des paysages^ des sujets de nature morte ou vivante, d'un fini remarquable, et d'un bon marché relatif incroyable.
Les rideaux qui sortent des fabriques de Tarare, sont recherchés non seulement en France, mais dans tous
les pays civilisés, pour la perfection da dessin et la difficulté vaincue. Ce n'est qu'au conunencement de ce siècle^ que celte ville s'est adonnée à ce genre de confection, qui occupe de 50 à 6O5OOO ouvriers, disséminés, on grande partie, dans la campagne. La production de Tarare en mousselines, dépasse 20 millions, donl la moitié est exportée. Ses produits, exposés en 1878, n'ont pas trouvé de rivaux.
Il est regrettable que les fabriques de cettfe ville soient obligées de tirer, de l'Angleterre et de la Suisse, les 4/5 des filés fins qu'elles emploient.
Batiste. — La batiste est une mousseline composée de fils très fins et d'un tissu moins «erré que la mousseline. Elle fut inventée, dit-on, dans le XIII« siècle, par un ouvrier du nom de Baptiste Chambrai, d'où le nom de ce tissu.
On n'en fait guère plus qu'en fils de lin.
Tarlatane. — La tarlatane est une espèce de mousseline très claire, c'est-à-dire à tissu très lâche, qui a reçu un apprêt. Cette préparation lui donne une certaine apparence de solidité, mais elle ne supporte guère le lavage; c'est une étoffe dont on fait des moustiquaires, des ornements et draperies pour des fêtes, des banderolles, et surtout des robes de bal, qui n'ont qu'une durée éphémère.
Tulle. — Le tulle est un tissu de coton en forme de grillagé. La confection exige un appareil d'autant plus compliqué, que le grillage est plus complexe. La forme générale est l'hexagone; on fait aussi des tulles ayant