‹ Le cotonChapitre 125 sur 245 · Chapitre F · texte numérisé non relu

Chapitre F

journal des Etats-Unis annonça que, dans la dernière exposition des produits des manufactures de Rhode- Island, on avait décerné le prix à la fabrication des cordes de coton, après s'être convaincu que leur durée surpassait celle des cordes de chanvre; mais, malgré cette réclame, l'usage de ces dernières cordes a prévalu et se maintiendra sans doute. On fait cependant usage de cordes de coton dans quelques localités de la Grande- Bretagne. Il y a là une question d'économie, qui ne doit pas entrer en ligne lorsqu'il s'agit de comparer la valeur intrinsèque des deux produits.

L'exiTérience a prouvé que le coton n'a ni la solidité, ni la flexibilité du chanvre, et que la durée, dans divers milieux alternatifs, eau douce, eau de mer, est bien moins grande. Il a été fait justice des prétentions des cultivateurs- du territoire de l'Union, et les cordes de chanvre sont restées dans le commercé, malgré leur prix de revient plus élevé.

Les filets de coton , teints au cachou, paraissent cependiant être plus économiques que ceux de chanvre.

L'histoire rapporte que les Mexicains, du temps de Cortez, portaient des cuirasses (escanpil) de coton, telles que les armes des Espagnols ne pouvaient les percer. Elles offriraient maintenant une bien faible résistance aux fusils Remington et aux balles cylindro-coniques.

Quel est lé sort réservé au colon parcheminé, et au nouveau tissu fait avec le coton, dont parle le Journal of the Society ofAris, invention qui vient encore d'Amérique? Voici en quoi elle consiste : le coton brut, bien

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nettoyé, est plongé,, pendant vingt-quatre heures, dans une solution comi)osée de/, une partie d'acide salfurique concentré, une partie de sulfate de glycérine, et trois parties d'eau, à la température de M"* 65. Ensuite, on le met en presse, entre deux cylindres de verre, jusqu'à ce que le papier de tournesol n'accuse {ilus aucune trace d'acide. Après séchage, on trouve que les fibres ont acquis quelques-unes des 'qualités qui distinguent la laine de mouton , et, pour leur faire subir les différentes opérations de la filature, du tissage et de la teinture, elles doivent auparavant être soumises à une sorte de feutrage. On dit que les tissus faits avec ce nouveau coton ressemblent beaucoup à ceux de lainç naturelle, et qu'on ne reconnaît bien la matière cotonneuse, que par l'odeur qu'elle répand, en brûlant. Les propriétés remarquables du coton parcheminé vont probablement permettre de le substituer aux autres matières employées jusqu'ici dans la fabrication des articles, où la laine n'entre que pour moitié. *

Le fil de coton parcheminé peut, dit-on, remplacer avantageusement le fil de lin, dont il acquiert les qualités, tout en ayant plus de force que lui. Comme il est beaucoup moins dur, surtout dans les numéros fins, employés pour la fabrication de la batiste, on voit que le procédé peut être très avantageux (i).

Le coton peut être employé à ouater une étoffe quel-

(1) Journal officiel du 12 août 1879

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