‹ Le cotonChapitre 35 sur 245 · Chapitre · texte numérisé non relu

Chapitre

que le coton-poudre a élé préparé convenablement. Il existe un grand nombre de formules également bonnes, pour la préparation au coUodion, dont la photographie fait un si grand usage. Une des plus simples est celle-ci :

Coton-poudre 5 bien sec. /.. 1 gramme.

Éther sulfurique, à 62«. . . 90 cent, cubes.

Alcool à 40«... 30 —

Si le collodion est trop épais, on le rend plus fluide, etf ajoutant une certaine quantité d'élher et d'alcool, dans les proportions indiquées ci-dessus 0).

En terminant l'histoire des transformations du coton,, qu'on me permette le récit succinct d'un fait plaisant, arrivé dans le laboratoire de M. Pelouze. Cet illustre chimiste avait cra trouver le moyen de faire, avec du coton, un aliment équivalent, par ses qualités nutritives, à la viande de boucherie, en partant de ce raisonnement que l'aliment le plus azoté était le plus nutritif.

Or, en trempant du coton dans de l'acide azotique concentré, on obtient une substance éminemment azotée.

M. Pelouze avait remarqué, pour confirmer son opinion, que les rats, dans son laboratoire, avaient mangé du coton transformé. C'était donc, selon lui, une substance alibile. Mais, outre que cette absorption ne prouvait rien en faveur de son idée, un léger incident

(1) Traité de Photographie sur collodion, par Alph. de Brébisson, 1855. Voir le journal la Nature, !•' sem. 4877, p. 15.

vint faire tomber tout le raisonnement du savant. Son préparateur ayant entre les mains le tisonnier, dont il s'était servi pour arranger le feu, le passa pai* hasard sur quelques crottes de rat, ce qui produisit une forte explosion. On renouvela l'expérience, et Ton fut forcé de reconnaître que si les. rats mangeaient l'azote pur, ils ne le digéraient, ni ne se l'assimilaient pas.

Si le savant chimiste n'avait pas trouvé un nouvel aliment, il avait fait la découverte du fulmi-coton, et, circonstance bizarre, la môme semaine que son confrère de Bâle.

Les savants spéciaux, sur la question poudre, accueillirent froidement cette découverte 0), qui ne tarda cependant pas à être appréciée à sa juste valeur, et maintenant le fulmi-coton , ainsi que le collodion , sont d'un emploi journalier, dans l'industrie et dans la médecine. Il n'en est pas de môme pour ie fulmi-coton, dans la balistique; l'excessive rapidité avec laquelle il s'enflamme, en a rendu, jusqu'à ce jour, l'emploi dangereux.

On sait que le lin et le chanvre sont beaucoup plus rebelles à la filature mécanique, que le coton et la laine. Cette difficulté a fait essayer la transformation de ces textiles en une espèce de coton, ou en cellulose pure. La première tenlalive remonte à 1774; elle est

(1) Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 1846, 2« semestre, page 811.

Page 1