Chapitre V
domestiques, qu'on pourrait laisser pénétrer dans les enclos. Tous ces ennemis du cotonnier doivent être sans cesse combattus par le cultivateur désireux de voir ses plantations se développer et arriver à leur complète évolution, c'est-à-dire à la production du coton dans les conditions les plus favorables.
Ce sont surtout les insectes qui font des ravages terribles dans les plantations de cotonniers. En Afrique, les sauterelles dévorent en- un instant un champ qui donnait la plus belle espérance; les punaises, les ravets sont fréquents sur ces arbustes, sucent leur suc, mangent leurs feuilles, coupent leurs bourgeons et finissent ppr les faire périr. Les grillons, les fourmis, à Cayenne, les criquets, les courtilières, en Algérie, les doryles, sorte de fourmi, une espèce d'ichneumon, en Afrique, le grillon monstrueux daiïs l'Inde, en même ^ temps que les adories, une espèce de mouche à Java , de nombreux coléoptères, dans^ l'Amérique du Nord, des araignées, des vers, tous ces petits animaux sont le fléau des cultures et quelquefois leur ruine.
Aux États-Unis, une phalène fait son apparition dans ' les champs de cotonniers à des époques périodiques , tous les dix-sept ans, disent quelques-uns. Elle dépose pendant la nijit ses œufs sous les feuilles, et les vers, qui ne tardent pas à éclore, les dévorent, jusqu'au moment de la métamorphose; la chrysalide devient phalèae; dix jours après, la ponte s'opère et l'insecte meurt.
Dès 1790, on se préoccupait des moyens de détruire les insectes qui attaquent les cotonniers, principalement
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une chenille qui se développe dans le court espace de 28 jours. Les habitants de Saint-Domingue demandèrent au ministre de la marine, M. de la Luzerne, qu'on fît venir de l'Inde un oiseau appelé Martin, espèce de merle qui, transporté à l'Ile-de-France, avait donné d'excellents résultats. Ces oiseaux fièrent embarqués en assez grand nombre sur ï Alexandre et le Stanislas, mais ils périrent faute de soins, aux environs du cap de Bonne-Espérance. On renouvela Texpérience en 1818, et des mesures furent prises pour que ces oiseaux arrivassent en bon état dans notre ancienne colonie (i). Nous ne saurions dire quel résultat^ a été obtenu.
On a proposé, pour en débarrasser les cotonniers, de disposer çà et là des plats remplis d'un mélange de mélasse et de vinaigre, dans lequel les phalènes viennent se noyer. Mais est-ce un moyen pratique sur une grande échelle?
Il ne faut pas oinettre Varmy worm (ver de l'armée), qui fait tant de ravages dans les exploitations agricoles aux États-Unis. Cette chenille s'avance par escadrons dans un ordre de marche d'une étonnante régularité. > Elle affecte principalement les terres basses et humides. Tout lui est bon (2).
Le ver de la gousse est encore la terreur des plan-
Ci) Annales maritimes, 1818, partie non-offîcielle , p. 38d (2) Figuier, Année scientifique, 1880.