PAPIUONACÉES
La grande famille des légumineuses ou papilionacées donne à l'industrie un nombre assez considérable de plantes textiles, mais qui ne peuvent rivaliser avec le coton. Nous trouvons d'abord l'indigotier, qui, outre la matière tinctoriale et le principe savonneux qu'il fournit en abondance, donne aussi des fibres tenaces, employées dans l'Inde; ce même pays emploie les fibres
(1) II a été fait mention, à la page 75, du fibrilia; c'est une idée analogue, dont M. Payen a fait justice dans une note communiquée à l'Académie des sciences, en réponse à un mémoire de M. Watlemare.
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du sophora; du sesbannia cannabina, on obtient une excellente fdasse, présentée à rExposilion de 1878.
On désigne sous Je nom de chanvre du Bengale deux genres différents, Yœschynomene et le crolalaria. Le premier donne une fibre dont on fait de bonnes cordes, des tissus fort estimés et du papier; avec le second, on fabrique des sacs, des toiles à voiles et des chapeaux dits « en moelle d'aloës. » On comprend facilement qu'il n'y a de spécialité que selon la qualité, et que des filasses provenant déplantes différentes peuvent être employées aux mômes usages, à qualité égale.
La Société africaine a envoyé, à FExposition de 1878, des échantillons de fibres de crotalaire. Cette plante est cultivée dans flnde sur une large échelle. En Cochinchine , on en fait des sacs appelés gunnies.
Le sparte a donné son nom à une branche d'industrie qui a pris depuis quelques années un accroissement considérable, la spârterie, c'est-à dire la confection d'objets en fibres de spariium et autres, tels que toiles grossières, tapis, paillassons, etc., etc. (0. Les tiges de cet espèce de genêt, qui croît principalement en Espagne, sont dépouillées de leur parenchyme au moyen du rouissage; on les taille ensuite et Ton obtient une filasse grossière.
M. Alex. Vitalis, dans le Journal d'Agriculture pratique.
(1) Dans son Dictionnaire, Desclierello indique le spart ou sparte, comme appartenant à la famille des graminés. 11 a fait confu?iion avec l'alfa et le diss,^ui sont également des plantes textiles.
rapporteque, dans les villages pauvres du bas Languedoc, * il est peu de maisons où Ton ne trouve du tissage fabriqué en toile de genêt, toile d'abord roussâtre, évidemment grossière, mais forte, nerveuse, inusable et devenant très blanche avec le temps. On file les fibres à la quenouille. ^
Les Kanacs des Marquises font des filets pour prendre le poisson avec les tiges flexibles du phaseolus, qu'ils appellent paftofto.
Le pachyrhizus montanus, espèce de dolichosj sert en Nouvelle-Calédonie, dit M. Le Comte (loc. cit.), sous le nom de qaechot, à la fabrication de filets qui ont la réputation de ne pas pourrir dans l'eau. Cette propriété est commune à plusieurs plantes.
Dans le Moorshedabad (Inde), les habitants désignent le butea frondosa sous le nom de pular, et en font des cordages.
Les fibres des trois espèces d^acacia indiquées au Sénégal servent à faire des cordes qui n'ont pas grande ténacité; le bauhinia, ce joli genre de papilionacées, renferme plusieurs espèces dont l'écorce peut faire de bons cordages; on le trouve dans l'Inde, à Ceylan et Timor.
M. Jouan cite, parmi les plantes industrielles de l'Océanie, un dioclœa (dolichos tuberosa, Labill) dont les longues racines traçantes fournissent, lorsqu'elles ont été bouillies et raclées, une filasse très forte, employée pour fabriquer d'excellents filets de pêche.
Les fils qu'obtiennent les Japonais du Kudzu servent