Chapitre V
On a proposé de délivrer, aux soldats allant au combat, des tampons de coton salicynés, c'est-à-dire imprégnés d'acide salicylique, de 2 à 3 grammes, dont ils pourraient se servir pour effectuer un premier pansement, en attendant le secours d'un médecin.
Il y a quelques années, le D*" Pepper, chimiste anglais, annonça à ses auditeurs qu'il venait de faire deux livres et demie de sucre avec de vieilles, chemisijs. Le fait parut extraordinaire, il fut cependant renouvelé en Allemagne^ et une fabrique spéciale fait actueUemenl, dans ce pays, du sucre avec de vieux chiffons. Voici, dit la ffature (1881, p. 134), comment on procède : « Les chiffons recueillis sont traités par l'acide <f sulfurique et convertis en dextrine. Celle-ci est traitée a par un lait de chaux et ensuite soumise à un nouveau € bain sulfureux qui la convertit en glucose qui, « obtenue par ce procédé, est identiquement semblable € à celle du commerce et peut-être employée de même «^aux confitures, gelées, boissons. >
La glucose dont on se sert habituellement, se fabrique avec l'amidon.
Le coton peut servir à reconnaître si le vin est falsifié. Le D^ Didelot a fait paraître une brochure qui a pour titre : Procédé pour reconnaître la falsification des Vins et pour rechercher les matières colorantes. Voici en somme comment il procède : il met dans u,n verre à liqueur une petite boule de coton-poudre, avec 10 ou 15 grammes du vin qu'il s'agit d'expérimenter. On agite pendant quelques secondes et on lave ensuite
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le coton. Si. le vin est pur, le coton redevient blanc; dans le cas contraire, il reste coloré par la fuschine ou par les autres matières colorantes. Le coton -poudre indique non seulement qu'il y a coloration factice, mais encore quelle est la nature du principe colorant 0).
Il ne faut pas oublier de signaler encore un emploi avantageux du coton. On lit, dans le Bulletin d' Encouragement , que M. Ferrée a imaginé une préparation du coton, destinée à retenir la nicotine contenue dans la fumée du tabac et rendre ainsi la pipe ou le cigare inoffensifs. Son procédé consiste à tremper du coton dans une dissolution aqueuse très étendue d'acide tannique. Quand le coton est bien imbibé^ on l'exprime entre les doigts et on le fait sécher à l'étuve; puis on en introduit un fragment dans un porte-pipe ou porte-cigare spécial. L'air extérieur, aspiré par la bouche, détermine la combustion du tabac. Une partie de la nicotine se brûle, tandis qu'une autre se trouve entraînée, sous forme gazeuse, avec les vapeurs empyreumatiques. En traversant le coton imbibé d'acide tannique, ces vapeurs déposent toute la nicotine dont elles sont chargées, et le fumeur peut se livrer à son plaisir favori sans craindl-e les suites quelquefois funestes d'un empoisonnement par cette substance délétère.
On se demandera peut-être comment le coton peut servir à l'acclimatation d'espèces d'animaux inférieurs
(1) Figuier, Année scientifique, 1876.