‹ Le cotonChapitre 128 sur 245 · Chapitre V · texte numérisé non relu

Chapitre V

et de plantes. — Voici cependant un exemple de ce fàil, que l'on trouve cité dans le yRecueil de la Société littéraire et scientifique de Manchester.

Un mollusque d'éau douce, qui vit dans l'Amérique du Nord, \eplanorbis dilatatus (Gould), fut trouvé pour la première fois en 1869, dans les canaux de Pendleton et de Gerton, près de Manchester, par M. Thos. Rogers. Ces canaux recevaient les détritus de Tépluchage de deux filatures, et c'est par le coton américain que ces mollusques avaient été apportés. Le planorbis dilatatus s'est ensuite beaucoup multiplié dans ces mêmes localités et dans tout le cours des canaux de cette partie de TAngleterre; un charmant polypier d'eau douce, le plumatella repens, s'est également multiplié, car les planorbis se nourrissent des branches mortes de ce polype.

On présume que ce dernier mollusque avait été importé en Angleterre dans des balles de coton américain. En effet, à l'époque de la guerre civile d'Amérique, un grand nombre de balles de* coton furent utilisées comme défenses vers les cours d'eau , ou pour bal*ricader les bateaux. C'est encore un emploi du coton que je n'aurais pas songé à indiquer.

Quelques-uns des mollusques qui adhéraient au colon furent sans doute submergés accidentellement et jetèrent leur frai. La dessication à laquelle les cotons furent soumis avant leur vente n'empêcha pas le frai adhérent aux fibres textiles d'arriver à éclosion dans les canaux où avaient été jetés les déchets de l'épluchage de ce coton. On trouve dans les mêmes canaux le shœrium

ovalis, dont la présence peut être attrituée aussi au coton, ainsi que, sur les bords, le digitaria sanguinalis W,

M. Pasteur se sert beaucoup de coton-poudre pour ses expériences sur la génération spontanée®.

Nous ne parlerons que pour mémoire du fulmi-coton baryteux et de la poudre à canon américaine inventés par MM. Maskil et Totten. Il en sera de même de l'ébonite composé de celluloïde, dont le fulmi-coton est la base, et de Tivoire artificiel, inventé par M. Charles Selly, qui n'est autre chose que du fulmi-coton trituré avec du camphre solide et revêtu ensuite d'un mélange de coton-poudre et d'huile de castor (3).

Si l'emploi -du coton est le plus souvent inoffensif et même bienfaisant, il devient quelquefois très nuisible à la santé, étant employé avec des substances délétères. Il sert, par exemple, à faire des mèches jaunes à briquet, et contient alors plus du cinquième de son poids de chronaate de plomb, poison très actif, qui lui communique sa couleur jaune; en même temps que la propriété de brûler au contact de là plus légère étincelle. Les fumeurs qui s'en servent ignorent la plupart que, dans la préparation nécessaire pour livrer ces mèches à la consommation, il se dégage du coton une poussière empoisonnée, qui occasionne de nombreux cas d'intoxica-

(1) Figuier, Année scientifique^ 1877.

(2) Ibid., 1872.

(3) Figuier, années 1871-1877.

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