‹ Le cotonChapitre 130 sur 245 · Chapitre V · texte numérisé non relu

Chapitre V

difflcilement; il y a toujours un peu d'adhérence. Dans une masse, on reconnaîtra le fil de coton du fil de lin, par la sensation qu'éprouvera la main : si les écheveaux sont de lin, on sentira une impression de fraîcheur; ce sera le contraire, si les écheveaux sont de coton.

Le coton esta filaments plus courts que le lin; on se sert de cette différence pour constater, plus pratiquement que par le moyen de l'acide sulfurique, si le tissu douteux est de lin ou de coton : on fait subir au tissu le débouilli du savon, afin d'enlever l'apprêt; on dégage ensuite quelques fils, on les détord entre les doigts, on ouvre lé fil, et c'est à la longueur des filaments primitifs qu'on peut reconnaître leur nature. Si ces filaments ont plus de 40 •"/„ de longueur, on peut être assuré qu'ils ne sont pas de coton : ce n'est pas à dire pour cela que tous ceux qui ont moins de longueur soient de coton; il peut arriver que les filaments de lin soient rompus et n'atteignent pas cette dimension. C'est une règle générale qui, jointe à l'aspect du filament lisse ou ondulé , peut servir dans les cas ordinaires.

On peut se servir avec un égal succès de l'acide picrique, découvert par Hausmann en 1788. La soie étant le seul élément d'un tissu -qui puisse être dissous par l'acide chlorhydrique concentré, et le coton, de son côté^ n'étant pas jauni par l'acide picrique, on conçoit que l'emploi de ces deux réactifs puisse permettre de déterminer rapidement la proportion de soie , de laine et de

coton qui entrent dans la composition d'une étoffe déterminée 0).

§ IV

Combustion spontanée. — Fermentation. — Précautions à prendre. — Coton gras. — Expériences à ce sujet.

Les balles de coton fortement comprimées et entassées, dans un espace où l'air ne circule pas, s'enflamment quelquefois spontanément. On a eu trop fréquemment à déplorer l'incendie de magasins et surtout de navires chargés de cette matière. L'humidité est la cause principale des accidents : elle produit d'abord la décomposition de la matière organique; la chaleur propre au coton se développant encore par cette décomposition, fait fermenter la masse ; l'oxygène qui l'environne se transforme en acide carbonique et la chaleur, arrivée à'un degré assez élevé, produit d'abord une combustion lente qui augmente sans, cesse et finit par enflammer la masse. Celte chaleur, ainsi développée et emprisonnée, devient d'autant plus intense que Tagglomération du coton est plus compacte et plus considérable.

Lorsqu'on charge des navires de balles de colon, il y aurait une simple précaution à prendre contre l'incendie du chargement; il suffirait pour cela de laisser l'air

(1) Procédé de M. Spiller, Revue des Cours scientifiques, 1871.

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