Chapitre V
plètemenl ces causes de destruction, il faudrait être au milieu des plantations de cet arbuste : nous ne pourrons donc que donner les renseignements recueillis çà et là.
Parmi les végétaux*, on a remarqué particulièrement, en Algérie, le œnvolvulus arvensis, qui s'enroule autour des tiges de l'arbuste, empêche son développement normal et diminue la production en modifiant l'inflorescence; le cynodon daclylon, dont les racines traçantes s'enchevêtrent dans celles du cotonnier et absorbent les sucs et l'humidité nécessaires à la végétation et au développement de cet arbuste; dans les pays intertropicaux, où la végétation est si puissante, d'autres plantes sauvages ne tarderaient pas à étoulîer le cotonnier, si on ne prenait grand soin de les arracher.
Certains cryptogames l'attaquent et l'altèrent profondément. Le président de la Commission royale pour l'agriculture, en Italie, donne, dans un mémoire relatif à la culture du cotonnier dans ce pays, la description des maladies qu'il a observées dans les plantations; il signale entre autres, aux environs de Naples, des taches d'un jaune brun, noircissant et formant ensuite, par l'accroissement, comme un anneau au pied de l'arbre. On appelle cette mdldiiie pellagre ; c'est sans nul doute une urédinée. Le professeur Gasparini regarde ce cryptogame comme semblable à celui qui occasionne la maladie de la vigne, un oïdium.
M. Tressol, planteur au Sénégal, a remarqué trois sortes de maladies dans sa plantation de cotonniers à Dakharbongo, près de Saint-Louis. La première a lieu
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pendant les journées chargées de nuages. On voit, le matin, les cotonniers bien frais et bien portants; à midi, on les voit se flétrir, et la feuille est sèche le soir. En observant la racine, on ne trouve aucune trace d'insecte. M. Tressol attribue cette mort de l'arbuste à des rayons solaires formant la pinnule à travers les nuages.
La deuxième maladie, observée par le même planteur, a lieu pendant les neuf mois de la saison sèche. Les cotonniers paraissent être en bonne santé, produisant des fleurs et amenant le fruit presque à maturité. Alors les cotonniers périssent de la môme manière que les précédents; en les arrachant , la tige encore verte, on trouve les racines pourries et sillonnées par des insectes qui ont déjà disparu. Serait-ce des phylloxéra?
La troisième est la maladie pédiculaire qui amène la chute des feuilles et l'avortement des capsules (i).
Aux Antilles, un champignon attaque aussi fréquemment les cotonniers. Cette plante parasite est combattue par l'emploi du soufre.
Les ennemis, dans le règne animal, sont plus nombreux et plus redoutables; les crabes de terre ou tour- * tourons, en Guyane, creusent dçs trous, des galeries dans les plantations, et, s'attaquant aux racines des cotonniers, ils les font périr à la longue.
Nous ne parlons pas du ravage que font également le lapin, le lièvre, les rats des champs et les animaux
(1) Revue coloniale, 1865, p. 571.