‹ Le cotonChapitre 131 sur 245 · Chapitre V · texte numérisé non relu

Chapitre V

circuler entre les balle». Loin de là, on les arrime dans la cale le plus fortement possible au moyen de crics, et tout l'intérieur du navire n'est plus pour ainsi dire qu'une masse homogène d'un volume considérable , au centre de laquelle peut s'allumer le foyer d'un incendie, pour peu que le coton ait encore conservé des traces d'humidité.

Les déchets de coton, entassés dans le coin d'un magasia en trop grande quantité, et surtout les cotons imprégnés de matières grasses, ayant servi au nettoyage des machines à vapeur, sont plus susceptibles que les autres de s'enflammer spontanément. Tout imprégnés qu'ils sont d'huile, ils absorbent beaucoup d'oxygène, et quand l'huile vient à s'oxyder à l'air, la ten[ipérature s'élève très rapidement et détermine aussitôt la combustion de la masse. Aussi est-il défendu, dans les établissements à terre, d'agglomérer ces résidus dans l'intérieur; à bord des bâtiments, on les jette à la mer, et tout danger (Jisparaît. ^

M. Gallitly a fait à ce sujet des expériences curieuses, dont il a donné connaissance dans un mémoire lu à l'Association bi^itannique. Nous en citerons une seule.

Une poignée de coton de rebut, trempée dans de l'huile bouillie, est ensuite tordue et mise avec du coton sec dans une boite de 42 centimètres de longueur, sur 17 de largeur et 17 de hauteur. Une ouverture, pratiquée dans le couvercle, permet d'introduire un thermomètre au milieu du coton imprégné d'huile. La chambre où se trouve la boîte est maintenue à une

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température d'environ TO'^ cent.; bientôt, on voit le thermomètre monter rapidement, et, au bout d'une heure un quart, il est à 173 degrés. La fumée qui sort de la boîte indique que le coton a pris feu, et dès qu'on expose la boîte à l'air, on voit jaillir la flamme (^).

Le coton est mauvais conducteur de la chaleur; c'est pour cela qu'fin vêtement de coton tient plus chaud qu'un vêtement de toile, et qu'un mouchoir de coton ne rafraîchit pas le visage comme uu mouchoir de batiste, de lin. Les fibres grossières du coton pos:sèdent très peu de capillarité et n'absorbent pas la transpiration de la peau.

D'après le procédé de M. Abel Martin, couronné par la Société d'Encouragement au Bien, on peut rendre incombustible un tissu de coton imbibé d'une dissolution chaude composée comme suit :

Sulfate d'ammoniaque 8,0

Carbonate d'ammoniaque . 2,5

Acide borique 3,0

Borax pur 1,7

Amidon 2,0

Eau 100,0

Il suffirait, après avoir bien trempé et imbibé le tissu, de le faire sécher et de le repasser ensuite, comme s'il s'agissait d'un empesage ordinaire.

(I) Bévue des Cours scientifiques, 4875, p. 438.

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