Chapitre II
L'appareil Winkle, de Patterson (N. -Jersey, Él.-Un.), est celui dont on se sert généralement 'en Amérique (^).
§ VI
Cardage. — Le Ôhardon à foulon. — Gardes. — Divers systèmes mécaniques. — Teigneuses . — Machine-épurateur de Risler.
Quand le coton a subi ces diverses préparations, il forme une bourre soyeuse, composée d'une multitude de fils enchevêtrés les uns dans les autres et qui, au premier abord, paraît inextricable. Dans cet état, il n'est guère susceptible d'être filé, ou, si on le livrait à la machine, on n'aurait que des fils de grosseur irrégulière et qu'on ne pourrait employer au tissage de ces toiles fines et de tissu partout égal que produit chaque jour l'industrie. Il est indispensable que ces filaments si ténus, si déliés, soient disposés aussi parallèlement que possible. C'est ce qu'on obtient au moyen du cardage.
Tout le monde connaît le chardon à foulon et la multitude de pointes fines dont est hérissé le réceptacle des fleurons. Cette plante, encore usitée dans la préparation . des laines pour la confection du drap, a dû donner
p. 401, de la piiblicalion ind"'' d'Arniengaud. M. Aug. Dolfus y a apporté une modification importante, pour empêcher les accidents.
(1) Le Technologiste de 1864, page 31, donne une description de cette machine. Celui de 1865, p. 33. décrit le perfectionnement de M. Harosworth.
ridée des cardes, instrument primitif composé de deux planchettes munies d'un manche et hérissées de fils de fer très minces,^ d'un centimètre de haut et inclinés du môme côté. On faisait passer entre ces planchettes une petite quantité de coton et on la roulait à plusieurs reprises, jusqu'à ce que tous les filaments se fussent étendus et eussent pris la môme direction. Ce système est encore suivi dans les fermes européennes où la ménagère convertit en étoffes ou en tricots la laine de ses moutons.
On comprend facilement qu'il n'était pas possible d'appliquer ce mode de cardage sur une grande échelle ; on perdait beaucoup de temps sans faire beaucoup de travail. L'industrie fit appel à la mécanique, et il ne fut pas difficile d'établir des cardes qui, plus grandes et mues autrement qu'à la force du poignet, donnassent un résultat satisfaisant, en môme temps qu'économique. La pratique fit modifier les premières cardes mécaniques; l'invention de Paul Lewis, de Northampton, en 1774, fut perfectionnée par Richard Arkwright et Samuel Crompton, dans la dernière partie du siècle précédent. D'autres modifications, qu'il serait trop long d'énumérer, furent successivement apportées aux cardeuses mécaniques, suivant la nature de la fibre à carder. .
Il en existe actuellement plusieurs -espèces, qui varient selon qu'on traite un coton d'une provenance ou d'une autre, et selon le résultat qu'on veut obtenir en fil plus ou moins délié. Dans certaines filatures, on carde le