‹ Le cotonChapitre 132 sur 245 · Chapitre V · texte numérisé non relu

Chapitre V

Il paraît que les décors de la plupart des théâtres de Paris sont traités aujourd'hui par ce procédé.

Chiffons de coton. — Transformation en papier. — Rubruquis. — Chine et Japon. — Les Arabes. — Fabriques de papier en Europe. -- Autres usages des chiffons de coton. — Les Américains du Nord. — Classification fies chiffons.

Après avoir subi les nombreuses transformations décrites précédemment, le coton, converti en tissu léger ou épais et solide, a joué son principal rôle dansTéconomie domestique. Ce tissu est devenu impropre au service au bout d'un temps plus ou moins long, suivant l'usage qu'on en a fait; il est réduit à l'état de chiffon ou drille. Les fabriques de carton ou de papier le réclament toujours, malgré les nombreux essais qu'on a faits depuis longtemps pour le remplacer par des matières ligneuses, plus abondantes encore et d'un prix moins élevé.

Depuis bien des siècles, l'extrême Orient avait tracé la voie dans la transformation du coton en papier; plus de dix siècles avant l'ère chrétienne, les Chinois et les Japonais fabriquaient avec ce produit végétal non seulement du papier, mais encore des vêtements et même les*cloisons de leurs appartements. L'eau de riz, qui entre dans la confection de la pâte, rend les diverses parties de l'amalgame plus agglutina tives et assez adhé-

-294 Le Colon.

renies les unes aux autres pour qu'ils aient pu faire des cordes et du fil de chaîne pour des tissus grossiers (X).

La finesse de la transparence de certains papiers de Chine ont fait supposer qu'ils étaient composés de soie; mais ce produit animal ne peut ni se triturer ni se réduire en une pâte homogène, comme un végétal , et par conséquent êlre transformé en papier.

Rubruquis, cordelier flamand, qui voyageait en Chine en 1254, rapporte que la monnaie courante du Cathay (c'est ainsi qu'on désignait la Chine à cette époque) faite tic papier de coton, élait grande comme la main, et qu'on y imprimait certaines lignes et marques, faites comme le sceau de Cham.

De la Chine et du Japon, l'industrie du papier passa chez les Tarlares, à l'époque où ils conquirent la Boùkharie. Une fabrique considérable de papier existait à Samarkand, capitale de ce royaume, et fut en pleine activité pendant plusieurs siècles. On dit qu'en 1676 le Sophi de Perse écrivit au roi de France une lettre sur du papier sorti de cette manufacture, et les voyageurs dans le royaume de Siam, au XVII® siècle, rapportent que dans ce pays on faisait du papier, non seulement avec de vieux chiffons, mais avec de l'écorce d'un arbre qu'ils nomment ton-coë, «et qu'ils pilent comme le linge. « Quoiqu'il n'ait pas la blancheur du nôtre, ils écrivent « dessus avecTencre de chine. Souvent ils le noircissent

(1) Comme agglutinatif, les Japonais se servent encore d'une plante appelée oreni.

Page 1