Chapitre V
conque, soie, laine, coton, etc., c'est-à-dire à former, entre les deux tissus, une nappe plus ou moins épaisse, et qui ne forme plus qu'une seule étoffe. Lorsqu'on fait ce travail à la main, la confection revient à un prix relativement élevé, à cause du travail de main-d'œuvre. M. Dufour a pris, il y a déjà plusieurs années, lin brevet d'invention, pour l'application du métier Jacquart à l'exécution de ce travail. Avec ce métier mécanique, et avec un tire double maillon, placé sur le métier ordinaire à lisser, on parvient à faire deux tissus, en les ouatant, et les attachant ensemble, de manière à ne faire qu'une seule et même étoffe. On trouvera la description de ce procédé économique, dans le XVI* volume delà Publication industrielle d'Armengaud, p. 236.
Le coton entre encore dans la confection du bougran ; il est employé, en quantités considérables, dans celle des couvertures de lit, en piqués ras et à dessius, ou en piqués molletonnés, et dans l'article si varié bonneterie, dtpuis le bas le plus fin, jusqu'au simple bonnet de coton.
Nous ne pouvons entrer dans plus de détails sur la transformation du textile qui nous occupe; les besoins des peuples civilisés, les goûts, les caprices de la mode font varier, à l'infini, les productions de nos manufactures; les noms les plus divers sont donnés souyent à des tissus qui ne présentent, au fond, qu'une bien légère différence. Le commerce cherche à les multiplier ^ autant que possible, afin de provoquer les désirs, et, par suite, l'achat.
'^fîs:
Le coton a été étudié par le D"^ Rauch et M. Ern. Baudrimont, pour la conservation des fruits. Des grappes de raisin, recouvertes de coton, se sont conservées intactes, jusqu'en mars et avril de l'année suivant leur récolte, préservées, [par le coton, du contact de ces mille agents destructeurs, à qui l'air sert de véhicule. M. Tyndall, à Londres, a prouvé que l'air, qui a traverse les flocons d'ouate, est parfaitement purifié.
C'est en vertu du même principe qu'afin de préserver les ouvriers qui travaillent des matières délétères, de l'introduction dans les poumons, par la respiration, de parcelles de ces corps malfaisants, M. Wolf a inventé un masque qu'il appelle respirateur d'ouate, avec un tampon de coton non cardé, sur lequel s'arrêtent les poussières et les corps étrangers qui pourraient occasionner des troubles dans les. voies respiratoires et même dans la santé de l'ouvrier.
Ce masque pourrait être employé en temps d'épidémie, par les personnes obligées de s'approcher dgs malades (i).
(1) Dans son Traité de la Peste, publié en 1721, un an après la peste de Marseille , un médecin de Genève , Jean Manget , donne un modèle du costume singulier que portaient les personnes chargées de soigner les pestiférés. Entre autres détails , on trouve celui-ci : le nez en forme de bec, rempli de parfums et oint intérieurement de matières balsamiques , n*est percé que de deux tf'ous , un de chaque côté , mais cela peut suffire pour la respiration, et l'air que l'on respire n'arrive à l'odorat, qu'imprégné du parfum des drogues renfermées dans le bec. Ce moyen fut également employé pendant la peste de Nimègue.