Chapitre V
Percale. -^ L'Inde nous a fait connaître la percale, mot d'origine tamoule 5 et qui signifie toile de coton. Ce tissu, plus fia que le calicot, est composé de fils plus tors ; il n'est pas velu et est plus serré. On l'emploie à faire des chemises, des robes ^ des mouchoirs, etc. La peroale est employée à l'état blanc; elle est aussi livrée à l'impression. Il y a différents degrés de finesse dans la percale, comme dans le calicot. La France et l'Angleterre ne sont pas surpassées dans la fabrication de ce tissu.
Une espèce de percale a reçu le nom de percaline ; c'est un tissu moins serré, composéde fils plats, moins tors, et, par conséquent, plus cotonneux, plus pelucheux. La percaline subit généralement une préparation gommeuse, qui la rend lustrée; c'est pour cela qu'on appelle cette espèce lustrine. On fait des percalines de toutes nuances; quelques-unes reçoivent des impressions à chaud, espèce de gaufrage, qui affecte généralement une forme quadrillée, t Madapolam. — Une autre espèce de percale a reçu le nom de madapolam, d'une ville de l'Indoustan, dans la présidence de Madras. Le tissu est plus blanc , plus lisse et plus fort que le calicot; il sert pour les vêtements qui exigent de la résistance : chemises, pantalons, et pour la literie.
Jaconas, Nansouk, Organdi. — Le jaconas, le nanzouk, l'organdi sont des tissus légers de coton, généralement blancs. Ces espèces de tissus sont demandées beaucoup moins qu'autrefois. On en faisait en
Alsace en assez grande quantité; la Suisse en a maintenant, pour ainsi dire, le monopole.
Bazin. — Cette étoffe de c<5lon, dont le nom vient du grec (^(i.6axivôç, coton) est une de celles qui furent confectionnées les premières avec ce textile. On fit d'abord la chaîne en fil, et la trame en coton; puis, on fit tout le tissu en colon. On l'employait autrefois plus fréquemment qu'on ne le fait maintenant : les villes de Troyes, Lyon, Saint-Quentin et Cambrai, en confectionnaient des quantités considérables; le tissu était uni ou cannelé, ou à dessins. La mode en a fait abandonner à peu près l'usage en France et en Angleterre. On en fabrique encore beaucoup dans Hnde.
FuTAiNjE. — La futaine, dont le nom vient, dit-on, de Fustal, ancienne ville d'Egypte, était une étoffe grossière, dont la chaîne était de fil, et la trame de coton. Elle était fabriquée en grande quantité en Angleterre, et les industriels qui s'en occupaient prenaient le nom de maîtres en futaine , et futainiers. Ils ne fabriquaient pas eux-mêmes, mais ils achetaient le fil et le coton filés, et le livraient en quantité^ convenable aux tisserands (fustian weavers), qui leur rendaient les futaines confectionnées.
On fait encore des étoffes désignées sous le nom de futaine, mais elles sont composées uniquement de coton ou de laine, sans mélange; le fil estvsupprimé, parce que l'on sait filer des cotons assez forts pour remplacer, à meilleur marché, la trame en fil.
Mousseline. — C'est à Mossoul, ville de la Turquie