‹ Le cotonChapitre 89 sur 245 · Chapitre IIL · texte numérisé non relu

Chapitre IIL

Anglais, les Allemands ^ les Américains du Nord ont fait les mêmes tentatives.

Les métiers connus sous le nom de self- acting (métiers automates ou renvideurs), remplacent maintenant, pour plusieurs sortes de coton, les Mule-Jenfiy ordinaires. Ils ont sur ce dernier système l'avantage que rempointage et la rentrée se font par le moteur, et que l'ouvrier n'a qu'à donner l'impulsion au chariot pour en opérer le retour; ils produisent mieux et plus économiquement en tous numéros, et ne fatiguent pas le fileur. Ces métiers ont été modifiés eux-mêmes par un mécanicien de Rethel, M. Bruneaux, qui a appelé selforgan sa Mule-Jenny de 250 broches, parce que l'ensemble des opérations se fait automatiquement, ce qui nécessite une complication d'organes (i). tl'est surtout à la filature des cotons courte soie que les selfacling sont employés.

Un système américain de Continue à anneau^ dit en anglais ring-spinning-frame , devient en usage, sans toutefois remplacer le self-acting ou le self-organ.

Mentionnons ici quelques machines de ce genre, exposées en 1878 : le métier à filer de M. Rye-Cattlege , le métier renvideur de MM. Dobson et Barlow, le banc à broches de MM. Platt frères , le métier Jacquart de M. Grange, avec substitution du papier aux cartons; celui de M. Gadel, de M. Gillet, de M. Hacking, de Man-

(2) Armengaud, XV^ volume.

chester; la machine à assouplir et élargir les tissus, de M. Julien de Vilder, de Cambrai, etc.

Comme on l'a vu ci-dessus , c'est l'Angleterre qui produit le plus de coton filé. Tout ce coton n'est pas converti en tissus ; une partie est expédiée dans les pays où il n'existe pas de filatures. La Turquie surtout en demande chaque année des quantités considérables, soit pour être employées directement, soit pour être transportées dans ^intérieur de l'Asie.

Pour être exact, nous devons même dire que l'Angleterre fournit aux fabriques de Tarare les 4/5® des filés fins qu'elles emploient.

Le Pérou et le Mexique réclament aussi de l'Angleterre de notables quantités de coton filé , mais le chiffre des exportations tend à diminuer chaque année, par suite de l'installation de filatures dans les pays de production a voisinants.

Nous avons, dans notre colonie de Pondichéry, trois grandes filatures, qui se composent de plus de 25 mille broches et 155 métiers à tisser la guinée , étoffe en coton, qu'on importe journellement au Sénégal, soit venant de l'Inde , soit imitation.

M. Alcan, qui s'est occupé d'une manière si utile de tout ce qui concerne l'industrie textile , donne lès moyens de connaître ce que peut coûter une filature de coton; « avec les bâtiments, les moteurs, clef en main, dit- il, « le prix varie nécessairement, suivant que l'établisse- « ment est destiné à filer le coton, la laine ouïe chanvre. a Pour le coton, c'est environ 50 fr. par broche; pour la

Page 1