Chapitre V
cieuse, en ce sens qu'elle économise le cuir, dont la ponsommation est considérable dans la fabrication des cardes (i).
§ VI. '
Emploi de la graine. — Analyse. — Tourteaux pour Talimentatioii des bestiaux. — Huile de coton.
Toutes les parties du précieux végétal dont nous essayons d'esquisser l'histoire, sont utilisées par Tiudustrie de l'homme, soit telles que la nature les produit, soit à la suite de transformations plus ingénieuses les unes que les autres.
Après kvoir parlé de la bourre soyeuse qui enveloppe la graine, il nous reste à dire quel parti on lire de cette semence.
La grarae du cotonnier est ovale, anguleuse, de la grosseur d'un petit haricot, généralement noire, à épiderme rugueux, spongieux; l'albumen mucilagineux et blanchâtre, qui renferme l'embryon, durcit et jaunit en vieillissant. Cet albumen est une excellente nourriture pour les bestiaux. Nous extrayons ce qui suit à ce sujet du Paient-Office Report (2), pour l'année 1860.
« Avec les graines dépouillées de leur soie , on
« fait des tourteaux qui servent de nourriture aux ani-
(1) Armengaud, Publication industrielle, ann»?e 1841.
(2) Rapport du Bureau des brevets d'invention aux États-Unis.
302 U Coton,
\( mau\ domestiques. Ces tourteaux sont de deux es- « pèces : ceux qui sont faits avec la graine décortiquée, € les autres, avec la graine noo dépouillée de son ente veloppe noirâtre. La différence de composition de ces « deux sortes de tourteaux est très grande. Les premiers a contiennent 16 Vo d'huile, pendant que les seconds jc n'en donnent que 6.
€ La proportion d'albumine ou de matière nutritive,
< dans les tourteaux décortiqués, monte à 41 ^/o; dans <i les autres, elle n'est que de 23 «/o. Dans ces derniers, ce la fibre ligneuse est en bien plus plus grande quantité. « Le testa (le péricarpe), dans les tourteaux, fut long- « temps une grande difficulté pour l'emploi de ces pro- « duits aux États-Unis.
« La différence de valeur de ces deu5{ espèces de tour- « teaux est si grande, que deux tonneaux d'huile, pro- « venant de tourteaux de graines non décortiquées, ne (( font pas plus d'usage qu'un tonneau de tourteaux de « graines décortiquées. De plus, il y a un certain danger « à se servir de la première espèce. On a cité plusieurs « cas d'empoisonnement par cette cause. Les animaux (f qui ont mangé , en liberté , des tourteaux faits avec « des graines non décortiquées , sont morts subitement, <r et le peuple a cru qu'il y avait quelque chose de nuic( sible dans l'enveloppe.
, « Il n'en est rien cependant, et quand cette alimena tation est donnée en proportions convenables, il n'en
< peut résulter aucun inconvénient; mais si on la donne « à volonté, avec une nourriture sèche, il y a danger