Chapitre IIL
coton deux fois : le premier cardage le débarrasse des quelques corps étrangers qu'il pourrait encore contenir, malgré les épurations précédemment décrites; le second le dispose en rouleaux et le présente à l'étirage; il existe même des cardeuses doubles qui, par la manière dont les rouleaux des cylindres sont disposés, préparent complètement le coton et le présentent à l'étirage.
Dans l'opération du cardage on se propose, nous l'avons dit, de redresser les filaments et les ranger parallèlement pour en former un ruban continu. Un coton bien cardé donnera, à qualité égale, un produit en fll bien supérieur à celui qui aura été mal préparé.
On s*est demandé si le coton ne pourrait pas être traité de la même manière que la laine, c'est-à-dire s'il ne serait pas possible de substituer le peignage au cardage. Il est actuellement bien reconnu qu'il y a grand intérêt à le faire; seulement, il faut que les fibres soient d'une certaine longueur, pour que les peigneuses, même celles dites de Heilmann et de Hibner, de Mulhouse, puissent être utilement employées. M. Penot (BuU. de la Soc. ind. de Mulhouse, avril et mai 1874) raconte ce qui s'est passé au sujet de l'invention de cet instrument, dont l'inventeur, Josué Heilmann, ne put recueillir le bénéfice.
Les essais des peigneuses modifiées n'ont, jusqu'à présent, donné aucun résultat satisfaisant. Aussi la Société d'Encouragement a -t- elle proposé un prix de 2,000 fi*. à l'inventeur d'une peigneuse pour le coton
courte soie. Celte peigneuse devra produire au moins 10,000 kilog., et le prix de' revient de Isf préparation du coton avec cet engin ne devra pas dépasser celui de la carde 0).
La machine épurateur de M. G. Rislçr, manufacturier à Cernay, et la carde-débourreuse automate sont déjà adoptées par un grand nombre de manufacturiers, et tendent à se répandre de plus en plus dans les filatures de cotojj; elles dispensent du battage et du cardage, et donnent une nappe de coton suffisamment apte à l'étirage pour les filés en gros numéros. Pour les numéros de qualité supérieure, il faut que le coton passe par les cardes en fin. Vépurateur Risler est principalement avantageux pour les cotons courte soie , tels que ceux d'Egypte, de Surate, etc.
MM. Delamarre de Boutteville, à Rouen, ont exposé, en 1878, une machine ingénieuse dite carde-plantron , qui offre des avantages incontestables.
Nous ne saurions, sans entrer dans une voie autre que celle que nous nous sommes proposé de suivre, donner des explications détaillées sur l'utilité plus ou moins grande des- machines et appareils que nous signalons. Nous ne pouvons que renvoyer aux ouvrages généraux sur l'industrie, et aux traités spéciaux sur la manipulation du coton.
(1) Bulletin de la Société d'Encouragement, 1872.
, Chapitre III
Étirage et tordage. — Système primitif. — Arkwright.
Ed continuant l'étude de la transformation du coton, nous arrivons à l'étirage et au tordage. Cette opération consiste à resserrer et tordre les rubans de coton sortis de la machine à carder, afin de leur donner la force nécessaire pour qu'ils puissent être présentés, sans crainte de rupture, à la machine à filer. Jadis, en sortant des cardes, on se contentait d'attacher ces rubans à la broche du roiiet ; la torsion et l'étirage se faisaient simultanément, la main gauche de l'ouvrier agissait sur lè ruban, qu'il étirait avec plus ou moins de force, suivant la finesse du fil qu'il voulait obtenir, pendant que la main droite tournait la roue. Actuellement, l'étirage se fait au moyen d'une machine. Arkwright, que nous avons déjà eu l'occasion de citer, et dont on parlera plus loin, inventa, ou plutôt perfectionna cette ingénieuse machine, qui se compose d'un système de rouleaux et cylindres cannelés, allant avec une grande vitesse; cette machine réunit les bandes de coton en un plus ou moins grand nombre, suivant la force du fil qu'on veut obtenir. Puis vient l'opération du tordage, préparation indispensable avant que le coton soit introduit dans le métier à bobines, dit banc à broches, ou
r.>it^'^
dans le rota-frotieury suivant le numéro du fil que Ton veut obtenir W. «