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Chapitre V

« pour écrire avec une espèce de craie, qui n'est que « de la terre glaise, séchée au soleil. »

Des Tarlares, l'industrie du papier passa aux Arabes; un habitant de la Mecque, nommé Amru, aurait, si l'on en croit la tradition, établi dans cette ville, en 706, une fabrique de papier.

De même que, pour les étoffes, les Arabes, en s'av^nçant vers l'Occident' apportèrent avec eux le procédé de confection du papier, l'Egypte, les côtes de Barbarie, l'Espagne, virent s'élever des fabriques, et l'usage du papyrus et du parchemin tomba peu à peu.

On cite des bulles des papes Sergius II, Jean XIH, Agapet II , depuis 844 jusqu'en 968 , écrites sur papier de coton. La Bibliothèque nationale, en France, possède un manuscrit sur papier de coton, qui porte la date de 1050; d'autres manuscrits, un peu postérieurs, sont également écrits sur papier de coton. Il faut remarquer que ces manuscrits, dont les caractères sont tracés, jusqu'au XII^ siècle, avec une encre composée de noir de fumée, sont très lisibles, tandis que ceux des XV'^ et XVI® siècles, écrits sur du papier fait avec du vieux linge, et avec une encre composée de noix de galle et de sulfate de fer, sont décolorés au point qu'on peut à peine les lire.

L'histoire constate l'existence de fabriques de papier, en Espagne, dans le XII® siècle, en France, dans le XII^ , ensuite en Allemagne et en Italie. On cite du papier de linge fabriqué dans l'Allemagne méridionale, qui avait des ciseaux pour marque.

Le premier établissement de ce genre , en Angleterre fut construit vers la fin du XVP siècle à Dartford, dans le comté de Kent, par un Allemand du nom de Spielman. Nos voisins restèrent pendant longtemps nos tributaires pour cette fabrication. La France envoyait, en 1658, pour deux millions de papier en Angleterre et en Hollande, et en exportait jusqu'à Alep, en 1777.

C'est principalement dans les provinces du Poitou, du Limousin, de l'Auvergne et de la Normandie que cette industrie prit de l'extension.

Colbert écrivait à Chamillard, de Saint-Germain-en- Laye, le 21 novembre 1670, au sujet d'une requête à lui présentée par les propriétaires de moulins à papier,

pour obtenir un dégrèvement de droits : « ainsy de

« trois endroits où cette manufacture est establie en « France, sçavoir en Bretagne, Normandie et dans les c( provinces d'Auvergne et de Limosin, l'on ne peut pas « charger de droits celle de Bretagne, et à l'égard de « celle de Normandie, on ne peut pas la soulager de (( droits, sans préjudicier aux autres, qui, estant enclaa vées au milieu du Royaume, et n'ayant presque << aucune autre manufacture, ce préjudice seroit trop

« grand, et pourroit causer leur ruine entière » El

le 26 septembre : ^

« Je sçay bien que la fabrique du papier est diminuée ft en Normandie, mais comme cela ne provient que des c( establissements qui se sont faits en Bretagne, il est (( difficil d'y trouvers un bon remède 0) ».

(1) Doc. inéd. sur l'Hist. de France, Depping, UI, p. 846-848.

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