Chapitre V
La plupart des articles dits da Japon, sont faits en papier mâché, c'est-à-dire papier en pâle; ils sont recouverts de laque, comme ceux en bois, sont plus légers, et né s'en distinguent que difficilement à la vue.
Il paraît qu'en Amérique, on a confectionné des jupons de femme, des chaussettes, des chapeaux en papier; à l'exemple des Japonais, on a construit des maisons, et même fait des navires et des cloches (X),
Dans l'État de Wisconsin , on en a (ait des tonneaux. Dans ce pays, ainsi qu'en Angleterre, on a su comprimer le carton assez fortement, pour en faire les roues des wagons des chemins de fer, surtout dans la Compagnie de Pulman-cars.
On lit, à ce sujet, dans le Journal officiel du 8 décembre 1877 ; « Une maison en carton vient d'être con- <k struite, pour la première fois, aux États-Unis, près de « New-York; une société s'est constituée pour l'exploi- « tation du procédé. Elle fabrique, chaque jour, « 16 tonnes de coton comprimé. Cette composition a « l'aspect d'nn carton solide, préparé en pâtés, pesant « lÔO livres environ, et ayant 32 pouces. Soumises à a une pression de plusieurs centaines de tonnes, les « fibres se condensent, s'unissent, de manière à ce « qu'on ne puisse les traverser. Comme le carton est « mauvais conducteur du calorique , cette pâte est tt chaude en hiver et froide en été. »
(1) Année scientifique, 1876, n» 195.
300 Le Cotoit,
La résistance el Pélasticité que présente le papier réuni en bloc, ont suggéré celte idée : une pression, équivalente au poids de 400 tonnes, transforme le papier en une masse homogène, qu'on façonne à volonté; par suite, on a proposé l'emploi du coton, pour la confoction des' parapets. Le coton comprimé, résistant plus au boulet que le chêne, l'avantage du coton, dans ce cas, serait d'éviter Tes éclats.
Il faul se tenir en garde contre les extensions exagérées de l'emploi utile d'une matière quelconque. Si, au premier abord, on croit reconnaître quelque avantage à une nouvelle invention, on ne tarde pas souvent à en découvrir les inconvénients , et à revenir aux anciens procédés. Quelle que soit la différence de prix entre les objets confectionnés en pâte de papier de coton, et ceux pour lesquels on emploie des matériaux plus solides, le bois, le fer, les tissus, on n*hésitera pas à revenir à ces derniers, qui offrent une plus complète garantie de durée et de solidité.
Sir Rutherfort Alcok décrit, dans ses Trois ans au Japon, le mode de préparation du papier, qu'il a vu exécuter sous ses yeux. La pulpe d'une première plante, gampij sert de base; on y ajoute celle du tamo^ pour obtenir plus de ténacité, et celle du mil-soû-mala, pour rendre l'ensemble homogène (chap. xxi).
M. Auzou a utilisé le papier d'une autre façon, et inventé un procédé pour faire des plaques et rubans de cardes, sans cuir, à l'aide d'un tissu composé de toiles de coton de chanvre ou de lin. Son invention est pré-