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étages dont le service, réduit aux mouvements les plus élémentaires, se fait au moyen d'engins à l'eu qui, dans leur précision intelligente, abrègent et accélèrent les opérations en ménageant les bras de l'homme. Cet avantage est grand, et il n'est pas le seul. Dans ces dépôts, la marchandise devient à l'instant un titre de crédit, transmissible par endossement. Dès qu'on a pu assurer le poids et la qualité, un certificat est créé sous le nom de warrant, mot qui, comme beaucoup d'autres, est passé dans notre langue par la force des choses. Le ivarraut est le signe représentatif et descriptif de la marchandise déposée; il comprend un récépissé et un bulletin de gage, confondus en Angleterre, distincts en France par une combinaison qui attend la sanction des faits. Le prompt transfert de la marchandise sans frais, sans déplacement, au moyen d'un titre qui va d'une main à l'autre, était une idée simple, et comme telle susceptible de réussir ; elle a réussi au delà de toute attente; dédoubler ce titre et ajouter au transfert un nantissement, avec des affectations divergentes qui ne se concilient ni sans recherches ni sans efforts, est peutêtre une idée trop compliquée surtout dans une période de débuts. L'expérience en décidera ; pour les Anglais ce sont des habitudes prises; pour nous ce n'est encore qu'un cadre pour des habitudes à prendre.
L'ensemble des établissements que je viens de décrire constitue ce (pic l'on nomme un dock, encore un de ces mots qui, faute d'équivalent, entrent violemment dans notre langue. Le dock est une administration privée qui comprend le mouvement, la garde, l'entrée et la sortie de la marchandise, moyennant des droits et une responsabilité déterminés. Dans aucune institution, le génie du commerce n'a mieux marqué son empreinte ; l'Angleterre lui doit une
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avance que nous aurons de la peine à regagner. Ses avantages sont clairs et décisifs : économie d'argent et de temps, concentration, sûreté, disponibilité. Au commencement du dernier siècle, Livcrpool n'avait pour ses services maritimes que les bords de laMersey, où ils se faisaient au moyen de quais et d'appontements ; entre ces quais et les maisons s'étendait une longue bande de terrains tantôt inondés, tantôt à sec, un pool ou marais auquel la ville avait emprunté une partie de son nom. Ce fut dans ces lagunes qu'en 1709 fut creusé et fondé le premier dock où les bâtiments devaient ôtre constamment à flot et à l'abri. La superficie n'en était pas grande, quinze mille mètres environ ; mais l'idée était de celles qui n'ont besoin que d'un modèle pour faire leur chemin. Les grands ports marchands du Royaume-Uni l'eurent bientôt copié. A Liverpool l'accroissement des surfaces suivit et précéda souvent le développement des besoins. En 1760, la ville n'avait encore que deux docks occupant trois hectares et demi ; aujourd'hui on en compte sur les deux rives de la Mersey plus de trente, qui, en y comprenant les accès et les terrepleins, occupent environ 530 hectares, tant à Livcrpool qu'à Birkenhead, qui en est la succursale. Parmi ces docks les retenues des eaux varient; les uns gardent un niveau constant, d'autres l'abaissent pour des travaux de carénage, d'autres enfin restent complètement à sec; le degré de flottaison se mesure à la nature des services; un art ingénieux en règle la distribution. Il n'y a pas non plus d'uniformité dans les plans; les destinations changent, et avec les destinations les aménagements. Tel dock logera plutôt les cotons, tel autre les bois de charpente, chacun d'eux avec des dispositions appropriées. Dans les surfaces liquides mômes écarts, ici, 8 à 10 hectares, là 3 ou 4 seulement, suivent