GRAMINÉES
Si le nombre des espèces de graminées textiles n'est pas aussi grand que celui qu'on trouve dans quelques familles citées précédemment, l'importance de quelquesunes est incontestable, et elles font l'objet d'un commerce considérable.
Avec la paille du coix lacryma, larmes de Job, les Japonais font des nattes appelées yochidsou et yochidsondaré, quand la paille est plus épurée.
La paille de riz est recueillie avec soin et préparée pour en faire d'élégants chapeaux et divers objets de vannerie fine. On lui donne improprement le nom de paille dUtalie, parce que le riz n'est point originaire de ce pays. Seulement on le cultive en grande quantité dans la vallée du Pô, et c'est là qu'on a employé d'abord ce chaume aux ouvrages ci-dessus indiqués.
Dans la province de Liège et le Luxembourg belge, on tresse avec l'épeautre des pailles pour chapeaux, qui peuvent rivaliser avec celles de la haute Italie, notamment Florence. En Birmanie, on confectionne de belles laques avec les flbrines du bambou, tissées à la main et recouvertes de différents vernis, sur lesquels les dessins s'enlèvent avec un poinçon d'acier. La légèreté et la flexibilité de ces objets en laque est extrême. Ils sont confectionnés dans les manufactures de Pagan et de Nioreng-Ou (Économiste).
420 Le ColQh.
La Guyane française et l'Inde ont présenté à PE^Lposition de 1878 des bractées engainantes de bambou , pour confectionner la pâte à papier. On fait à la Martinique des corbeilles et des chapeaux avec les tiges flexibles de cette graminée.
Valfa ou sparte^ espartero des Espagnols, est signalé par Pline, Clusier, Varron, Dioscoride, etc. On en fabrique maintenant, non seulement des cordages, mais encore des ouvrages de sparterie, des nattes, des chaussures, des toiles d'emballage, des brosses, des balais, de faux cheveux, des allumettes, du charbon dentifrice, des pâtes pour cartonnage, etc. W.
Le commerce de Valfa, dans notre colonie algérienne, prend un développement considérable, eu égard au peu de soin qu'en exige la culture. On la trouve dans les lieux les plus arides, stériles pour toule autre plante, et la récolte est des plus faciles; il faut avoir soin seulement, en arrachant les brins de paille, de ne pas déraciner la plante. La province d'Oran seule en fournit 60,000 tonnes par an, évaluées à 7,100,000 fr. &)
(1) Rapport de M. Jus, ingénieur à Batna, sur l'industrie des textiles algériens.
(2) Commission du tarif général des douanes , séance du 6 novembre
Il résulte, des travaux de la Chambre de commerce deTAlgérie, que Yalfa occïupe, dans cette autre France, quatre millions d'hectares, et qu'un hectare peut rendre, chaque année, par un arrachage judicieux des filarments, 1,000 à 1,200 kilogrammes de bonne marchandise, bien sèche, valant entre 10 et 15 fr. les 100 kilogrammes.
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